Le courrier des lecteurs

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À propos de l’article «La damnation des élus. Réflexions sur les accusations portées contre le Père Georges Finet»

Réactions positives

• Une ancienne retraitante apporte son témoignage sur l’absence de rumeurs dans les Foyers de Charité :

«[…] J’ai travaillé avec les membres du foyer comme bénévole, pour accueillir les retraitants. Je vivais, travaillais, prenais mes repas avec les membres du foyer. Ce fut une magnifique expérience. J’ai pu recueillir des confidences de certains. Jamais il n’y eu d’allusions à ce genre de dérives. Au contraire beaucoup de très belles choses ressortaient. Alors quand je lis ce rapport plutôt « maigre », et les commentaires affligeants que certains s’empressent de faire pour « descendre » un prêtre de plus, oui, j’ai aussi tendance à dire que c’est s’attaquer à un prêtre de trop, au regard des innombrables beaux fruits que les foyers portent depuis leur création. […]»

• Une ancienne élève de Châteauneuf apporte des précisions sur le traitement de son témoignage par la commission d’enquête et sur la vraisemblance des faits :

«Votre texte relève également bien les incohérences de ce rapport, notamment concernant les confessions à l’horaire invraisemblable « d’après 22h » alors que nous étions en pyjama dès 21h et sous la surveillance d’un de nos professeurs. À mon époque nous nous confessions le samedi matin et choisissions parmi trois prêtres celui que nous souhaitions rencontrer, dont le père Finet. Je suis une ancienne élève de Châteauneuf et mon témoignage a été classé dans les « Dénis et reconnaissance » ce qui est parfaitement méprisant.»

• Plusieurs courriers souscrivent pleinement à l’analyse faite par A. L. de l’intention sous-jacente à cette enquête :

«Mon épouse et moi-même avons fait une retraite au Foyer de Châteauneuf de Galaure en septembre 1978, à une époque de grande déception sur la vie paroissiale locale (Évreux) confrontés à la grande débâcle dans l’Église, particulièrement en France, et avec le risque de perdre l’espérance dans l’éducation de nos enfants. [Notre retraite] nous a totalement transformés dans notre vie professionnelle et familiale, créant avec des amis les AFC et permettre à de nombreuses familles de retrouver confiance et d’éviter de sortir de l’Église. […] Merci à vous d’apporter un éclairage sur l’œuvre de destruction engagée contre toute paternité.»

«Affaire obscure, à buts inavoués, cherchant à retarder encore la béatification de Marthe Robin !»

Réactions négatives

• Plusieurs lecteurs reprochent à l’article sa partialité :

«Je trouve un peu dommage que l’auteur tombe dans le travers qu’il dénonce, à savoir d’avoir l’air dès le début de considérer la cause entendue, et d’enfiler ensuite les arguments pour appuyer sa thèse. « On » veut faire passer le père Finet pour un salopard et ce rapport est une manipulation ; tout est ensuite lu dans ce sens. Certains arguments sont justes, d’autres me semblent plus surprenants, ou au moins exprimés de façon surprenante, mais tous pâtissent de ce parti pris trop évident, ainsi que du ton agressif de l’article.»

• Si un lecteur trouve «Invraisemblable de remettre en question le rapport de la commission», plusieurs reprochent à A. L. de minimiser la gravité des faits :

«[…] On dirait quelqu’un qui ne se rend pas compte de la gravité de simples attouchements, surtout venant d’une personne de Dieu…»

«Il convient de défendre la présomption d’innocence, mais de là à défendre des caresses comme n’étant pas un péché, c’est d’un rigorisme très malséant, genre « certes il a caressé ses pénitentes, mais ça va, on n’est pas dans la définition canonique du péché”…»

• Une autre lectrice, conseillère conjugale et familiale, relève plusieurs points sur la forme et sur le fond qui ne la satisfont pas :

