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Actualité religieuse

Il y a neuf ans, Benoît XVI renonçait au ministère pétrinien

Le pape Benoît 16

C’était le 11 février 2013. Lors du consistoire qu’il présidait au Vatican dans la matinée de la fête de Notre-Dame de Lourdes, Benoît XVI annonça qu’il démissionnerait le 28 février suivant. Voici la traduction du texte qu’il prononça en latin devant les cardinaux.

«Frères très chers,

Je vous ai convoqués à ce Consistoire non seulement pour les trois canonisations, mais également pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie de l’Église. Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien. Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle, doit être accompli non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière. Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Évangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié. C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Évêque de Rome, Successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire.

Frères très chers, du fond du cœur je vous remercie pour tout l’amour et le travail avec lequel vous avez porté avec moi le poids de mon ministère et je demande pardon pour tous mes défauts. Maintenant, confions la Sainte Église de Dieu au soin de son Souverain Pasteur, Notre Seigneur Jésus-Christ, et implorons sa sainte Mère, Marie, afin qu’elle assiste de sa bonté maternelle les Pères Cardinaux dans l’élection du Souverain Pontife. Quant à moi, puissé-je servir de tout cœur, aussi dans l’avenir, la Sainte Église de Dieu par une vie consacrée à la prière.

BENEDICTUS PP XVI»

Source : Famille chrétienne

Le récit de la réponse de Benoît XVI au rapport sur les abus de Munich

Dans une interview exclusive réalisée le 11 février et diffusée le 14 février sur EWTN, le secrétaire personnel de Benoît XVI, Mgr Georg Gänswein, a expliqué comment le pape émérite a répondu à un rapport critiquant sa gestion de quatre cas d’abus lorsqu’il dirigeait l’archidiocèse allemand de Munich et Freising. Il a décrit son travail de pionnier dans la lutte contre les abus cléricaux malgré la résistance du Vatican et a parlé du fort soutien personnel du pape François à son prédécesseur.

Mgr Gänswein a reconnu la controverse suscitée par une déclaration de 82 pages soumise au nom de Benoît XVI aux enquêteurs chargés de compiler l’étude. La déclaration signée par Benoît XVI retraité indique qu’il n’était pas présent à une réunion en 1980 au cours de laquelle le transfert du prêtre du diocèse d’Essen à l’archidiocèse de Munich a été discuté. Mais quelques jours après la publication du rapport par le cabinet d’avocats munichois Westpfahl Spilker Wastl, le pape émérite a reconnu qu’il avait assisté à la réunion. Cette correction a provoqué un tollé en Allemagne, les détracteurs de Benoît XVI l’accusant de vouloir dissimuler sa présence à la réunion, tandis que ses partisans soulignaient que sa présence était déjà de notoriété publique.

Mgr Gänswein a expliqué que Benoît XVI a dit : «Cette réunion, la fameuse, le 15 janvier 1980, je ne m’en souviens pas. Mais s’il est dit que j’étais absent, alors cette absence est prouvée – ou était prouvée à l’époque – grâce à un document de la réunion». « Et c’est là que l’erreur s’est produite», a déclaré l’archevêque. Choqué d’apprendre après la publication du rapport qu’il existait des preuves montrant que Benoît XVI avait assisté à la réunion, il en a parlé au pape en disant : «Nous devons dire immédiatement que c’était une erreur de notre part. Ce n’était pas intentionnel, donc ce n’était pas un mensonge – les mensonges arrivent exprès – c’était une erreur.»

L’archevêque a déclaré que Benoît XVI avait décidé d’écrire une lettre personnelle à la suite du rapport, mais qu’il avait demandé qu’elle soit accompagnée «d’une réponse aux accusations portées contre moi, et pas seulement aux accusations, mais aussi aux insinuations, sur la base des pièces du dossier.»

Mgr Gänswein a déclaré que le pape François avait offert son soutien à Benoît XVI alors que le pape émérite faisait face à d’intenses critiques : «Il a été très clair. Il l’a appelé et l’a assuré de sa solidarité, de sa confiance absolue, de sa confiance fraternelle et de sa prière. Il a également dit qu’il ne peut pas comprendre pourquoi ils s’en prennent autant à lui. […] Lorsque le pape Benoît a écrit sa lettre, il l’a envoyée au pape François ; avant qu’elle ne soit publiée, bien sûr. Il l’a remercié pour le coup de fil et lui a demandé si c’était bon. Deux jours plus tard, une belle lettre du pape François au pape Benoît est arrivée – une lettre dans laquelle il l’assurait une fois de plus, et avec des mots vraiment touchants de son soutien, de sa solidarité et de son appui, en lui disant qu’il assurait ses arrières.» MgrGänswein a déclaré qu’il ne pouvait pas publier la lettre, car elle était «confidentielle et privée», mais il a néanmoins été autorisé à en parler.

