Prêtre entouré d'adolescents

Le rapport de la CIASE sur les abus sexuels dans l’Église comporte une lacune qui a échappé à de nombreux commentateurs : focalisé sur les victimes, il ne comporte aucune analyse approfondie concernant les abuseurs, préférant renvoyer à une causalité «systémique», ce qui ne permet pas de s’attaquer au fond du problème. C’est ce que met en évidence l’analyse de François de Lacoste-Lareymondie.

La Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (CIASE), présidée par Jean-Marc Sauvé, s’est délibérément placée du côté des victimes. Ce parti pris se justifie parfaitement : il fallait non seulement leur donner la parole, mais aussi tenter de mesurer l’ampleur des dégâts commis et ouvrir un chemin de réparation. Ce premier objectif a été atteint : quoi qu’il en soit des autres aspects du rapport, le scandale et les blessures causés à tous les enfants qui ont été victimes d’abus sexuels sont insupportables.

Ils le sont plus encore lorsqu’ils ont été causés par des prêtres. Mais là, il faut aussi s’interroger sur les abuseurs, et cette interrogation débouche immédiatement sur un paradoxe : on se serait attendu à une analyse approfondie de leur population, de ses caractéristiques, de son évolution, et aussi de leurs motivations, et surtout des causes de leur comportement. Que trouve-t-on dans le rapport ? Une réponse globale, émise par un œil extérieur qui, à l’évidence, est assez éloigné d’une connaissance intime du monde sur lequel la Commission a entendu porter un jugement. Qui plus est, un jugement définitif renvoyant à un régime de causalité «systémique» articulé autour du patriarcat supposé de l’Église, de la verticalité de l’institution et de la confusion des pouvoirs.

Dans un article publié sur ce même site1 le 15 octobre dernier, Aline Lizotte mettait en lumière le caractère idéologique de la grille de lecture adopté par la CIASE. Une telle grille de lecture a un avantage : elle évite d’avoir à se poser des questions lourdes de conséquences sur les hommes eux-mêmes pour se défausser sur le «système», ce qui est beaucoup plus confortable. Mais elle a un inconvénient tout aussi majeur : elle passe à côté de la question-clé qui est celle des abuseurs eux-mêmes. Et surtout, elle ne permet pas de «nettoyer les écuries d’Augias», c’est-à-dire de s’attaquer au fond du problème.

Une inversion massive des proportions filles/garçons

Or, parmi les impensés de la CIASE, il y en a un qui a frappé immédiatement quelques journalistes lors de la conférence de presse de présentation, mais qui a été vite escamoté, alors qu’il me paraît massif. De quoi s’agit-il ? Si l’on en croit les estimations résultant de l’enquête réalisée en population générale par l’INSERM pour le compte de la CIASE2 en 2020 :

  • À l’échelle nationale et sur l’ensemble de la population âgée de plus de 18 ans, quels que soient l’auteur ou le milieu des abus commis, les filles constituent 71 % de la population des mineurs qui ont été abusés alors qu’ils avaient moins de 18 ans au moment du premier acte, et les garçons 29 %.
  • S’agissant des abus commis en dehors de la sphère ecclésiale, ces proportions montent respectivement à 76 % et 24 %.
  • Par contre, pour les abus commis par des membres du clergé, les proportions sont complètement inverses : les filles ne représentent plus que 20 %, et la proportion des garçons atteint le niveau impressionnant de 80 % des enfants abusés !
    Interrogé sur cette inversion étonnante des proportions, Jean-Marc Sauvé a esquivé : la Commission n’a pas approfondi la question.

Comportement étrange de la Commission, qui avait pourtant mandat de «faire la lumière» sur les violences sexuelles dans l’Église de France. Une telle inversion des proportions n’aurait-elle pas mérité que l’on s’arrêtât et que l’on s’interrogeât de façon approfondie pour ne pas passer à côté d’un fait – car il s’agit bien d’un fait – aussi majeur que perturbant ? Mais peut-être était-il trop perturbant…

Or le rapport de la CIASE comporte d’autres données chiffrées convergentes :

  • L’âge de la victime lors du premier abus : en population générale, il se répartit de façon assez homogène : 32 % avaient moins de 10 ans, 34 % entre 10 et 13 ans et 34 % entre 14 et 17 ans ; par contre, en milieu ecclésial, les enfants de 10 à 13 ans (essentiellement des garçons donc) représentent 55 % des victimes, et les deux autres tranches d’âge chacune un peu plus de 20 %3.
  • Ce pic de la préadolescence et du début de l’adolescence, concentré sur les jeunes garçons, apparaît encore plus nettement dans un tableau élaboré à partir des appels à témoignage : le nombre de garçons abusés double quand on passe de 9 à 10 ans, atteint un pic entre 11 et 12 ans (où il est près de trois fois supérieur à celui des filles), puis décroît régulièrement jusqu’à l’âge de 16 ans (où il passe en-dessous de celui des filles4).