«Je ne retrouve pas votre « plume » dans cet article, qui, dès son titre, fait « un procès d’intention » à la commission chargée d’éclaircir les plaintes reçues. Dès lors, votre article, se fondant sur cet « à priori » se construit sur une démonstration, qui, par bien des aspects, se montre partisane et révèle quelques « à peu près » étonnants de votre part […] Toutefois, comment osez-vous écrire « bien que des gestes déplacés sur une personne soit déjà de trop, 14 jeunes filles en 50 ans c’est un peu juste ! », comment osez-vous mettre sur le même « pied de rumeur » l’affaire Preynat et le père Finet ( les faits reprochés et tus, et les époques sont différents), comparer les niveau de « connaissances sexuelles de l’époque » des jeunes filles avec le fait qu’aujourd’hui la moyenne d’âge du premier film porno visionné par un enfant est de 10 ans, etc.
Je porte également à votre attention une inexactitude : une émotion est par nature passagère et moralement neutre, mais le sentiment (en l’occurrence dégoût, culpabilité, colère, dépression) est une émotion installée, qui, non traitée et/ou verbalisée, peut parfaitement se traduire par un SPT plus ou moins complexe, la complexité résultant en effet souvent de la réitération du traumatisme. Mais, j’affirme qu’un acte isolé, surtout dans ce domaine, lorsqu’il est subi par un enfant, par une personne qui a autorité sur elle, peut entraîner un SPT. Ce n’est pas à vous que je vais enseigner le fonctionnement du système limbique !
Voilà pour la forme.
Pour le fond, je regrette vraiment que vous n’ayez pas mentionné l’idée que, peut-être, le motif de tout cela, est de faire la lumière sur un « héritage » peu vertueux, un mode de « management » problématique dans les Foyers (en particulier, la non-distinction entre for interne et for externe, les « père » intervenant dans ces deux champs) et la place du père de foyer « vénéré » par les laïcs dont il avait responsabilité et certains retraitants flattés d’être remarqués par eux. Faire la lumière en vue de quoi ? Peut-être, assurer la pérennité de la belle œuvre des foyers, en coupant les branches malades et en traitant à la racine, le « ver » ou le champignon qui l’a rendu malade et éviter que justement, les générations suivantes en héritent et en souffrent. Peut-être est-ce cela, « tuer le père », non ?
[…] Chère Aline, je suis peinée aussi que vous mettiez en doute la parole des personnes, au motif sous-jacent de leur âge (60 à 80 ans), comme si, le temps avait altéré leur jugement, comme si elles ne faisaient état que d’une « reconstruction » à partir de ce qui est décrit par les experts etc. C’est mal connaître les effets délétères d’émotions violentes, et le SPT qui, justement actualise sans cesse et indéfiniment l’émotion ressentie au moment des faits.»

Par ailleurs, certains lecteurs élargissent la réflexion à d’autres aspects :

«Je me permets simplement de vous demander pourquoi les mêmes remarques ne pourraient pas être faites à l’égard du P. M.-D. Philippe, du P. Thomas Philippe et de Jean Vanier. Dans ces quatre cas, on condamne, à partir de témoignages dont on n’a pas vérifié la crédibilité, des personnes décédées et qui, de fait, sont privées du droit à la présomption d’innocence et droit à la défense.»

«3 points : 1- Toute confession devrait se faire dans les confessionnaux d’église bâtiments et non près des demeures privées des ecclésiastiques.
2- Se décharger de sa responsabilité familiale et parentale en se séparant de ses propres enfants en bas âge en les plaçant dans un internat est une erreur imprudente et contre éducative familiale exposant son enfant à d’autres personnes n’ayant pas votre grâce parentale d’état pour bien élever vos enfants.
3- Une personne accusée a le droit de se défendre or si elle est décédée il y a non-lieu juridique. Donc pour Jean Vanier et le P. Finet le procès ne peut avoir lieu. La justice humaine n’a pas de compétence sur des citoyens qui ne sont plus de ce monde. L’acte civil de décès est leur dernier statut en attendant la résurrection ! Il faudrait que les victimes paraissent publiquement pour témoigner comme lors d’un procès. Il faudrait un procès qui impliquerait directement et uniquement les « victimes » et même cela ne serait pas légal puisque l’autre parti n’est pas présent.»

