Chapelle de la justice distributive

Que nous en soyons conscients ou non, la justice régit un grand nombre des actes humains dans une société. Nous sommes habitués, dans les États de droit, à pratiquer – de gré ou de force – la justice commutative. Mais tout aussi importante est la justice distributive, en particulier dans l’Église…

La justice commutative, on la connaît. Forcément, on la pratique bon gré mal gré tout au long de la journée. Si vous avez besoin d’essence pour continuer à faire fonctionner votre voiture, vous pouvez tout juste chercher le distributeur le moins cher si vous en connaissez un et s’il est près de l’endroit où vous êtes arrêté. Aucune possibilité de négociation ! Vous devez payer ce qui est marqué sur la borne, sinon vous êtes traduit en justice. Si vous achetez un beefsteak pour votre déjeuner, le produit est tout emballé, et l’étiquette de prix est imprimée. Vous n’avez qu’à passer à la caisse. Si vous faites votre déclaration d’impôt, vous déclarez tous vos revenus et les crédits d’impôts que vous pensez avoir… et vous recevrez le montant à verser au Trésor public. C’est partout pareil. Il est presque devenu impossible de voler, à moins de monter un braquage. Mais là, attention ! Il faut être un expert.

Nous vivons dans un État de droit, et nos «droits», c’est-à-dire ce que nous devons payer à l’État, aux services publics, aux services privés, à la satisfaction de nos plaisirs, à nos formations, sont tracés partout, et la justice – du moins le «judiciaire» – nous court après. Peu importe que l’on dise que c’est trop cher ! Si vous voulez cela, cela s’achète et se paye ! Si vous ne payez pas, vous n’aurez pas !

C’est à peu près pareil dans l’Église. Vous allez à la messe… et, au beau milieu, on vous passe une corbeille. Il est gênant de n’y mettre que de la petite monnaie ! Vous vous mariez… et il faut «louer» l’église et prévoir un petit supplément pour l’usage de l’orgue que le curé vient de faire réparer et qui a coûté un prix fou à la paroisse ! Et si vous êtes encore chrétien et si vous faites baptiser vos enfants, il faut prévoir une «aumône» au curé pour l’eau et le sel, les prières et le cierge ! Il faut bien que nos prêtres vivent ! In’y a guère que le sacrement autrefois dit de «pénitence» qui ne demande rien, même si vous retenez longuement l’attention du confesseur pour lui déverser toutes vos souffrances, vos douleurs et vos doutes. L’absolution ne s’achète pas… et les indulgences plus maintenant !

L’Église n’est pas une entreprise ! Heureusement pour elle car, si elle l’était, il y a longtemps qu’elle aurait fait faillite !

L’État de droit, où tout s’achète, se paye cher !

La justice exige-t-elle que tout soit acheté à prix fort ?

Un pays où tout s’achète à un prix de plus en plus élevé n’est pas par le fait même un pays où règne la justice. La justice est une vertu ; elle ne coïncide pas avec l’élévation du pouvoir d’achat. Le pouvoir d’achat, c’est la puissance du revenu disponible pour chaque citoyen afin d’obtenir ce dont il a besoin, non seulement ce qui est lui est nécessaire, mais aussi ce qui lui est agréable. Encore faut-il que ce qui est nécessaire ou agréable sans être nécessaire soit proportionnellement achetable par celui qui en a besoin ou qui le désire. Il faut donc une égalité proportionnelle entre celui qui vend et celui qui achète.


La vertu de justice exige, au point de départ, que personne, en vertu de sa propre dignité, ne soit traité comme un objet.


