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Attaques contre Benoît XVI : «l’abus de l’abus»

La crise des abus sexuels devrait être pour l’Église une invitation à trouver des solutions efficaces pour combattre les abus sexuels, soutenir les victimes, punir les coupables et tirer les leçons des erreurs passées. Or certains catholiques l’exploitent pour faire avancer des agendas contredisant les enseignements de l’Église. C’est le cas de la dissidence doctrinale actuellement promue ouvertement par le Chemin synodal de l’Église allemande : on utilise le scandale des abus pour dénigrer certains dirigeants de l’Église. L’exemple le plus flagrant est la mise en accusation de Benoît XVI par certains responsables de l’Église allemande et par de nombreux médias à l’occasion du rapport du cabinet d’avocats allemand Westpfahl Spilker sur la gestion des cas d’abus sexuels par l’archidiocèse de Munich quand Joseph Ratzinger en était l’archevêque. La dureté des attaques n’est pas justifiée par les preuves réelles contenues dans le rapport, mais elle semble tomber à point nommé quant au Chemin synodal allemand.

Pour décrire ce détournement de la question des abus sexuels en vue d’effectuer des changements doctrinaux et de dénigrer les dirigeants de l’Église dont les points de vue ne sont pas conformes à ces programmes, une expression a été forgée : «l’abus de l’abus». Pour ceux qui veulent «abuser de l’abus», peu importe le respect des faits lorsqu’il s’agit de mener campagne contre certains, comme ce fut le cas pour Mgr Woelki, archevêque de Cologne, suite à l’enquête menée dans son archidiocèse sur le traitement des abus sexuels commis par des clercs. Par contre, d’autres personnalités, comme le cardinal Marx, actuel archevêque de Munich, sont épargnées. Cette disparité de traitement semble liée à leur position respective par rapport à la Voie allemande.
Source : National Catholic Register

Voie synodale allemande et «catholicisme liquide»

Logo de la voie synodale Lalanne

Sour la plume de George Weigel, éditorialiste de la revue First Things, l’expression «catholicisme liquide» (liquid catholicism) désigne le projet visant à détacher l’Église de ses fondements dans l’Écriture et la tradition : un catholicisme qui ne peut dire avec certitude ce qu’il croit ou ce qui fait une vie juste, une Église aux frontières ouvertes, incapable de déterminer les idées et les actions qui brisent la pleine communion avec le Corps mystique du Christ. Bref, «une Église au contenu allégé qui s’inspire de la culture environnante et qui s’imagine qu’elle s’occupe principalement de faire de bonnes œuvres, au sens où le monde l’entend». Pour lui, cela conduit toujours à une perte de vitalité de l’Église.

Weigel considère la Voie synodale allemande comme une illustration exemplaire de ce «catholicisme liquide» : ce processus pluriannuel, dominé par des bureaucrates et des universitaires de l’Église, semble déterminé à réinventer l’Église catholique comme une forme de protestantisme libéral. Il y voit une véritable apostasie, au double visage. D’une part, la Révélation divine dans l’Écriture et la tradition ne serait pas contraignante en tout temps : l’histoire serait juge de la Révélation, et il n’y aurait pas de points de référence stables pour l’auto-compréhension catholique. D’autre part, il faudrait comprendre la liberté humaine comme une «autonomie», qui n’est en fait qu’un esclavage auto-induit.

Pour Weigel, ce «catholicisme liquide» règne en maître dans les délibérations du Chemin synodal allemand, ce qui conduira non pas à un renouveau évangélique mais à un nouvel abandon de l’Évangile.
Source : First Things

Procès des finances : un espion au Vatican ?

Le procès pour fraude et extorsion qui se tient actuellement au Vatican au sujet de l’investissement de 350 millions d’euros dans une propriété à Londres a fait apparaître une histoire d’espionnage digne d’un thriller. L’un des principaux conseillers du pape François, Mgr Pena Para, numéro 2 de la Secrétairerie d’État, a en effet fait appel à des membres des services secrets italiens pour rechercher des micros dans son bureau et leur a demandé des rapports de renseignement, contournant ainsi complètement les forces de police du Vatican. Cette révélation soulève des questions fondamentales sur la sécurité et la souveraineté de l’État de la Cité du Vatican, puisque des agents de services secrets étrangers sont intervenus dans le sanctuaire du Saint-Siège, avec des missions d’espionnage.

La coopération entre le Vatican et l’Italie en matière de sécurité n’est pas inhabituelle : la police italienne patrouille la place Saint-Pierre et il existe des niveaux officiels de coopération entre les gendarmes du Vatican et les forces de l’ordre italiennes. Mais le travail d’espionnage réalisé pour Mgr Pena Parra s’est certainement déroulé en dehors des canaux officiels, de manière intentionnelle.
Source : America Magazine

Mgr Becciu de retour au tribunal

Mgr Becciu, ancien substitut de la Secrétairerie d’État, limogé de ses fonctions curiales par le pape François en septembre 2020, est l’accusé le plus en vue dans le procès des finances du Vatican. Il a assisté à la dernière audience préliminaire, après avoir boycotté une session précédente et déclaré aux juges que la procédure était tombée au-dessous de sa «dignité». Il est accusé d’avoir utilisé sa position pour faire passer des centaines de milliers d’euros de fonds de l’Église à des membres de sa famille.

