Bouton des brèves

Le pape «prêt à rencontrer Poutine à Moscou»

Dans un entretien du 3 mai dans le Corriere della Sera, François dit «sentir», qu’avant d’aller à Kiev, il doit aller à Moscou et rencontrer Poutine : «J’ai demandé au cardinal Parolin, après vingt jours de guerre, d’envoyer le message à Vladimir Poutine disant que j’étais prêt à aller à Moscou. Bien sûr, il était nécessaire que le chef du Kremlin accorde quelques fenêtres. Nous n’avons pas encore reçu de réponse et nous continuons à insister même si je crains que Vladimir Poutine ne puisse et ne veuille pas faire cette réunion à l’heure actuelle. Mais comment ne pas mettre fin à cette brutalité ? Il y a vingt-cinq ans, nous avons vécu la même chose avec le Rwanda».

Le pape souhaite agir de concert avec le patriarche de l’Église orthodoxe Kirill. Il cite la conversation de 40 minutes via Zoom le 16 mars dernier et les «justifications» de la guerre citées par Kirill, et revient sur le rendez-vous manqué en juin à Jérusalem. «J’ai écouté, déclare François, et je lui ai dit : je ne comprends rien à tout cela. Frère, nous ne sommes pas des clercs d’État, nous ne pouvons pas utiliser le langage de la politique, mais celui de Jésus. Nous sommes les pasteurs du même peuple saint de Dieu. C’est pourquoi nous devons chercher des moyens de paix, arrêter le feu des armes. Le patriarche ne peut pas devenir l’enfant de chœur de Poutine. J’avais prévu une rencontre avec lui à Jérusalem le 14 juin. Ç’aurait été notre deuxième rencontre en face à face, rien à voir avec la guerre. Mais maintenant, même lui est d’accord : “Arrêtons, il pourrait s’agir d’un signal ambigu”».
Source : Vatican News

François: la famille cellule vitale de la société

Famille heureuse

En s’adressant le 29 avril aux participants à la session plénière de l’Académie pontificale des sciences sociales sur la réalité de la famille, le pape a proposé une réflexion en vue de la redécouverte de la valeur de la famille. Il a exhorté à la découverte de la valeur de la famille comme source et origine de l’ordre social et comme cellule vitale d’une société fraternelle capable de prendre soin de la maison commune.

François explique que les changements sociaux modifient les conditions de vie du mariage et des familles dans le monde entier. De plus, le contexte actuel de crises prolongées et multiples met à mal les projets de familles stables et heureuses. Pourtant, la famille est presque toujours au sommet de l’échelle des valeurs des différents peuples, car «elle est inscrite dans la nature même de la femme et de l’homme». En ce sens, le mariage et la famille ne sont pas des institutions purement humaines, malgré les nombreux changements qu’ils ont subis au cours des siècles et les différences culturelles et spirituelles entre les peuples.

Aujourd’hui, les fonctions sociales que la famille remplit entre les individus et dans la communauté sont perdues, surtout en ce qui concerne les plus faibles, comme les enfants, les personnes handicapées et les personnes âgées dépendantes. Or, le bien de la famille n’est pas de type agrégatif, c’est-à-dire qu’il ne consiste pas à agréger les ressources des individus pour augmenter l’utilité de chacun, mais c’est un lien relationnel de perfection, qui consiste à partager des relations d’amour fidèle, de confiance, de coopération, de réciprocité, d’où découlent les biens des individus membres de la famille et, donc, leur bonheur. Ainsi comprise, la famille devient également la source de nombreux biens et relations pour la communauté, tels qu’une bonne relation avec l’État et les autres associations de la société, la solidarité entre les familles, l’accueil des personnes en difficulté, la prise en charge des plus démunis, la lutte contre les processus d’appauvrissement, etc.