La justice est une vertu, et pas seulement une manière de faire dans les relations commerciales. Elle exige une égalité entre deux êtres humains qui ont entre eux une relation de liberté et d’altérité. D’une part la liberté, qui est le fondement de la dignité humaine, et d’autre part l’altérité : ni par son corps, son sexe, ses actes, son milieu de vie, l’un ne dépend de l’autre. C’est pour cela, commente saint Thomas1, que la justice ne s’exerce vraiment que dans un jus politicum où les relations de droit sont édictées et protégées par l’autorité de l’État. Autrement, sans la liberté, la relation est un régime esclavagiste2 ; sans l’altérité, c’est un régime «infantiliste», où l’autorité du pater familias est suprême et inaliénable3. La vertu de justice exige donc, au point de départ, que personne, en vertu de sa propre dignité, ne soit traité comme un objet. Cette dignité de la personne se reconnaît dès la conception, et pas seulement quand elle atteint sa majorité. Être traité comme une personne, cela signifie être reconnu comme sujet de droit. Ces droits ne sont pas des «droits politiques», dont l’autorité dépend du législateur. Ce sont des droits naturels, qui obligent en raison de ce qu’ils sont». Cette personne, en tant que «sujet de droit», atteindra un jour la pleine jouissance de ses droits politiques : voter, être propriétaire, choisir sa carrière, se marier, décider de son traitement médical ; par contre, comme personne humaine, elle ne peut, devenue majeure, jouir «en toute liberté» de faux droits : le suicide, le transgenre, le refus de se soigner, mettre sa vie en danger sans raison valable, ni même décider de la vie d’un autre, par l’avortement, la stérilisation, etc. Ces actes, bien que permis par les législations modernes, demeurent, selon leur nature, intrinsèquement mauvais. Aucune législation humaine ne peut les rendre bons, même si elle les tolère.

Cette justice qui va de la «personne» à la «personne», l’Éthique fondamentale l’appelle la «justice commutative». Elle va d’une «chose» à une autre «chose» (rem ad rem). Elle repose sur la liberté et sur l’altérité dans le contexte d’une société politique reconnue comme État de droit.

Une autre forme de justice, la justice distributive

Cependant, le Philosophe (Aristote) nous enseigne qu’existe une autre forme de justice, qu’il appelle la «justice distributive». Elle est une forme de justice, donc elle est «due». Elle a comme fondement non seulement l’égalité des droits, mais le mérite. Le mérite est, dit encore saint Thomas, l’ordre à la récompense. La récompense n’est pas un don. Le don est absolument gratuit ; il témoigne de l’amitié et de la générosité. La récompense ou la reconnaissance témoigne de la valeur de l’acte accompli non seulement en tant qu’il est bon, mais en tant qu’il est ordonné au Bien commun de la société. Dans nos sociétés, on récompense ce genre d’acte non seulement par des décorations (la légion d’honneur par exemple), mais aussi par des prix (le prix Nobel par exemple). Ces prix apportent à leur titulaire le ruban décoratif qui signale la valeur de l’acte, mais aussi un certain montant d’argent qui compense les investissement consentis – pas toujours uniquement monétaires – auxquels sa volonté d’agir a conduit le récipiendaire. Ainsi, par ces actes, la société tout entière accomplit un dû dont elle ne saurait se dispenser si elle veut s’honorer du titre d’État de droit. Une société qui passerait outre à ce devoir de justice, soit n’a pas la dignité d’un État respectable par la communauté internationale, soit n’est pas une société respectable, mais uniquement un État putschiste qui ne gouverne pas selon le droit, mais par la peur et la corruption.


Les actes de justice ne forment pas toujours une société juste quand cette dernière est dans les tenailles des idéologues et des révolutionnaires.