L’archevêque a noté que la réaction des médias à la lettre de Benoît XVI variait d’un pays à l’autre, mais que la réaction en Allemagne était marquée par la négativité : «J’ai pu observer un grand parti pris, parfois même immodéré, contre sa personne, associé à une ignorance non moins immodérée des faits». Selon lui, les contre-vérités sur Benoît sont «maintenues en vie. C’est-à-dire qu’il y a ce souhait de s’en prendre durement à lui. Et c’est tout simplement choquant pour moi».

Après avoir quitté l’archidiocèse de Munich en 1982, le futur pape a été préfet de la Congrégation du Vatican pour la doctrine de la foi (CDF). En 2001, le pape Jean-Paul II a chargé la CDF d’enquêter sur les allégations d’abus cléricaux dans le monde entier.

Mgr Gänswein a déclaré que Benoît XVI, chargé en 2001 par Jean-Paul II comme préfet de la CDF d’enquêter sur les allégations d’abus cléricaux dans le monde entier, a rencontré une «résistance interne» au Vatican lorsqu’il a cherché à prendre des mesures décisives contre les abuseurs, mais qu’il a pu la surmonter grâce au soutien du pape polonais : «Il n’a pas seulement joué un rôle décisif, il a été la figure décisive, l’homme décisif ; celui qui a non seulement suggéré la transparence, mais aussi pris des mesures concrètes en faveur de la transparence. On peut dire qu’il est le “père de la transparence”, et c’est ainsi qu’il a également réussi à convaincre le pape Jean-Paul II». Au cours de son propre pontificat de près de huit ans, il a renvoyé des centaines d’abuseurs de l’état clérical, a régulièrement rencontré des survivants d’abus et a abordé la crise des abus en Irlande dans une lettre pastorale de 2010 : «L’homme qui, dans cette question importante – toute la question des abus et de la pédophilie – a suggéré et ensuite mis en œuvre les instruments décisifs pour aider, que ce soit en tant que préfet, ou en tant que pape, est accusé de quelque chose qui contredit 25 ans de son travail. Donc, ce que je perçois encore et encore, c’est l’ignorance d’une part et une surévaluation excessive de sa propre opinion d’autre part. Et c’est quelque chose qui n’a rien à voir avec une couverture véridique. Je ne peux qu’espérer que les personnes qui lisent et ont lu la lettre, les personnes qui connaissent le cardinal Ratzinger, le pape Benoît, ne se laisseront pas influencer ou convaincre par des jugements aussi partiaux. C’est ce que j’espère.»

Mgr Gänswein a noté que la publication du rapport de Munich, et la vague de colère qu’il a suscitée, a coïncidé avec une réunion cruciale de la Voie synodale allemande. Lors de la réunion du 3 au 5 février, les participants ont voté en faveur de projets de textes appelant à l’abolition du célibat des prêtres, à l’ordination des femmes prêtres, à la bénédiction des couples de même sexe et à la modification de l’enseignement catholique sur l’homosexualité, des options présentées comme une réponse nécessaire à la crise des abus qui a englouti l’Église allemande, entraînant un exode massif des catholiques. «Mais une chose est claire : certains objectifs que vise le Chemin synodal sont quelque chose pour lequel la personne et l’œuvre de Benoît font obstacle. Et il y a ce grand, grand danger que tout ce qui a trait à la pédophilie et aux abus soit maintenant pris de manière mono-causale, pour ainsi dire, afin d’ouvrir d’abord ce Chemin et de s’engager ensuite dans cette voie. La semaine dernière, nous avons vu quels textes ont été adoptés et où cela est censé mener», a déclaré Mgr Gänswein.

L’archevêque a fait référence à un argument avancé par les opposants à la Voie synodale sous l’expression «abus des abus» : la Voie synodale utilise la crise des abus comme un prétexte pour remodeler radicalement l’Église : «On a toujours dit que les victimes d’abus étaient au centre de l’attention. Et c’est tout à fait vrai. Mais il y a aussi le concept de “l’abus de l’abus”. Et c’est précisément là que réside le danger. Nous ne devons pas oublier que chaque fois que l’on essaie de manipuler quelque chose ou quelqu’un, on ne fait rien d’autre que d’essayer d’atteindre un objectif en le cachant derrière une autre réalité, pour ainsi dire, jusqu’à ce que l’on pense avoir atteint le but.»

L’enquête de Munich a représenté pour Benoît XVI (95 ans en avril) un travail énorme : «On a demandé au pape Benoît s’il était prêt à participer à ce rapport. Il a répondu : “Je n’ai rien à cacher. Je le ferai volontiers”, a expliqué Mgr Gänswein. Pour ce faire, il a fallu examiner «une masse incroyable d’informations». Le cabinet d’avocats lui a envoyé 20 pages de questions détaillées, qui ont nécessité un examen minutieux de quelque 8 000 pages de documents numérisés dans les archives diocésaines,. Cette tâche a été confiée à un prêtre allemand et juriste à Rome, le père Stefan Mückl. Ne pouvant faire des copier-coller à partir des dossiers, le père Mückl a pris de nombreuses notes à la main et a réussi à terminer son examen exhaustif en trois semaines environ.

