Bouton des brèves

Vatican : report du voyage du pape en Afrique

Le pape François a été contraint de reporter son voyage en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud, prévu du 2 au 7 juillet, officiellement en raison de sa santé. C’est la première fois qu’il reporte un voyage à l’étranger pour une telle raison. Mais la situation sécuritaire des deux pays, marquée par une forte instabilité, a aussi pu le pousser à prendre cette décision exceptionnelle. Ces dernières semaines, à Goma (RDC), la situation s’est en effet fortement dégradée, les forces gouvernementales affrontant notamment des rebelles qui tentent de s’imposer au moyen de massacres et d’exactions sur fond de lutte ethnique. Les menaces d’attentat visant directement le pape et la menace terroriste lors de rassemblements ont dû peser fortement dans la balance en faveur de l’annulation.
Source : Vatican News

Santé du pape et possible démission : questions, rumeurs, incertitudes

Le pape François

Les vaticanistes s’interrogent sur le report du voyage du pape en Afrique, qui a relancé le «moulin à rumeurs romain toujours actif» quant à l’hypothèse d’une démission. Plusieurs faits retiennent leur attention. Si le pape renonce à son voyage en Afrique, sa visite au Canada prévue pour la fin juillet n’a pas été annulée. Par ailleurs, s’il se fait opérer du genou, intervention relativement simple et dont le temps de récupération est assez court, «il pourrait quand même faire le voyage au Canada, et sans doute être en meilleure condition pour le faire». Mais le pape ne semble pas vouloir se faire opérer. À la fin août, lorsqu’il créera 21 nouveaux cardinaux, François présidera deux jours de réunions avec les cardinaux du monde entier et se rendra dans la ville de L’Aquila, sur la tombe du pape Célestin V, le dernier pape à avoir démissionné volontairement avant Benoît XVI. Au vu de ces divers éléments, les observateurs préfèrent rester prudents sur des conclusions. Bref, comme le dit une source vaticane, «personne ne sait rien».
Sources : America Magazine, Crux

Nouvelle Constitution apostolique : une inflexion notable

Selon le journaliste britannique Austen Ivereigh, la nouvelle Constitution apostolique Prædicate Evangelium «n’est rien d’autre qu’une conversion de la manière dont le pouvoir est exercé dans l’Église». La précédente Constitution sur le fonctionnement de la Curie, Pastor Bonus, promulguée par Jean Paul II en 1988, mettait l’accent sur «la préservation de l’unité de la foi et de la discipline», et la Curie croyait agir de façon juste en poursuivant des théologiens suspectés de positions contestataires ou en réprimandant des évêques. Dans la nouvelle Constitution, l’objectif de l’Église est défini comme la mission de témoigner en paroles et en actes de la miséricorde qu’elle a reçue. La communion est ainsi pensée comme «un don de l’Esprit qui découle de l’écoute mutuelle et priante des fidèles, des évêques et du pape». La communion n’est plus pensée comme étant «l’objet des efforts de la Curie» mais comme «le don de l’Esprit reçu par une Église synodale». La Curie n’est plus «la source de ce don», mais «un agent clé de sa réception, favorisant un échange de dons par son service à la fois au pape et aux Églises locales».
Source : National Catholic reporter

Église de France : les évêques réunis à Lyon

Les évêques français se sont réunis les 14 et 15 juin à Lyon pour une Assemblée plénière extraordinaire consacrée au Synode sur la synodalité. Ils étaient accompagnés de laïcs qui ont assisté pour la première fois à tous les temps de travail de l’assemblée, sans avoir de pouvoir décisionnaire. En fait, cette participation s’est mise en place depuis novembre 2019 : «Nous ne pouvons plus imaginer une assemblée qu’avec des évêques désormais», explique Mgr de Moulins-Beaufort. À partir des remontées diocésaines, l’équipe nationale du Synode a publié le 9 juin une collecte de 12 pages d’attentes pour l’avenir de l’Église, qui a servi de support aux réflexions de l’assemblée de Lyon. Les évêques ont voté un texte qui sera envoyé à Rome, avec la collecte nationale, avant le 15 août.
Source : La Croix

Allemagne : supprimer l’impôt de l’Église… au profit de l’Église ?

Dans le Tagespost, le journaliste Peter Winnemöller explique que l’impôt d’Église(1) doit disparaître car plus vite cette taxe sera abolie, mieux cela sera pour l’Église. Sondage à l’appui, il affirme, qu’elle pousse de nombreux Allemands à quitter l’Église parce qu’ils ne souhaitent plus la soutenir financièrement  beaucoup quittent l’Église en raison des cas d’abus et de la gestion de ces cas de nombreux catholiques, mais beaucoup aussi ne souhaitent plus financer le «chemin vers le schisme» initié par la Conférence épiscopale allemande. «Dans aucun autre pays au monde un catholique n’est considéré comme apostat s’il refuse de donner de l’argent à l’autorité épiscopale», remarque le journaliste.