Cela dit, la détermination du corps social qui reconnaît à certains qui en font partie un droit de reconnaissance et d’honneur dépend en grande partie de l’idéologie qui l’anime. Cuba peut honorer Fidel Castro comme le Líder maximo, mais il n’est pas certain que tous les Cubains partagent cet hommage à celui qui a condamné tant d’opposants à la prison et à la mort. Avant Mikhaïl Gorbatchev, on célébrait Staline, malgré sa persécution de la classe paysanne, qui fit plus de vingt millions de morts. Avec une certaine sobriété, on a reconnu ses crimes et on a déboulonné ses statues un peu partout en Russie, surtout dans les Républiques satellites. On pourrait aussi penser à Antoine-Marie Lavoisier, le fondateur et père de la chimie moderne, guillotiné place de la Révolution le 19 floréal an II (8 mai 1794), à l’âge de cinquante ans, en même temps que vingt-sept anciens fermiers généraux. Son corps dépouillé fut empilé dans la fosse commune du cimetière des Errancis, à Paris. Le lendemain de l’exécution de Lavoisier, le grand mathématicien Louis de Lagrange fit ce commentaire: «Il ne leur a fallu qu’un moment pour faire tomber cette tête et cent années, peut-être, ne suffiront pas pour en reproduire une semblable4».

Une société juste ordonne ses concitoyens à agir avec justice, mais les actes de justice ne forment pas toujours une société juste quand cette dernière est dans les tenailles des idéologues et des révolutionnaires.

Le gouvernement dans l’Église

Le principe du gouvernement dans l’Église n’a pas son fondement dans le vote électoral des fidèles. Cette manière de désigner le titulaire d’une autorité a déjà existé : Augustin, alors qu’il est en déplacement à Hippone, se voit appelé par le peuple à succéder à Valérius, l’évêque titulaire, comme évêque d’Hippone, et il semble qu’il n’ait pas pu refuser5. De telles élections sont impossibles aujourd’hui. Si les communautés religieuses élisent leur supérieur général et local, c’est que ces communautés sont relativement peu nombreuses par rapport aux communautés ecclésiales, comme le sont les paroisses et les diocèses. Dans l’Église latine, le titulaire d’un pouvoir de gouverner – le puissance de juridiction – est nommé, le curé d’une paroisse par l’évêque et l’évêque par le pape. Seul le pape est élu, par le Collège des cardinaux de moins de 80 ans.

Le pouvoir de juridiction de gouvernement touche à la fois au «for interne» et au «for externe», c’est-à-dire aux actes intérieurs et aux actes extérieurs en tant que, par ces actes, la personne est reconnue comme membre de l’Église et participant à la vie communautaire de celle-ci. Participer à la communion ecclésiale n’est pas quelque chose d’accidentel. Participer à l’Église communion, c’est participer, non pas uniquement par sa propre détermination personnelle à toute la vie de l’Église, qui transmet à ses membres la certitude la foi, la force de son espérance et l’immense bienfait de la charité. Le fidèle y prend part par le baptême, qui est l’admission vivante du baptisé à la vérité sur Dieu et sur Jésus-Christ, dont l’Église est le témoin authentique. Confirmé par l’évêque, le baptisé devient par cette réception spécifique de l’Esprit non seulement récipiendaire des dons spirituels faits par le Christ à son Église, mais défenseur de la foi de l’Église et participant à l’Amour par lequel l’Église est aimée de son Fondateur. Pardonné pour ses fautes jusqu’à sa mort, il est dans les actes de sa vie personnelle appelé par le sacrement de mariage à participer à la fécondité de l’Église ou, par le sacrement de l’Ordre – pour ceux que l’évêque appelle –, à une participation actuelle à la mort et à la résurrection du Christ.

Baptême

 


Toute cette vie sacramentelle, toute cette instruction de la Foi, le baptisé ne les reçoit pas individuellement, mais dans la vie de communion de l’Église.