Réponses d’Aline Lizotte sur différents points

1 – Concernant les «traitements différents» entre le Père Marie-Dominique Philippe et le Père Finet, et même Jean Vanier :

Il y a eu «traitements différents» parce que les cas sont nettement différents et que les enquêtes faites à leur sujet le sont également.
Le Père Marie-Dominique Philippe, o.p., a fait avec son frère le Père Thomas Philippe l’objet de deux enquêtes canoniques diligentées par Rome, dont celle sur le Père Marie-Dominique dans les années 2009, conduite par la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF). Les conclusions de cette enquête ont été lues par Benoît XVI, qui a dissout la Congrégation Stella matutina. En mars 2013, le prieur général des frères de Saint-Jean, le Père Thomas Joachim, révéla de sa propre initiative que le fondateur des frères et des sœurs de Saint-Jean, le Père Marie-Dominique Philippe, avait «posé des gestes contraires à la chasteté à l’égard de plusieurs femmes adultes qu’il accompagnait».

Au début de son pontificat, le pape François a demandé à voir le document de la CDF et a demandé à la Congrégation Saint-Jean de ne plus considérer le Père Marie-Dominique comme son fondateur. Le 5 novembre 2019, le Prieur général déclara à la fin du Chapitre général : «Nous ne voulons plus faire du père Marie-Dominique Philippe le référent de notre formation. […] Nous ne pouvons plus le considérer comme maître de vie spirituelle. Ses photos qui ornaient les murs des différents prieurés seront enlevées, ses livres ne seront plus vendus, ses enseignements audio ne seront plus diffusés à l’extérieur».
Pourquoi tant de sévérité ? Parce que les révélations que contient le document de la CDF font état d’un comportement d’actes sexuels auprès des jeunes religieuses, d’actes qui dépassent largement les «gestes déplacés» que l’on reproche au Père Finet. Et ce dévoilement des faits est opéré par un organisme dont on ne saurait mettre en doute ni l’autorité, ni la compétence.

Quant au Père Thomas Philippe, o.p., il fit l’objet d’une enquête canonique après que le Père Marie-Eugène alerta le Saint Office en 1950, puis fut en 1956 «suspens a divinis», c’est-à-dire interdit de confession et de célébration publique de la messe et de toute direction spirituelle. Défenses canoniques dont il ne tint aucun compte. Rien à voir avec le Père Finet.

Quant à Jean Vanier, il s’agit d’un célibataire laïc. L’enquête a été menée par un organisme professionnel, GPCS Consulting, dont l’expertise et le professionnalisme sont reconnus. Au même moment, on demandait à l’historien Antoine Mourges une étude sur la préhistoire de l’Arche (cf. mon article sur Jean Vanier dans la SRP du 28 février 2020). Le document ne contient aucune accusation ; il montre de fortes présomptions de probabilités (balance of probabilities) et non des preuves hors de tout doute (beyond any doubt). On est dans un professionnalisme et une compétence que l’on ne retrouve pas dans la commission Gaussen ou, si elle existe, qui ne nous ont pas été démontrés.

2 – Concernant les émotions et les traumatismes :

Une émotion n’a jamais une valeur morale. La valeur morale d’un acte est déterminée par le vouloir «libre» dans la mesure où il acquiesce au bien ou au mal qui s’inscrit dans un agir. Mais l’émotion n’est jamais indifférente psychiquement ; si elle l’était, elle ne serait pas une émotion. L’émotion peut être reçue dans un terrain traumatique et ainsi être l’objet d’une réaction inappropriée par rapport au stimulus qui la provoque. Ce terrain traumatisé ne peut être l’effet d’une seule perception émotive, sauf si elle a été provoquée par une violence très forte (menace de mort au cours d’une colère) ou viol avec violence.