La réception du rapport final a constitué une autre épreuve redoutable pour Benoît XVI et sa petite équipe de conseillers : «Le rapport comptait 1 983 pages, y compris la déclaration de Benoît XVI et celle des autres cardinaux qui ont répondu. Imaginez cette énorme quantité de documents et le fait que l’on attende une réponse immédiate ! C’était tout simplement impossible. Une semaine plus tard, [l’actuel archevêque de Munich] le cardinal Marx a annoncé qu’une conférence de presse se tiendrait à Munich. Et le pape Benoît a dit : “Je dois d’abord lire ceci. Je veux le lire d’abord. Et je demanderai aussi au personnel de le lire. Et ensuite, je répondrai”. Vous devez admettre, pour n’importe qui, un homme de n’importe quel âge, que cela prend du temps.»

Mgr Gänswein a terminé par des considérations plus personnelles sur Benoît XVI : «Bien sûr, c’est une chose de résister à la pression et une autre de résister à la pression interne. Mais, grâce à Dieu, il y est parvenu : Il est calme et, surtout, il n’a jamais perdu son sens de l’humour.»

Source : National Catholic Register

Réforme de la Congrégation pour la doctrine de la foi

Le palais Sant Uffizio à Rome

Le 14 février, par le Motu proprio Fidem servare, le pape a modifié l’organigramme de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF). Il y aura dorénavant deux sections distinctes, ayant chacune son propre secrétaire : la section doctrinale, chargée de la défense de la doctrine et la section disciplinaire, qui traitera les dossiers de violences sexuelles commises sur des mineurs. Le cardinal préfet du dicastère aura ainsi dorénavant deux adjoints. Tout en maintenant le rôle fondamental de la section doctrinale, ce changement donnera toute son importance à l’activité disciplinaire.

La section doctrinale «s’occupe des matières qui ont trait à la promotion et la protection de la doctrine de la foi et de la morale. Celle-ci favorise en outre les études visant à faire croître l’intelligence et la transmission de la foi au service de l’évangélisation, afin que sa lumière soit le critère permettant de comprendre la signification de l’existence, surtout face aux questions posées face au progrès des sciences et du développement de la société». Elle examine également les documents qui doivent être publiés par les autres dicastères, ainsi que les écrits et opinions qui «semblent problématiques pour la foi correcte, en encourageant le dialogue avec leurs auteurs et en proposant des remèdes appropriés». Cette section est aussi chargée d’étudier les questions relatives aux ordinariats personnels des anciens anglicans. Elle gère enfin le Bureau des mariages, qui s’occupe du privilegium fidei(1) et examine la dissolution des mariages entre deux non-baptisés ou entre un baptisé et un non-baptisé.

La section disciplinaire prend en charge les crimes réservés à la Congrégation et gérés par le Tribunal apostolique Suprême qui y est établi, en particulier les violences sexuelles commises sur des mineurs ou des majeurs en état de faiblesse. C’est aussi à elle que sont réservés certains autres délits, «comme l’absolution du complice» dans le champ des crimes sexuels, mais aussi la violation du secret de la confession ou la tentative d’ordonner des femmes prêtres. Elle a «la tâche de préparer et d’élaborer les procédures prévues par les normes canoniques afin que la Congrégation, dans ses différentes instances (préfet, secrétaire, promoteur de justice, congrès, session ordinaire, collège pour l’examen des recours en matière de delicta graviora), puisse promouvoir une administration correcte de la justice». À cette fin, la section disciplinaire «promeut des initiatives de formation appropriées» offertes aux évêques et aux praticiens du droit, «pour favoriser une compréhension et une application correctes des normes canoniques relatives à sa propre sphère de compétence». Elle doit aussi promouvoir «les initiatives de formation appropriées» pour les juristes, «afin de favoriser une compréhension et une application correctes des normes canoniques».

Cette évolution de l’organigramme de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) vient en fait acter une organisation déjà en place depuis plusieurs années. Jusqu’en juillet dernier, la CDF était en effet constitué de quatre bureaux : doctrinal, disciplinaire, matrimonial et Ecclesia Dei. Ce dernier, chargé des relations avec les instituts traditionalistes, a disparu en juillet, à la suite de la publication de Traditionis custodes.

C’est l’Américain Mgr John Joseph Kennedy qui est depuis 2017 à la tête du bureau disciplinaire. Devant l’augmentation du nombre de dossiers de pédophilie envoyés à Rome par les évêques et les supérieurs religieux, le nombre des membres de cette section n’a cessé d’augmenter. Au fil des années, «la section disciplinaire a complètement cannibalisé la section doctrinale», explique un très bon connaisseur de la Congrégation.

Les théologiens de la Congrégation travailleraient désormais à l’élaboration d’une déclaration sur l’articulation entre le droit naturel et les droits civils, soulevant notamment la très délicate question de la légitimité des lois considérées comme immorales par l’Église catholique.