Tous ces actes que l’on vient d’énumérer, toute cette vie sacramentelle, toute cette instruction de la Foi, toute cette direction spirituelle de son agir, toute cette communion dans la Vie trinitaire de Dieu, le baptisé ne les reçoit pas individuellement, mais dans la vie de communion de l’Église. Tout ce que reçoit le baptisé, il le reçoit en tant que membre de l’Église – de l’Église catholique ! (Cela ne signifie pas qu’une personne humaine, dont l’âme est créée par Dieu et ainsi Lui appartient, ne reçoit aucun secours de Dieu. Ce serait «injuste» de la part de Dieu… et il est impossible à Dieu d’être injuste. Dieu n’est jamais à court de moyens, et il veut «que tous les hommes soient sauvés» (1Tm, 2, 4). Cela ne signifie pas que certains hommes ne sont pas sauvés… mais cela ne dépend pas de Dieu.

Donner à chaque homme, en tant que membre de l’Église, tous les moyens de vie que Dieu a voulus pour chacun, les donner selon leur état, selon les temps pour les recevoir, les instruire de la vérité sur Dieu, sur eux-mêmes, sur la vie éternelle et sur la vie bienheureuse après la mort et sur la résurrection des corps, cela constitue le devoir de l’Église. En ce sens, elle obéit non seulement à une devoir de charité, mais avant tout à un devoir de justice envers ses propres membres et envers Dieu lui-même. C’est l’obligation de la «justice surnaturelle».

Mais qu’en est-il de la justice distributive ? Elle dépend, comme on l’a vu, de la reconnaissance du «mérite». Autant la reconnaissance du «mérite» dans la société civile est définie par le bien qu’il apporte ou par le mal qu’il combat selon une certaine approbation du corps social : on admire l’homme savant qui découvre le médicament éradiquant définitivement une maladie (la variole par exemple) ou en diminuant la fréquence (la poliomyélite), autant reconnaître le «mérite» d’un chrétien dans l’Église et le bien que son agir lui apporte semble difficile voire impossible. Impossible, semble-t-il, tant que ce chrétien n’est pas mort ! Après la mort, le mérite de sa vie peut être reconnu si l’on en juge d’après les critères analysables de sa vie terrestre – par le procès canonique – et par la manifestation de l’accord divin – le miracle obtenu. Cela signifie-t-il que l’Église, dans l’exercice de son pouvoir de juridiction, soit dispensée de justice distributive ? Ou qu’elle ne la manifesterait que pour ceux qui sont «riches» ? Cela est fortement fustigé par l’écrivain sacré qui s’appelle saint Jacques : «Imaginons que, dans votre assemblée, arrivent en même temps un homme au vêtement rutilant, portant une bague en or, et un pauvre au vêtement sale. Vous tournez vos regards vers celui qui porte le vêtement rutilant et vous lui dites : “Assieds-toi ici, en bonne place” ; et vous dites au pauvre : “Toi, reste là debout”, ou bien : “Assieds-toi au bas de mon marchepied”. Cela, n’est-ce pas faire des différences entre vous, et juger selon de faux critères ?» (Jc, 2, 2-4).

Cet enseignement de saint Jacques touche directement à la justice distributive. L’injustice consiste à faire des différences selon de faux critères. Elle ne consiste pas à ne pas faire de différences. Faire des différences implique de poser un jugement vrai. Si tous les hommes sont pécheurs, le confesseur ne doit pas faires des différences entre eux. Il doit recevoir l’aveu et «juger» autant qu’il le peut sa vérité et le ferme propos de ne plus pécher. Et ainsi, il peut refuser ou donner l’absolution. Sa formation lui aura appris – espérons-le – comment agir comme confesseur.


Combien de fois une pastorale peut être rejetée parce qu’elle n’entre pas dans les cadres socio-psychologiques de l’autorité en place ?


Les chrétiens ne sont pas en relation avec l’autorité uniquement comme «confesseurs». Les relations sont multiples et ne se résument pas uniquement «aux bienfaiteurs». Elles peuvent être «politiques» – les «à droite» et les «à gauche», «théologiques» – les fans de Rahner et les fans de Journet – «pastorales» – les «dociles» et les «récalcitrants», «psychologiques» – les consolateurs et les accusateurs –, «carriéristes» – les flatteurs et les détracteurs. La suite serait longue !