Pour qu’un terrain traumatique s’installe, il faut une répétition d’actes. Le fait de l’acte par «un homme de Dieu» peut provoquer un effet d’émotion forte, voire de sidération, si l’acte contient une violence sexuelle, mais un seul acte déplacé ne le provoquera pas, à moins qu’il soit reçu dans un terrain déjà traumatisé ! Or, nous n’avons aucun indice en lisant le rapport de synthèse que les gestes «gravement déviants» du Père Finet aient été répétés plusieurs fois sur les mêmes jeunes filles avec lesquelles il aurait entretenu une relation sensuelle ou sexuelle continue.

3 – Concernant la dénonciation de la confusion entre le for externe et le for interne :

La dénonciation de la confusion entre le for externe et le for interne que l’on reproche à la «gouvernance» des Foyers de Charité n’a rien à voir avec les gestes attribués au Père Finet lors des confessions. Le confessionnal est le lieu où par nature se dévoile le for interne. Qu’il y ait eu des questions intrusives, cela peut révéler un manque de discernement de la part du confesseur, un abus de son pouvoir de jugement de la qualité des actes avoués, mais cela ne concernent pas le for externe !

À propos du célibat sacerdotal

Je ne peux que souscrire intégralement aux propos de cet article et me réjouir qu’il vienne ainsi conforter dans leurs sentiments profonds ceux qui pourraient être déroutés par les désordres du temps et les assauts que subit l’Église à partir de l’intérieur.
[…] On sait aussi que l’exigence du célibat est de nature disciplinaire. Et sans vouloir paraître substituer mon opinion au jugement de l’Église, il me semble difficile qu’il en soit autrement, sauf à prendre le risque d’invalider a contrario, et le sacerdoce des Églises orientales, tant catholiques qu’orthodoxes, où il est admis depuis les temps apostoliques, et le sacerdoce ministériel conféré des pasteurs anglicans ou réformés que l’Église catholique a accepté d’ordonner après qu’elle les a reçus dans sa communion. C’est pourquoi la notion de lien « ontologique » développée dans cet article, au demeurant bien expliquée en tant que mode d’existence et non d’essence, me semble délicate à développer en raison du risque de malentendu qu’elle peut susciter.
[…] Imaginons que la question eût été posée il y a un siècle pour, précisément, certaines régions particulièrement dépourvues et difficiles d’accès. Elle n’eût sans doute pas comporté les mêmes enjeux ni soulevé les mêmes passions et les mêmes conflits : on eût peut-être admis qu’à circonstances exceptionnelles répondissent des mesures exceptionnelles d’ordination de viri probati, dont on eût d’ailleurs probablement limité la juridiction et les pouvoirs ; et ce, au moins à titre provisoire. Mais en réalité, cela nous renvoie à un problème critique, celui de la fuite des prêtres qui pourraient servir dans ces contrées et qui n’aspirent qu’à rejoindre les pays occidentaux – hélas, bien des pays africains en souffrent. […]

François de Lacoste Lareymondie (posté le 24 janvier 2020)

Le mot «disciplinaire» est souvent équivoque, car il semble connoter la facilité du changement. Quand on dit que l’obligation du célibat sacerdotal est d’ordre disciplinaire, cela signifie d’une part qu’il ne constitue pas un élément essentiel à la validité du sacrement, contrairement à la condition masculine – une ordination d’une femme serait strictement invalide et entraînerait une excommunication latæ sententiæ ; aucun pape ne pourrait le permettre.
D’autre part, la levée de cette obligation du célibat dans l’Église latine ne serait pas une décision contingente, comme peut l’être l’obligation du jeûne eucharistique, mais entraînerait une grave dévaluation du «sacerdoce ministériel» en l’assimilant au ministère pastoral de la Réforme protestante, qui rejette le sacerdoce ministériel pour ne conserver que le sacerdoce commun des fidèles, lequel n’est pas sacramentel. Bien qu’il y ait une différence spécifique entre les deux formes de sacerdoce, l’action pastorale des prêtres mariés serait pour les «fidèles» la même chose que celle d’un ministre de la foi protestante. L’Église de rite oriental a gardé l’obligation du célibat pour l’épiscopat et si elle a fait des concessions sur le sacerdoce presbytéral, c’est surtout en vertu des pressions politiques des empereurs de Constantinople (et cela remonte au schisme de 1054), et non pour des fins du ministère pastoral du prêtre.