(1) Voir Osservatore romano
Source : Vatican News, La Croix

Vatican : le Pape transfère aux évêques des compétences réservées au Saint-Siège

Par un Motu proprio daté du 15 février modifiant l’attribution de certaines compétences prévues par les Codes de droit canonique de l’Église latine et des Églises orientales, le pape François établit que les ordinaires des Églises locales pourront intervenir dans la gestion des séminaires, la formation des prêtres, la rédaction des catéchismes et dans d’autres domaines sans avoir besoin de l’approbation du Vatican. Une «confirmation» du Saint-Siège suffira. Le but exposé dans l’introduction est de favoriser une «saine décentralisation» indiquée dans l’Exhortation apostolique Evangelii gaudium, n° 32, qui dynamise les décisions dans le domaine ecclésial sans pour autant compromettre la communion hiérarchique. Cela concerne par exemple la compétence des conférences épiscopales pour la publication de catéchismes sur leur territoire si elles le jugent opportun. Autre point saillant : le transfert du Saint-Siège à l’évêque diocésain de la faculté de créer un séminaire sur son territoire sans avoir à attendre l’approbation de Rome, mais simplement une confirmation.

Les évêques disposent de possibilités similaires en ce qui concerne la formation des prêtres (les évêques peuvent l’adapter «aux besoins pastoraux de chaque région ou province») et leur incardination. Les prêtres peuvent désormais être incardinés non seulement dans une Église particulière ou dans un Institut religieux, mais aussi dans une «association cléricale publique» reconnue par le Saint-Siège, afin d’éviter des «clercs acéphales et errants».

Le critère de décentralisation, mais aussi de «proximité», se reflète également dans l’allongement de 3 à 5 ans de la période d’«exclaustration», c’est-à-dire la possibilité qui autorise un religieux à vivre hors de son Institut pour des raisons graves.
Source : Vatican News

Vatican-Pékin : vers un rétablissement de relations diplomatiques ?

Le Saint-Siège serait-il en train de modifier sa stratégie diplomatique envers la Chine ? C’est la question que l’on peut se poser après deux nominations privant de leurs hauts responsables deux missions diplomatiques du Vatican qui traitent étroitement avec la Chine(1). Le 31 janvier, en effet, le Vatican a annoncé que Mgr Arnaldo Catalan, son représentant à Taïwan, était affecté au Rwanda comme nonce apostolique. Quelques jours plus tard, le 5 février, Mgr Javier Herrera Corona, chef de la mission d’étude du Saint-Siège à Hong Kong, a été nommé nonce apostolique en République du Congo et au Gabon.

Depuis 1949, les relations diplomatiques entre le Saint-Siège et Pékin ont connu des soubresauts liés à la révolution en Chine. Lorsque Mao Zedong prit le pouvoir, les relations furent rompues. L’inter-nonciature apostolique se réfugia en 1951 à Hong Kong (alors protectorat britannique), puis, en 1952, à Taïwan. En 1966, elle fut élevée au rang de nonciature et prit le nom officiel de «nonciature apostolique de la République de Chine» (nom officiel de Taïwan).

En 1971, les Nations unies décidèrent de remplacer les représentants de Taïwan par ceux de la République populaire de Chine. Dès lors, le Saint-Siège n’a plus nommé de nonces à Taipei. La nonciature a toujours été dirigée par un chargé d’affaires (un échelon inférieur au nonce). La diplomatie vaticane observe également la Chine depuis une « mission d’étude » basée à Hong Kong, liée à la nonciature aux Philippines. Par conséquent, le départ de Mgrs Catalan et Herrera Corona semblaient suggérer que des changements se préparaient tant dans les relations Vatican-Taipei que dans celles Vatican-Pékin. Si le Saint-Siège devait établir des liens diplomatiques avec Pékin, il devrait d’abord désavouer Taïwan, qui, pour la République populaire de Chine, n’est qu’une province rebelle(2).

Selon certains observateurs, les récentes nominations seraient tout simplement liées aux mouvements normaux dans le personnel diplomatique : Mgr Catalan et Mgr Herrera Corona attendaient une promotion, et leur nomination quasi simultanée comme nonces apostoliques est une simple coïncidence. De plus, la Chine n’aurait aucun intérêt à avoir des relations diplomatiques avec le Saint-Siège ou à ce que le Vatican rompe ses liens avec Taïwan. En effet, explique-t-on, bien que la Chine soit très dure en public avec Taïwan, il y a beaucoup d’échanges commerciaux entre Taipei et Pékin. Environ un million de Taïwanais se déplacent vers la Chine continentale pour travailler et reviennent ensuite à Taïwan. Si le Saint-Siège rompait ses relations avec Taïwan, la Chine serait obligée de donner une suite aux menaces contre Taïwan, ce qui mettrait également en danger ses partenariats commerciaux.

Par ailleurs, la priorité des pourparlers entre le Vatican et Pékin est de renégocier l’accord sur la nomination des évêques conclu pour la première fois en 2018, puis renouvelé pour deux ans en 2020 à titre expérimental. Après cela, la Chine et le Saint-Siège devront décider de confirmer l’accord, de le modifier ou de l’abandonner. Depuis la signature de l’accord, cinq évêques ont été nommés par le Saint-Siège avec l’approbation de Rome et de Pékin. Mais les noms des nouveaux évêques n’ont pas encore été inclus dans l’Annuaire pontifical, bien que le bulletin du bureau de presse du Saint-Siège publie les nécrologies des évêques chinois.