Combien de fois, les autorités dans l’Église, agissant vis-à-vis des personnes particulières, ne se sont-elles pas laissées prendre par des jugements selon des faux critères&nbsp,? Combien de fois ne se sont-elles pas laissées influencer par des accusations reçues et mêmes encouragées sans vérifier l’information, sans pouvoir juger en toute impartialité, se souciant d’être objectifs tout en ne l’étant pas. Combien de fois une pastorale peut être rejetée parce qu’elle n’entre pas dans les cadres socio-psychologiques de l’autorité en place ou du conseiller des sciences humaines ? Il n’y a pas que dans les entreprises que l’on met des employés au placard ! L’Église a aussi ses placards ! Elle doit quelquefois les visiter !

Le Père Humbert Clérissac, o. p., écrivait dans un beau et bon petit livre publié en français, Le Mystère de l’Église : «On a dit qu’il faut souffrir non seulement pour l’Église, mais par l’Église. S’il y a quelque vérité en cela, c’est que nous avons parfois besoin d’être traités avec fermeté, d’être tenus dans l’ombre, dans le silence et dans une apparente disgrâce, peut-être parce que nous n’avons pas suffisamment profité, saintement, des faveurs et des avances de l’Église en d’autres temps6…» Peut-être ? Mais peut-être que non !

Aline Lizotte

 


1Saint Thomas, In decem libros Ethicorum Aristotelis ad Nicomacum, L. V, lect. 11.

2 – La partie Sud de l’Amérique avant la guerre de Sécession.

3 – Comme l’étaient plusieurs communautés de religieuses féminines au XIXsup>e siècle, dans une obéissance mal comprise émanant d’ailleurs de familles bourgeoises, où seul l’homme avait l’autorité.

4 – Wikipédia, consulté le 9 juin 2022.

5 – «À la même époque, l’Église catholique d’Hippone était entre les mains du saint évêque Valerius. Avec beaucoup de conviction, il entretenait le peuple chrétien sur l’impérieuse nécessité qui se faisait sentir pour l’Église locale de pourvoir à l’ordination d’un prêtre. Or, les catholiques connaissaient la règle que s’était faite Augustin et la doctrine qui était la sienne. Ils s’emparèrent de lui, profitant de fait qu’il se trouvait là bien tranquillement au milieu de la foule, sans se douter de ce qui allait se produire (car, ainsi qu’il nous disait, si, étant laïc, il s’abstenait par principe de paraître dans certaines églises, c’était essentiellement dans celles qui se trouvaient sans évêque). Or donc, ils s’assurèrent de sa personne et, comme c’est la coutume en pareil cas, l’amenèrent à l’évêque pour qu’il l’ordonnât. Tous demandaient que la chose s’accomplît effectivement : unanime était leur accord, unanime leur désir, intenses leur ardeur et leurs cris pour le réclamer. Mais lui versait d’abondantes larmes. Il s’en trouva certains, ainsi qu’il nous le rapporta lui-même, pour se méprendre sur le sens de ses larmes, les interprétant comme un signe d’orgueil et lui disant en guise de consolation que, même s’il méritait mieux que le titre de simple prêtre, celui-ci rapprocherait de l’épiscopat. Mais, à ce qu’il nous rapporta, cet homme de Dieu obéissait à des considérations autrement élevées ; et s’il gémissait, c’est qu’il pressentait la multiplicité et l’immensité des périls qu’allaient faire peser la direction et le gouvernement d’une église : voilà donc la perspective qui lui faisait verser des larmes. Finalement, c’est les fidèles qui obtinrent ce qu’ils voulurent et virent leur désir accompli.» (Possidius, Vita Augustini, IV, p. 50-52)

6 – Humbert Clérissac, o. p., The Mystery of the Church (p. 72), Cluny Media, LLC., Édition du Kindle.

 

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