Aline Lizotte

Sortons de la confusion !

Bonjour,
Tout d’abord, permettez-moi de vous adresser mes très sincères remerciements pour votre travail oh combien précieux et si qualitatif de relecture, décryptage, analyse des événements d’actualité.
Je me permets de vous interpeller sur une imprécision lourde de conséquences dans un climat déjà trop confus.
Dans l’article de Madame Aline Lizotte intitulé “L’autorité spirituelle du prêtre est-elle un mal ?” du 31 mai 2019, l’auteur fait précéder son analyse du rapport entre l’enfant et le pédophile par le paragraphe suivant :
“Qu’il s’agisse du Père Preynat ou des Pères Philippe (en France), du Père Karadima (au Chili), de l’ex-cardinal prêtre McCarrik (aux USA) pour ceux que l’on connaît, et pour les autres que l’on ne connaît pas, il faut admettre sans naïveté – mais aussi sans généralisation excessive – que ce cléricalisme sexuel a existé et qu’il existe toujours.”
Ce faisant, elle laisse à penser que les frères Philippe étaient eux aussi des pédophiles. Ne connaissant pas le dossier du père Thomas Philippe, je ne puis rien en dire. En revanche, aucun acte pédophile n’est reproché au père Marie-Dominique Philippe.
La confusion qui règne, ici ou ailleurs, mais précisément ici, n’est déjà que trop dense pour que vos articles en rajoutent ; d’autant que leur mission est justement de lever les confusions, et vous la remplissez très bien.
Le sujet me semblait trop grave pour ne pas vous souligner ce point.
Je vous remercie de prêter toute l’attention qu’elle mérite à ma remarque.

Sœur M. (posté le 1er juin 2019)

Aline Lizotte parle du cléricalisme sexuel en général sans spécifier la nature de l’agression qui leur est imputée. Certains ont pensé que l’on attribuait au Père Marie-Dominique Philippe le délit de pédophilie. Bien que plus loin, l’agression sexuelle sur mineur soit analysée, la mention des Pères Philippe et des autres illustrait de façon commune l’abus de l’autorité spirituelle accompagnant les délits sexuels, qu’il s’agisse de pédophilie, d’éphébophilie, d’homosexualité. Ce n’est que plus bas qu’est analysé l’un des délits, la pédophilie, comme un exemple de l’abus de l’autorité spirituelle du prêtre. L’auteur ne dit pas que le Père Marie-Dominique Philippe était « pédophile », mais qu’il est un exemple du cléricalisme sexuel.

La rédaction

Jeunesse et liberté

Merci à Aline Lizotte pour sa magistrale analyse de la jeunesse actuelle qui, pour faire court, a toujours raison et défend bec et ongles sa sacro-sainte liberté au point de ne plus voir la vérité et même de la repousser. Il est bon que des philosophes de sa stature aient le courage de dire haut et fort la vérité. Sera-t-elle entendue ? Je pense que seule l’expérience vécue pourrait les faire changer d’avis… Mais dans combien de générations ???

N.M. (posté le 19 octobre 2018)