François a terminé en définissant quelques conditions pour redécouvrir la beauté de la famille : la première est d’enlever de l’œil de l’esprit la «cataracte» des idéologies qui nous empêchent de voir la réalité. La deuxième condition est la redécouverte de la correspondance entre le mariage naturel et le mariage sacramentel. La troisième condition est la conscience que la grâce du sacrement du mariage, qui est le sacrement social par excellence, guérit et élève toute la société humaine et est un ferment de fraternité.
Source : Vatican News

Commission pontificale pour la protection des mineurs : un mandat clair

«Le pape nous a donné un mandat clair sur les lignes directrices à fournir aux diocèses et aux ordres religieux concernant les abus commis à l’encontre des enfants. Notre priorité est de rencontrer les survivants, et notre tâche consiste à superviser, promouvoir et stimuler» les démarches entreprises. C’est ainsi que le cardinal Sean Patrick O’Malley, président de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, a résumé pour les journalistes les principaux thèmes abordés lors de l’audience avec le pape le 29 avril, au terme de l’Assemblée plénière de la Commission.

En vertu de la nouvelle constitution apostolique Prædicate Evangelium sur la réforme de la Curie, la Commission est désormais intégrée au sein de la Congrégation pour la doctrine de la Foi. Mais le cardinal O’Malley a réaffirmé son indépendance : président, secrétaire et personnel de la Commission communiquent directement avec le pape, assure-t-il, même s’ils sont liés à la Congrégation.

Le pape a demandé à la Commission de présenter un rapport annuel sur l’état de l’Église en matière de protection des mineurs. La rencontre avec les évêques qui viendront au Vatican pour des visites ad Limina sera l’une des occasions de recueillir des informations à inclure dans ce rapport. Il a invité l’ensemble des conférences épiscopales du monde à mettre en place des centres d’écoute pour les victimes, les survivants d’abus, afin de les soutenir dans leur guérison des graves blessures qu’ils ont subies.
Source : Vatican News

Va-t-on vers une accélération de la fusion de diocèses ?

Le pape François vient de nommer Mgr Mark O’Toole archevêque de Cardiff en Grande-Bretagne. Dans le même temps, il l’a aussi nommé évêque du diocèse voisin de Menevia, dont le siège était vacant depuis 2019. Si les deux diocèses restent séparés juridiquement, le pape les unit in persona episcopi. Cette pratique devient plus fréquente sous le pontificat du pape François. La perspective d’une fusion de diocèses voisins pourrait ainsi toucher de nombreux pays où la population catholique diminue, et donc aussi les membres du clergé. Aux États-Unis par exemple, deux évêchés seulement sont à pourvoir pour l’heure. Mais dix évêques ont déjà atteint 75 ans l’an passé et cinq autres les atteindront cette année et devront présenter leur démission à Rome. S’il n’y a aucun chiffre officiel, on entend par ailleurs dire qu’un candidat sur trois à l’épiscopat refuserait la proposition de devenir évêque. Face à ces difficultés nouvelles, la fusion de diocèses pourrait être une solution.
Source : The Pillar

Synode allemand : le cardinal Pell pense que le pape va intervenir

Logo du synode allemand

Selon le cardinal George Pell, le Pape va intervenir pour mettre fin à la possibilité d’un schisme dans l’Église à cause du synode allemand qui s’écarte de l’enseignement catholique. Il a affirmé au Catholic Herald être certain que le pape François exercera le ministère pétrinien pour assurer l’unité d’enseignement au sein de l’Église catholique, conformément à l’enseignement de Jésus-Christ et des apôtres : «Nous faisons appel au Christ, nous faisons appel à la révélation, à notre tradition judéo-chrétienne et non à la sociologie ou à la médecine.» Il a «une grande confiance dans le successeur de Pierre», dont le rôle est de maintenir la «pureté de la tradition apostolique» : «Contrairement aux églises orthodoxe et anglicane, l’Église catholique dispose d’un instrument que nous croyons ordonné par Dieu : Pierre, l’homme de pierre». Signataire récemment d’une lettre envoyée aux évêques allemands par près de 90 évêques du monde entier, il a expliqué avoir voulu les empêcher d’aller «dans la mauvaise direction. Bizarrement, ils pensent qu’en adoptant les enseignements du monde qui les entoure, ils vont aider l’Église», a-t-il expliqué, ajoutant que l’histoire montrait toujours qu’agir ainsi était «désastreux».