Selon l’Annuaire pontifical, la Chine est divisée en 150 archidiocèses, diocèses et préfectures apostoliques répartis sur 20 provinces ecclésiastiques. Une organisation qui date de 1950 car, depuis la prise du pouvoir par Mao Zedong, les annuaires pontificaux n’ont pas été mis à jour. Les diocèses chinois étaient considérés comme vacants, sauf ceux de Macao et de Hong Kong, qui se trouvaient dans des situations politiques différentes. Du côté des autorités chinoises, la division des diocèses est différente. Dans une interview accordée le 20 mars 2021 à Radio Hong Kong, Mgr Fang Jianping, évêque de Hebei et vice-président de la conférence épiscopale chinoise, a indiqué que la Chine compte 97 diocèses et que 40 d’entre eux sont actuellement sans évêque. Il a donc appelé les diocèses du pays à saisir l’occasion et à ordonner des évêques avant l’expiration de l’accord.

Taïwan saisit toutes les occasions de démontrer sa proximité avec le Saint-Siège. Son nouveau slogan est «Taïwan l’ami Fratelli tutti», en référence à l’encyclique du pape François. Ces dernières années, l’ambassade de Taïwan auprès du Saint-Siège s’est particulièrement engagée à soutenir les institutions du Saint-Siège et l’Église catholique par le biais de l’aide humanitaire. Le Saint-Siège a également envoyé de nombreux signaux indirects de proximité avec Taïwan. Le 5 octobre 2017, lors d’une conférence organisée à l’Université pontificale Urbaniana pour célébrer les 75 ans de relations diplomatiques entre le Saint-Siège et Taïwan, Mgr Paul Gallagher, secrétaire de la Secrétairerie d’État pour les relations avec les États a déclaré à l’ambassadeur Matthew Lee que «le Saint-Siège continuera à être votre compagnon engagé dans la famille des peuples, en soutenant chaque initiative qui contribue au dialogue, promeut une véritable culture de la rencontre et construit des ponts de fraternité et de paix pour le bien de tous.»

Dans l’état actuel des choses, ce sont de nouvelles nominations pour la nonciature à Taipei et la mission d’étude à Hong Kong, ainsi que d’éventuels signaux d’un prochain renouvellement de l’accord entre la Chine et le Saint-Siège sur la nomination des évêques qui permettront d’y voir plus clair sur l’évolution des relations diplomatiques entre le Vatican et Pékin.

(1) La diplomatie vaticane observe également la Chine depuis une mission d’étude basée à Hong Kong, liée à la nonciature aux Philippines.
(2) Le Saint-Siège est l’un des 14 États seulement qui reconnaissent encore Taïwan.
Source : National Catholic Register

Vatican : un symposium sur la théologie du sacerdoce

Le 17 février a été donné par le pape le coup d’envoi d’un symposium international de trois jours sur le thème «Pour une théologie fondamentale du sacerdoce», organisé par le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation des évêques et par le Centre de recherche et d’anthropologie des vocations, créé en novembre 2020 et présidé par le cardinal Marc Ouellet, et financé notamment par les Chevaliers de Colomb et la revue française Communio. Il réunit 500 personnes, dont plusieurs dizaines d’évêques (une douzaine pour la France). Son objectif principal est d’approfondir la relation entre le sacerdoce fondamental des baptisés et le sacerdoce ministériel. Chaque demi-journée est présidée par un préfet de la Curie romaine, à savoir le secrétaire d’État Pietro Parolin, le préfet de la Congrégation pour le culte divin Arthur Roche, et le prélat chargé de la Congrégation pour le clergé, Mgr Lazarus You Heung-sik. Sa conclusion, sous forme d’un «envoi en mission» a été confiée au cardinal Luis Antonio Tagle, préfet de la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples.

Le sujet est brûlant, un peu plus de deux ans après le synode sur l’Amazonie et dans le contexte de la Voie synodale allemande, qui promeut une remise en cause radicale de certains points de la discipline et de la doctrine de l’Église, tout comme l’ont fait les cardinaux Marx et Hollerich dans leurs déclarations en faveur de l’ordination d’hommes mariés. Mais aussi alors que le Synode sur l’avenir de l’Église a démarré depuis octobre 2021.

«Notre propos n’est pas de répondre immédiatement aux questions les plus médiatiques, comme l’ordination des hommes mariés. Il faut aujourd’hui réfléchir à frais nouveau sur la manière dont s’articulent le sacerdoce des prêtres et celui de tous les baptisés», explique le Père Vincent Siret, supérieur du séminaire français de Rome et membre du comité scientifique qui a préparé ce colloque. «Le pape lui-même est conscient que nous sommes dans une période où il faut mettre les choses à plat en ce qui concerne la place du prêtre dans l’Église et dans la société, ses rapports avec les laïcs, avec le pouvoir», poursuit-il.