Avancer au milieu de l’hystérie médiatique

Bonjour à l’équipe de Smart Reading Press,
Juste quelques mots pour vous dire que je trouve votre récente publication pénible à lire [Agressions sexuelles dans l’Église : séisme et effacement du droit, NDLR].
Non seulement parce que les scandales répétés dans l’Église créent une situation lourde mais aussi parce qu’il y a dans vos écrits un côté «donneur de leçon» que je trouve à la fois inapproprié et pas très constructif.
Prêtres et évêques ont plus besoin en ce moment de soutiens que de critiques.
Nous avançons les uns et les autres comme nous pouvons, avec ce que nous sommes, sur des sujets complexes que la culture contemporaine et l’hystérie médiatique n’aident pas à aborder de façon paisible et nuancée.
Lorsque le père Bernard du Puy-Montbrun affirme que les lettres épiscopales de ces dernières semaines «traduisent une certaine naïveté, car les canonistes savent bien que ces délits ont toujours existé, et (que) se contenter d’une fuite en avant pour mettre au pilori des prêtres dans un esprit de purification institutionnelle sans que des enquêtes canoniques sérieuses soient menées ne répond pas aux enjeux», je reste interloqué.
Le cas de T. Anatrella – sanctionné 15 ans après les premiers témoignages – ne me semble pas manifester un manque de prise en compte de la présomption d’innocence mais bien une incapacité structurelle à agir comme il faudrait, c’est-à-dire en instruisant dans des délais raisonnables les enquêtes canoniques appropriées.
C’est de ce silence et de cette paralysie institutionnelle qu’il s’agit de sortir, dans le respect et l’objectivité du droit (je vous rejoins sur ce point, mais qui parle de se passer d’enquêtes canoniques sérieuses ?) et on peut comprendre que les premiers pas soient un peu tâtonnants. […]
En fraternelle communion.

Père Paul Quison, curé à Paris (posté le 14 septembre 2018)

Je regrette les propos du Père Quinson. Je ne fais la leçon à personne mais je parle d’expérience en tant qu’avocat ecclésiastique pénaliste. J’ai près de moi plus de 1,80 m de dossiers de victimes réelles, de prêtres innocents et de religieux et religieuses que j’ai eus à défendre depuis de très nombreuses années et je suis assez stupéfait de voir comment sont traitées toutes ces affaires parfois dans le mépris du droit.
Mais, dans l’hystérisation médiatique actuelle qui fait pression sur les décideurs, il arrive que l’on puisse ainsi préférer sacrifier un homme pour répondre aux prescriptions de la volonté médiatique en se gardant d’acter correctement les faits plutôt que rendre la justice selon le droit en vérité. En l’occurrence, ici, le droit pénal canonique processuel est bien mal connu. Je ne le sais que trop pour l’avoir enseigné en plus de devoir l’appliquer. Les articles que l’on écrit pour l’expliquer concrètement sont ignorés. Or notre droit est fait pour protéger tout le monde en prenant soin de vérifier les faits selon le droit. Un aveu spontané n’est pas un aveu acté et chacun doit pouvoir être défendu à bon escient. Cela ne se fait pas n’importe comment.
Le Père Quinson se permet de citer ce qui concerne Mgr Tony Anatrella, sans en connaître le dossier, dont le traitement sur la forme et sur le fond pose, semble-t-il, de nombreux problèmes. C’est pourquoi ses avocats ont publié un communiqué de presse le 6 juillet 2018 pour dire que :
«Suite à une enquête canonique décrétée en octobre 2017 et menée par l’Officialité de Toulouse afin d’éviter toutes pressions parisiennes, l’enquêteur délégué a conclu, le 19 mars 2018, qu’aucun délit n’était imputable à Mgr Tony Anatrella et cela indépendamment de toute prescription. Par ailleurs, pour la deuxième fois, le Parquet de Paris a classé sans suite toutes les plaintes qui avaient été déposées.
Mgr Tony Anatrella est donc totalement innocent des faits qui lui sont injustement reprochés. Néanmoins, sans avoir eu l’humanité de le recevoir, l’Archevêque de Paris a adressé par lettre recommandée une ‘réprimande’ à Mgr Tony Anatrella, et l’a rendue publique, ce qui est contraire au droit de l’Église. Cette décision de l’autorité ecclésiale parisienne ne tient pas compte des résultats de l’enquête canonique qui innocentent totalement Mgr Tony Anatrella. L’Archevêque de Paris traite ainsi un innocent comme un coupable.
Confiant dans la justice et la prudence de l’Église, Mgr Tony Anatrella vient de déposer un recours pour obtenir l’annulation des effets d’une telle décision et il rappelle que ce recours suspend la réprimande»
.