Les commentaires du cardinal Pell font suite aux demandes de la voie synodale allemande de modifier le catéchisme de l’Église catholique dans les domaines de l’éthique sexuelle et de permettre la bénédiction des couples de même sexe, ainsi qu’aux commentaires en faveur de ces mesures par un petit nombre de prélats européens de haut rang. Mgr Georg Bätzing, président de la conférence épiscopale allemande, a répondu à la lettre en écrivant à Mgr Samuel Aquila, archevêque de Denver, l’un des plus éminents détracteurs du synode, pour lui dire qu’il trouvait ces accusations surprenantes : «La voie synodale est notre tentative, en Allemagne, d’affronter les causes systémiques des abus et de leur dissimulation qui ont causé des souffrances indicibles à tant de personnes dans et à travers l’Église», écrit-il.
Source : Catholic Herald

Le père du premier bébé-éprouvette fermement opposé à la GPA

Connu pour ses travaux ayant abouti à la naissance du premier bébé-éprouvette français en 1982, le professeur René Frydman, 78 ans, ardent défenseur des techniques de PMA et un fervent militant de la PMA pour toutes(1) considère la GPA comme une ligne rouge à ne pas franchir. Dans son livre Le Dictionnaire de ma vie, il développe un argumentaire selon lequel la GPA est un «abandon organisé» de l’enfant et une forme d’esclavage moderne de la femme.

Il commence par souligner l’hypocrisie grandissante pour cacher et ignorer la réalité de la GPA : dans les années 1980, on parlait de «mères porteuses», mais l’expression «grossesse pour autrui» apparaît dans les années 1990. «D’une location, on passe au don. Ou l’art d’enrober d’affect la gestation afin de la rendre plus présentable. Encore un effort, et on va nous parler d’amour, de générosité.» C’est ce que la formule de «GPA éthique» suggère. Or le principe même de la GPA n’est absolument pas le don, mais plutôt l’abandon, un abandon programmé, intentionnel, contrairement à l’abandon d’un enfant par une femme qui le confierait à l’adoption. La GPA «est un abandon organisé, programmé, monnayé. Pire, dans la mesure où la médecine intervient, c’est un abandon sur ordonnance !»

Il s’étonne du peu de réactions des féministes sur ce sujet, car la GPA est «une grave violence faite aux femmes» : outre ses conséquences psychologiques sur la femme (faire abstraction de sa grossesse, ne pas s’attacher à l’enfant…), il s’agit de la commercialisation de son corps. «Disposer du corps d’une femme durant douze mois en moyenne comme d’une machine à procréer n’est rien de moins qu’une aliénation d’autrui, qu’une prostitution, que de l’esclavage.» L’autoriser est «une régression, ce serait nier la valeur du progrès, cet humanisme qui veut qu’on protège avant tout les plus faibles.»

(1) En 1973, il signe le manifeste des 331 médecins qui avouent avoir déjà pratiqué un avortement. En 1982, avec le biologiste Jacques Testart, il permet la naissance du premier bébé-éprouvette en France, conçu par fécondation in vitro (FIV), puis celle des premiers bébés français conçus à partir d’ovocytes congelés. En mars 2016, il signe une tribune dans Le Monde avec 130 médecins et biologistes qui reconnaissent avoir aidé des couples homosexuels à avoir des enfants en infraction avec la loi. Son dernier combat concerne l’extension de la PMA à toutes les femmes, célibataires ou homosexuelles.
Source : Aleteia

 

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