Interrogé par Radio Vatican, le cardinal Ouellet a déclaré : «Dans la culture catholique, quand l’on parle de sacerdoce, nous pensons aux prêtres, aux ministères ordonnés, alors que le Concile a rétabli un équilibre entre le sacerdoce des fidèles et le sacerdoce ministériel. Et l’on a besoin d’approfondir ce lien, afin de mieux penser la communion des vocations dans l’Église, mais aussi la complémentarité des états de vie et ainsi de répondre d’une façon plus ample et plus profonde aux problèmes actuels de la vie sacerdotale.» Interrogé sur la question des abus et du cléricalisme, il a affirmé : «Ce sera certainement abordé, mais ce ne sera pas au centre de l’attention parce que les études qui ont été publiées jusqu’à maintenant, que ce soit en Allemagne, en France, en Australie ont traité de ces questions, nous ont donné des éléments sociologiques, historiques, culturels, mais le travail théologique est encore à faire. L’approfondissement des raisons et des causes d’un point de vue théologique et ecclésial est encore à faire, et cela déborde le cadre de ce symposium.»
Source : Vatican News

Activisme du lobby LGBT auprès de l’épiscopat de Malte

New Ways Ministry est une organisation américaine qui se présente comme catholique, mais que la Conférence des évêques catholiques des USA ne reconnaît pas comme telle en raison de son idéologie LGBT. Un article publié sur son site informe que des représentants d’organisations LGBTQ ont rencontré les dirigeants catholiques de Malte en janvier pour partager leurs expériences et discuter de l’avenir du ministère LGBTQ. Sa propagande figure sur le site du Synode des Évêques qui recense les contributions.

Allied Rainbow Community, Drachma LGBTI, Drachma Parents Group, LGBTI+ Gozo et le Malta LGBTIQ Rights Movement (MGRM) ont eu une «conversation positive et fluide» avec l’archevêque de Malte Mgr Charles Scicluna(1) et l’évêque auxiliaire Mgr Joseph Galea-Curmi. Le groupe a poursuivi : «Les représentants de ces organisations ont pu partager des aspects de leur vie ainsi que de leur travail. Ils ont parlé des défis qu’ils rencontrent mais aussi des changements positifs qu’ils ont constatés ces dernières années. L’une des choses dont ils ont parlé était la fierté [LGBT].» Les groupes ont décrit «le travail inestimable qu’ils mènent avec la communauté LGBTQ+ de Malte, le soutien qui est apporté, la sensibilisation qui est accrue et les droits pour lesquels ils ont travaillé». Ils ont également abordé la nécessité d’aider les catholiques LGBTQ à «se sentir plus à l’aise avec l’Église. Les évêques ont fait preuve d’une grande sensibilité aux besoins des catholiques LGBTIQ+ et se sont engagés à continuer à soutenir un espace accueillant pour tous. Cette rencontre de deux heures qui s’est tenue à la Curie de l’archevêque de Floriana a eu un sens profond de la synodalité qui a été clairement ressenti et exprimé par toutes les personnes présentes. Un militant a été tellement ému que la réunion a été décrite comme une expérience vraiment réconfortante et curative.»

Suite à la polémique due à cette contribution, le responsable de la communication du Synode a inséré un encart précisant que les opinions reportées sur le site ne sont pas endossées par le synode.

(1) Selon des rumeurs, Mgr Scicluna pourrait reprendre la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, où il est actuellement secrétaire adjoint.
Source : USCCB

Synode sur la synodalité : faut-il promouvoir New Ways Ministry ?

Quelques jours seulement après que le lien a été supprimé sur un site Web de ressources liées au synode, les organisateurs du Synode sur la synodalité de l’Église catholique ont rétabli un lien vers un groupe de défense «catholique» LGBTQ+ controversé. Le lien mène à une vidéo produite par New Ways Ministry, une organisation qui s’est heurtée à l’enseignement et à la direction de l’Église au fil des décennies, notamment pour sa promotion du mariage entre personnes du même sexe et pour sa critique de l’appel de l’Église aux personnes attirées par le même sexe à vivre dans le célibat. En 2010, en effet, le cardinal Francis George, alors président de l’USCCB, a déclaré que New Ways Ministry «ne peut pas parler au nom des fidèles catholiques des États-Unis». En 1999, les fondateurs de l’organisation avaient déjà été interdits de travail pastoral avec les personnes homosexuelles par la Congrégation pour la doctrine de la foi en raison d’une promotion d’«ambiguïtés et d’erreurs» et d’un refus d’adhérer à l’enseignement de l’Église sur la sexualité humaine.