Abbé Bernard du PUY-MONTBRUN

Au sujet du Canon 984…

Merci pour votre article [le secret de la confession est-il absolument inviolable ?, NDLR].
Une phrase pose question : «Dans la pire des situations, le confesseur, après la confession, pourrait signaler le fait à son évêque en faisant attention à ne pas dire le nom de celui qui est supposé agresser l’enfant, donc dans quelles circonstances, à quel moment il l’a su et par qui.»
Je me demande alors ce qu’il faut penser de l’article 984 du code de droit canon.

D.L. (posté le 7 septembre 2018)

Au premier paragraphe du Canon 984, il s’agit de ne pas porter préjudice au pénitent. Si ce dernier confie un cas de maltraitance d’un enfant, le prêtre écoutant peut l’inviter à le signaler à la police, puis à informer son évêque de ce cas de manière prudente, sans citer le nom du pénitent. Il n’y a donc pas préjudice. Quant au second paragraphe du Canon, il ne porte que sur le gouvernement extérieur et se révèle ici hors sujet.

Abbé Bernard du PUY-MONTBRUN

Précision sur le bouddhisme

Bonjour,
Je me permets de revenir sur votre article concernant la méditation de plein conscience. Article bien documenté mais qui manque de véritable compréhension de ce qu’est le bouddhisme et, du coup, la méditation de pleine conscience. Le bouddhisme n’est pas une négation de la personne. Il n’y a pas «rien» comme l’auteur semble l’avoir interprété mais la «vraie» nature des phénomènes (humains, animaux, planète, objets etc…). Cette véritable nature des phénomènes explique que rien n’a d’existence propre car tout est conditionné par l’interdépendance et l’impermanence. Cela ne veut pas dire que rien n’existe mais que les choses ne sont pas comme nous les percevons lorsque notre esprit est voilé par les émotions ou le karma (là encore la définition du karma n’est pas correcte) : nous pensons être indépendants du reste et oublions sans cesse que tout change à chaque instant. L’erreur est donc d’être soit dans l’éternalisme (il y a une entité, quelque chose, qui existera toujours) soit dans le nihilisme : rien n’existe alors à quoi bon… Ce que l’article «oublie» également, c’est la notion, très forte, de compassion, et surtout de motivation sous-jacente à tous les actes que l’on pose. Bref, il y aurait beaucoup à dire mais je vais juste terminer en citant un maître tibétain :
«Purifier le samsara ne signifie pas que le samsara est impur et qu’il faut le rendre pur. Depuis les temps sans commencement, tout ce qui se manifeste à nous est pur en soi, mais nous ne reconnaissons pas cette pureté.
Si nous développons une vision correcte des choses, c’est-à-dire si nous purgeons notre esprit de ses idées erronées, le samsara est perçu tel qu’il est réellement : comme le jeu de la sagesse primordiale.
Le seul changement à opérer est celui de notre vision des choses afin que nos corps, parole et esprit deviennent le jeu, la manifestation des cinq sagesses.»

P.P. (posté le 15 août 2018)

L’avortement est un mal !

Madame, Monsieur,
A la lecture de l’article de la SRP sur le référendum irlandais sur l’avortement, remarquable par sa pertinence, j’ai toutefois constaté l’absence d’un élément : la justification du mal qu’est l’avortement. Je suis un étudiant de 19 ans dans un milieu idéologiquement très hostile et je ne peux pas donner cet article à lire à certains de mes amis car la proposition majeure (l’avortement est mal) n’est pas expliquée. Un paragraphe clair et concis qui rappelle la réalité de cet acte viendrait compléter cet article. Respectueusement,

S. (posté le 3 juin 2018)

Et François Asselineau ?