Les procureurs enquêtent sur des fonds transférés de la Conférence épiscopale italienne sur un compte affilié au diocèse d’Ozieri, qui aurait été placé sous le contrôle exclusif d’une société appartenant à Antonio Becciu, frère du cardinal. Le compte aurait été utilisé à des fins entièrement privées et pour l’activité commerciale de la société (des investissements dans des fonds communs de placement). Des perquisitions ont été menées notamment dans le diocèse d’Ozieri, en Sardaigne, où réside Mgr Becciu. Par ailleurs, Mgr Becciu aurait organisé en 2013 le transfert de 100 000 euros de l’IOR (une banque du Vatican) vers le compte privé de l’un de ses frères. Selon lui, il s’agirait d’un prêt, qui aurait été entièrement remboursé.

Les avocats de Mgr Becciu ont accusé le pape François d’avoir utilisé de manière inappropriée son pouvoir souverain pour dispenser les procureurs de respecter les normes juridiques du Vatican et d’avoir modifié les lois de procédure alors que l’enquête était déjà en cours. Ils ont exigé que les procureurs remettent des heures de témoignages et des dizaines de documents saisis chez son ancien adjoint, Mgr Alberto Perlsaca, qui n’ont pas été présentés au tribunal parce que, selon les procureurs, ils ne concernent pas l’affaire et ont trait à d’autres enquêtes criminelles en cours.

La cour se réunira pour une dernière audience préliminaire le 28 février, après quoi les juges devraient se prononcer sur les demandes de rejet des défendeurs. Si ces requêtes sont rejetées, la phase de procès devrait commencer en mars prochain.
Source : Pillar Catholic

Messe latine traditionnelle : doutes des canonistes sur les Responsa ad dubia

Messe en latin

Le 18 décembre, la Congrégation pour le culte divin a publié un document (Responsa ad dubia) renforçant les restrictions sur la messe latine traditionnelle. Il précise le Motu Proprio Traditionis Custodes du pape François, en répondant aux dubia envoyés à la Congrégation. Il restreint considérablement les conditions de disponibilité de la messe traditionnelle par rapport à Traditionis Custodes lui-même : il interdit les mariages, les baptêmes, les enterrements, et même les bénédictions avec les anciens livres, en dehors d’un nombre infime de paroisses personnelles ; il empêche les prêtres de dire plus d’une messe d’ancien rite le dimanche et ne les autorise à la dire un jour de semaine que s’ils n’ont pas de messe Novus Ordo à célébrer. Il interdit aux paroisses de noter les heures des messes traditionnelles sur leurs bulletins.

Des canonistes soulignent que ces Responsa ne sont pas une nouvelle loi, mais une interprétation d’un autre document par une congrégation du Vatican, interprétation qui va au-delà de ce document. Ses propositions seraient en contradiction avec la loi de l’Église. Ainsi, les évêques ont toute autorité pour déterminer quand il y a une justification pastorale pour un prêtre de célébrer des messes supplémentaires. Ce droit ne peut pas leur être retiré sur ordre du Préfet d’une Congrégation du Vatican, ce que semblent faire les Responsa en limitant le nombre de messes traditionnelles qu’un prêtre peut dire. Or le Canon 87 §1, qui se trouve dans les textes du Concile Vatican II (Christus Dominus 8), permet à un évêque de mettre de côté la loi universelle de l’Église lorsque le bien des âmes l’exige.

Il a été dit que Traditionis custodes, après que le Motu Proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI a ouvert une période dans laquelle les prêtres ont reçu le droit célébrer la Messe traditionnelle à volonté, essayait de restaurer droit fondamental et le devoir des évêques d’exercer leur discrétion sur ce qui se passe dans leurs diocèses. L’idée que les évêques étaient en pratique incapables de contrôler la situation sous Summorum Pontificum ne résiste pas à l’examen : en règle générale, les diocèses des évêques qui ne voulaient pas de messes traditionnelles n’en avaient pas. Mais il semble maintenant que la Congrégation pour le culte divin ne veuille laisser aux évêques un pouvoir discrétionnaire que si elle peut en déterminer le résultat à l’avance.

Les évêques ont maintenant le choix : faire ce qu’on leur a dit simplement de faire parce que cela vient du Saint-Siège ou suivre le propre principe du pape François : «les évêques diocésains ne répondent pas aux préfets curiaux».
Source : Catholic herald

Photo : Servus Tuus / Wikimedia Commmons

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