Selon le responsable de la communication au Secrétariat général du Synode des évêques, M. Bonaventura, le lien a d’abord été retiré après qu’il a été porté à l’attention du Secrétariat général que New Ways Ministry n’est pas reconnu par l’épiscopat américain comme une organisation catholique approuvée. Mais la vidéo a été rétablie après un tollé considérable de la part des médias progressistes et de personnalités telles que le père jésuite James Martin, qui a laissé entendre que le retrait d’une vidéo d’une organisation problématique revenait à empêcher les voix des personnes attirées par le même sexe et s’identifiant comme transgenres de participer à la consultation du Synode.

Le 12 décembre, M. Bonaventura a publié une lettre qui accompagnait le rétablissement des documents, déclarant : «J’estime devoir présenter mes excuses à toutes les personnes LGBTQ et aux membres de New Ways Ministry pour la douleur causée. La restauration de la vidéo démontre la ferme volonté – non seulement la mienne mais aussi celle de tout le secrétariat général du synode – de ne pas exclure ceux qui souhaitent mener à bien ce processus synodal avec un cœur sincère et un esprit de dialogue et de réel discernement.»

Les organisateurs du Synode pourraient saisir cette occasion pour promouvoir les groupes et les voix catholiques qui s’occupent des personnes LGBTQ d’une manière cohérente avec l’enseignement de l’Église. Il existe en effet un nombre important d’auteurs chrétiens sur le sujet qui, s’ils ne sont pas d’accord sur tout, ont en commun un effort explicite, intentionnel et éprouvé pour explorer ces questions dans les limites de l’enseignement établi de l’Église, sans traiter ces enseignements comme des inconvénients désagréables pour lesquels il faut trouver des solutions de rechange, mais comme la Vérité révélée de ce que sont les êtres humains et donc la source pour vivre fructueusement et librement leur sexualité. New Ways Ministry montre constamment qu’elle n’a que peu ou pas de considération pour ce que l’Église enseigne. Elle semble avoir l’intention d’utiliser des stratégies médiatiques et des tactiques de lobbying pour faire avancer son programme, qui présente l’Église comme étant hostile aux personnes homosexuelles et promeut une version déformée de l’éthique et de l’anthropologie sexuelles.
Source : National Catholic register

Le cardinal Ricard nommé délégué pontifical pour les Foyers de Charité

Le cardinal Ricard

Par un décret du dicastère pour les Laïcs, la famille et la vie, signé de son préfet, le cardinal Kevin Farrell, le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque émérite de Bordeaux, a été nommé délégué pontifical pour l’association privée internationale de fidèles l’Œuvre des Foyers de Charité. Ont également été nommé vice-délégués pontificaux Mgr Michel Dubost, évêque émérite d’Évry-Corbeil-Essonnes, et M. Laurent Landete, membre du dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie – et qui accompagnait déjà les Foyers depuis plusieurs mois –, afin de «seconder le délégué, et avec faculté d’agir, ensemble ou séparément, au nom du délégué», selon les termes du décret.

Le délégué pontifical a pour «mission de gouverner l’association, de manière temporaire, avec pleins pouvoirs de gouvernement». Il «accompagnera les membres de l’association dans une relecture du charisme et une clarification de l’ecclésiologie qui sous-tend la vocation des Foyers, ainsi que dans une conséquente réforme de la vie, de la formation et du gouvernement de l’association au niveau statutaire».

Dans un courrier adressé le jeudi 10 février aux membres de l’Œuvre des Foyers de Charité, le Père Moïse Ndione, qui assurait la mission de Père Modérateur de l’Œuvre depuis 2016, indique que le Conseil International et lui-même déposent leurs missions de modérateur et de conseillers. Il exprime sa reconnaissance envers M. Laurent Landete, qui accompagnait déjà les Foyers depuis plusieurs mois et «qui a pu accélérer le processus». Il souligne qu’un «travail pour un nouvel élan pour les Foyers se met en place» et redit toute sa «confiance filiale envers l’Église notre mère». Le père Moïse Ndione ajoute qu’il «ne doute pas un instant que cet accompagnement renforcé de l’Église nous permettra de faire rayonner notre charisme en le précisant avec l’Église et pour le monde».

Ces nominations marquent donc une nouvelle étape dans la réorganisation de la gouvernance des Foyers de charité, en cours depuis plusieurs années au niveau international et local, sur fond de révélation d’abus. Rendues publiques en mai 2020, les conclusions d’une enquête indépendante décidée en interne ont en effet mis au jour des agissements déviants de la part du père Georges Finet, qui avait accompagné Marthe Robin dans la fondation des Foyers de charité.
Source : Vatican News

Les Américains n’ont pas voulu croire Pie XII

Le Pape Pie XII (1939-1958) a personnellement sauvé au moins 15 000 juifs et a su très tôt ce qu’était la Shoah. L’historien allemand Michael Feldkamp, archiviste en chef du Bundestag, peut maintenant le prouver grâce aux découvertes faites dans les archives du Vatican. Selon lui, Pie XII a envoyé un rapport sur la Shoah aux Américains dès mars 1942, mais les Américains ne l’ont pas cru. Voici les propos qu’il a tenus à ce sujet dans Vatican News :