Bonjour,
[…] Lors des semaines qui ont précédé le premier tour des élections présidentielles, j’ai simplement remarqué que le débat central était l’Union Européenne. Le candidat se distinguant pour le plus d’Europe possible étant Macron et le candidat étant réellement contre étant François Asselineau (Non, Mme Lepen et M. Mélenchon ne veulent pas sortir de l’UE, allez lire leur profession de foi).
Depuis les élections, les « grands partis » se sont effondrés, et aujourd’hui un seul parti, celui de M. Asselineau, continue de croître, malgré un black-out total des grands médias.
Pourquoi, lorsque je recherche François Asselineau sur votre site, je ne tombe sur aucun article ?
Ne pensez-vous pas qu’un homme, qui a passé plus de dix années à mettre sa vie personnelle de côté, à traverser la France pour faire des conférences, alors qu’il aurait pu se la couler douce à la tête d’une grande banque, mérite au moins qu’on s’y intéresse ?
Je ne suis d’aucun parti, mais j’ai voté pour cet homme et quand je vois que la majorité de l’électorat catholique reste hypnotisé sur ses idées dites «de droite», je suis en colère.
Cela va faire plus de 30 ans que ça dure, je ne suis pas contre l’idée d’une Europe unie, mais la situation actuelle, c’est que nous avons affaire à une UE anti-démocratique (voir site de l’UPR) qui se fout du bien commun, une UE du fric.
Il est temps que les choses changent, et ce n’est pas en boycottant le seul homme qui aujourd’hui a réellement fait évoluer et élever le débat que ça marchera.
Donc s’il vous plait, un homme qui donne sa vie pour son pays mérite qu’on s’y intéresse un minimum ; un parti qui rassemble vraiment mérite qu’on fasse un article dessus.

J.B.F. (posté le 19 mai 2018)

Manque de discernement chez David Gréa

Suite à la lecture de votre article et à d’autres en leur temps sur David GREA, il m’est apparu regrettable, sauf erreur de ma part, que David GREA n’ait pas pris la peine et l’honnêteté de faire une retraite ignatienne d’élection en bonne et due forme pour prendre la décision de se marier (les médias ne semblent n’avoir rien mentionner en ce sens). Il serait intéressant de savoir si sa hiérarchie le lui a proposé.
À lire ce qu’on dit de lui et ce qu’il dit de lui-même, il apparaît clairement que l’«ange des ténèbres» s’est déguisé en «ange de lumière» (Ex. Spi. n°332 – règle 4ème – 2ème semaine) pour amener David à ses fins à lui après lui avoir fait croire que c’est Dieu qui l’appelait à transgresser la loi de l’Église en matière de mariage des prêtres.
De plus, je crains que l’influence des Églises évangéliques y soit pour quelque chose, tant nombre de leurs membres en sont encore à se dire «Dieu me dit de faire ceci ou cela») et à s’y soumettre sans discernement.
On comprend l’insistance du Pape François sur la nécessité pour les chrétiens, laïcs et prêtres à se former au discernement spirituel ignatien.

E.L. (posté le 28 avril 2018)

Le FN incompatible avec l’Évangile !

Bonjour,
Je souhaiterais réagir à l’article de Pierre Hardon sur « L’appel d’Angers pour la reconstruction de la Droite ».
Pourriez-vous m’expliquer en quoi il est souhaitable qu’un parti raciste et antisémite s’allie à l’union de la Droite ? «la réunion de la Droite dans son ensemble est un objectif louable» : comment peut-on lire une telle chose sur un site qui se revendique chrétien ?
J’avais déjà suivi l’affaire de la plateforme commune entre le PCD, Dupont-Aignan et les Ménard ce qui avait déjà totalement discrédité le PCD à mes yeux. Comment peut-on être chrétien et fréquenter le Front National ?
Expliquez-moi où est l’esprit de l’Évangile au Front National et en quoi les deux sont compatibles.
Je suis très déçu de lire un tel article sur votre site… Il me semble que comme beaucoup, vous vous laissez berner par le miroir de la défense de certaines valeurs mise en avant par le Front National mais qui cache une bien plus triste réalité derrière. La fin ne justifie pas les moyens !

J.T.M. (posté le 14 avril 2018)

Bonjour Monsieur,
Si à l’avenir, il existe une nouvelle entité ou un nouveau mouvement à droite entre le FN et les Républicains, il est intéressant pour la Smart Reading Press d’en parler et de l’évoquer dans un article.

La Rédaction