(1) Les catholiques versent chaque mois entre 8 et 9 % de leurs impôts à l’Église. Cette pratique, connue sous le nom de Kirchensteuer (impôt d’Église) ou Kultussteuer (impôt de culte), permet aux fidèles de contribuer au financement des institutions religieuses. Ces taxes concernent les institutions catholiques et protestantes ainsi que les synagogues. Les chrétiens orthodoxes, les bouddhistes, les musulmans et quelques autres groupes en sont exemptés.
Source : Die Tagespost

Franciscains d’Allemagne : élection d’un supérieur provincial ouvertement gay

La province franciscaine Sainte-Elisabeth d’Allemagne, qui compte 300 membres, a élu comme nouveau supérieur le père Markus Fuhrmann, qui a récemment fait publiquement son coming out en tant qu’homosexuel. Dans une interview pour le site d’information officiel de l’archidiocèse de Munich et de Freising, il a expliqué pourquoi il a rendu publique son homosexualité : «Si je suis moi-même gay, alors je veux montrer que je peux aussi faire partie de l’Église dans ce ministère. C’est important parce que ce n’est pas censé être comme ça dans l’Église. Malheureusement, il y a trop d’hypocrisie institutionnelle dans notre Église». Concernant le Chemin synodal, il a déclaré : «Je suis en faveur d’un réexamen critique du célibat dans le mode de vie sacerdotal et je suis en faveur de l’accès des femmes aux ministères ordonnés». Interrogé sur le fait que ses frères franciscains connaissaient son homosexualité au moment de son élection, il a dit : «C’était très bon pour moi de savoir que cela est très positif pour les frères. Je reçois beaucoup d’encouragements, et peut-être que cette étincelle d’appréciation peut se propager à d’autres secteurs de l’Église. Je pense que c’est une bonne chose.»
Source : National Catholic register

Elizabeth II : entente cordiale avec l’Église catholique

La reine Elizabeth 2

La reine Elizabeth II, qui vient de fêter son jubilé de 70 ans de règne, a contribué à améliorer les relations du Royaume-Uni avec l’Église catholique. En 2014, avec son mari, le prince Philip d’Édimbourg, elle s’est rendue au Vatican pour marquer le centenaire du rétablissement des relations diplomatiques entre le Royaume-Uni et le Saint-Siège. Elle a entretenu des relations chaleureuses avec les quatre papes de son règne, en particulier Jean Paul II, qu’elle a rencontré à trois reprises. Pendant son règne, plusieurs membres de la famille royale ont fait le choix d’entrer dans l’Église catholique, par exemple Lord Nicholas Windsor, fils du duc et de la duchesse de Kent, qui a alors perdu son droit à la succession au trône. «Le passage d’une époque où le catholicisme était interdit, voire brutalement puni, en Grande-Bretagne, à l’acceptation publique actuelle de la foi, y compris au sein de la famille royale, est une transition majeure», explique un journaliste. Une transition accélérée sous le règne d’Elizabeth.
Source : Omnesmag

Orthodoxie russe : le métropolite Hilarion brutalement démis

Le bras droit du patriarche orthodoxe de Russie Kirill, le métropolite Hilarion, vient d’être brutalement démis de ses fonctions. Brillant et autonome – peut-être trop aux yeux du patriarche de Moscou –, Hilarion, ministre des affaires étrangères de l’orthodoxie russe, a été renvoyé de son poste, qu’il occupait depuis treize ans. Ce départ pourrait s’expliquer par la tendance d’Hilarion à garder ouverts les voies de dialogue avec l’Occident alors que, depuis le début de l’offensive russe en Ukraine, Kirill a développé une rhétorique anti-occidentale qui le fait apparaître comme aligné sur la volonté de Poutine. Autre hypothèse : Kirill aurait pu provoquer lui-même le départ de son bras droit pour le préserver en attendant la suite.
Source : Tempi

Argentine : les catholiques en chute libre

En Argentine, les «sans religion» s’élèvent à 22 % de la population, alors qu’ils étaient pratiquement absents il y a un siècle. Dans le même laps de temps, les catholiques sont tombés de 90 % à 46 %. Parmi ceux qui continuent à se dire chrétiens, les evangelicals, les charismatiques et pentecôtistes sont en augmentation et représentent aujourd’hui 12 % de la population. Cette tendance se répand depuis des années en Amérique latine, où en 2018 déjà, les catholiques étaient passés sous la barre de la moitié de la population. Au Brésil, les catholiques sont descendus sous la moitié, ainsi qu’au Chili.
Source : L’Espresso

Photo 1 : Andrexodo / Wikimedia Commons

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