«Ce qui est nouveau maintenant, et ce que nous avons toujours su jusqu’à présent, c’est qu’Eugenio Pacelli, c’est-à-dire Pie XII, était au courant de l’Holocauste très tôt. En ce qui concerne l’extermination systématique des juifs d’Europe, Pie XII a envoyé un message au président américain Roosevelt en mars 1942 – deux mois après la conférence de Wannsee. Il l’a averti que quelque chose se passait en Europe dans les zones de guerre. Ces messages n’ont pas été considérés comme crédibles par les Américains. Nous savons aujourd’hui […] que Pie XII était confronté à la persécution des juifs presque quotidiennement. Tous les rapports lui ont été présentés et il a créé son propre bureau au sein de la deuxième section de la Secrétairerie d’État, où le personnel doit s’occuper exclusivement de ces questions. […] Pendant la Seconde Guerre mondiale, ses dirigeants étaient en contact très étroit avec Pie XII, lui rendant compte quotidiennement des persécutions et des déportations de masse, ainsi que du sort individuel des personnes qui s’adressaient à eux. Et ce qui est passionnant aujourd’hui, c’est que nous pouvons estimer que Pie XII a personnellement sauvé environ 15 000 juifs grâce à ses propres efforts : ouverture de monastères, transformant les cloîtres afin que des personnes puissent y être cachées, etc. […] Le président des États-Unis ou ses collaborateurs du département d’État ont contacté Pie XII à plusieurs reprises pour obtenir des informations sur des cas individuels.

Le soutien du Pape Pacelli aux juifs est allé si loin que la Garde palatine papale, une sorte de garde du corps du Pape comme la Garde suisse d’aujourd’hui, a été impliquée dans des combats avec les Waffen-SS, avec des soldats de la Wehrmacht, pour cacher des juifs dans la basilique romaine de Sainte-Marie-Majeure. Maintenant, vous pouvez voir et prouver tout cela. Je suis reconnaissant que nous ayons ouvert ces archives au Vatican. De cette façon, nous pouvons maintenant corriger beaucoup de ces vagues suppositions ou même accusations.

Par-dessus tout, il y a l’accusation selon laquelle Pie XII n’a rien fait et est resté silencieux. Le problème du silence est toujours là, bien sûr. Mais maintenant, on peut considérer que c’est raisonnable, étant donné qu’ici, il a conduit des gens à se cacher dans des opérations secrètes. À cette époque, il ne pouvait pas attirer davantage l’attention du public sur lui en organisant des manifestations ou en rédigeant des notes de protestation, mais pour détourner l’attention, il a mené des négociations avec l’ambassade d’Allemagne et la police italienne, voire avec Benito Mussolini et le ministre italien des Affaires étrangères, etc. Il a toujours essayé d’obtenir le plus possible par la négociation.»
Source : Vatican News

Italie : pas de référendum sur la décriminalisation du suicide assisté

En Italie, il n’y aura pas de référendum sur la décriminalisation du suicide assisté. La Cour constitutionnelle vient de rejeter la demande(1) en ce sens de l’Association Luca Coscioni, favorable au droit à mourir. La loi, qui stipule que quiconque ayant aidé une personne à se suicider encourt cinq à douze ans de prison, reste inchangée.

La Cour constitutionnelle italienne a jugé «inadmissible» une abrogation, même partielle, de la règle relative au suicide assisté, car ce serait contraire au principe de «protection minimale constitutionnellement nécessaire de la vie humaine en général, et en particulier des personnes faibles et vulnérables». En clair, si le «oui» l’emportait lors d’un vote, les normes qui resteraient en vigueur ne garantiraient pas de protection suffisante aux plus fragiles.

Les évêques italiens se sont félicités de cette décision, y voyant «une invitation très claire à ne jamais marginaliser l’engagement de la société, dans son ensemble, à offrir le soutien nécessaire pour surmonter ou atténuer une situation de souffrance ou de détresse».

De son côté, le chancelier de l’Académie pontificale pour la Vie voit dans la décision de la Cour «une sagesse juridique» soulignant la cohérence de cette prise de position défendant la vie humaine. «Malheureusement», poursuit le Père Renzo Pegoraro, le Parlement est maintenant appelé à se prononcer sur la question du suicide médicalement assisté par la Cour constitutionnelle «qui a déjà admis que certaines situations très définies et restreintes de suicide assisté peuvent être admises parce qu’elles ne sont plus un crime».

En 2019, la Cour constitutionnelle avait demandé au parlement de clarifier sa loi sur le suicide assisté, estimant que l’euthanasie était permise pour les malades incurables souffrant de douleurs physiques ou psychologiques «insupportables» et maintenus en vie par des machines. Ces patients doivent néanmoins être capables de prendre «des décisions libres et informées», selon la Cour. Quiconque n’entre pas dans cette catégorie n’a pas de recours légal pour le suicide assisté dans le pays.

(1) Elle avait récolté plus d’un 1,2 million de signatures, bien au-dessus des minimums requis pour exiger un vote populaire.
Source : Vatican News

Photos : Chabe01 ; moi / Wikimedia Commons

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