Autre observation faite à partir des données relatives aux cadres dans lesquels ont eu lieu les abus, cadres que la CIASE, faisant sienne les analyses de l’INSERM, catégorise en «logiques» ou «classes» d’abus commis par des prêtres ou des religieux5 :

  • En milieu scolaire, qui fut le plus gros lieu d’abus jusque dans les années soixante, les garçons représentent 83% des victimes.
  • Dans les milieux «éducatifs» (mouvements de jeunesse, mouvements d’Église, etc.), le rapport est de 2/3 de garçons pour 1/3 de filles.
  • En milieu paroissial, donc mélangé par définition, les garçons représentent encore 58 % des victimes, et les filles 42 %, étant observé que les abus dans ce milieu ont diminué à partir des années 1970.
  • Ce n’est que dans le milieu familial et dans les autres contextes (eux-mêmes beaucoup moins pourvoyeurs d’abus, même s’ils ont émergé de façon visible au cours des deux dernières décennies), que les proportions se rééquilibrent.

Enfin, et ce n’est pas le moins intéressant, dans les (trop) brèves pages consacrées aux abuseurs6, on ne peut manquer de lire le passage suivant : «Dans près de la moitié des cas, les agresseurs sexuels de mineurs se déclarent homosexuels (plus de 80 % chez ceux qui agressent des victimes de sexe masculin) et dans un tiers des cas, ils se déclarent bisexuels (11 % chez ceux qui agressent des victimes de sexe masculin, contre 77 % chez ceux qui agressent des victimes mineures des deux sexes). Parmi les agresseurs de victimes mineures de sexe féminin, tous se déclarent hétérosexuels7».

Un impensé du rapport de la CIASE : la pédérastie

Que nous révèlent ces constats ? Que la question des abus sur mineurs de la part de prêtres ou de religieux semble directement liée à celle de l’homosexualité d’une partie du clergé.

Le rapport de la CIASE évacue le problème en un seul paragraphe (§ 0336, p. 153) en le noyant dans des formulations qui se révèlent comme autant de truismes ou de lapalissades. Il évoque «plusieurs interprétations» qui oscillent entre les «effets d’opportunité» dans les institutions non-mixtes, notamment scolaires, les effets psychologiques de «fixation du “choix d’objet” sur les pré-adolescents chez les clercs dont l’élaboration du désir sexuel se serait justement figé à cet âge de la vie», un effet «d’idéalisation de l’enfance et de rejet à l’égard des femmes» ; la toute dernière phrase entrouvrant la porte à la question d’une possibilité que «le renoncement (à la femme) soit rendu plus accessible par l’absence d’attirance hétérosexuelle, voire une asexualité». Et c’est tout !

On notera l’euphémisation complète de la question qui, dès lors, n’est pas traitée : il n’y a pas de réponse. D’ailleurs, si l’on se place du point de vue de la Commission, la réponse était inutile puisque la cause serait «systémique» et proviendrait des structures ecclésiales. Les données rapportées ci-dessus disent exactement le contraire !

Mais pour aborder cet aspect, il faut nécessairement s’inscrire à contrecourant des idées désormais dominantes dans nos sociétés occidentales, où l’homosexualité ne saurait être un problème puisqu’elle est devenue un mode «normal» d’expression de la sexualité8. Par conséquent, le soulever constitue aujourd’hui un interdit, voire une manifestation d’homophobie !

Or le comportement de la très grande majorité des prêtres et religieux abuseurs d’enfants relève ni plus ni moins de la pédérastie au sens propre du terme. Le lien direct avec l’homosexualité de l’adulte, n’en déplaise au conformisme bien-pensant et aux doctrines officielles en vigueur, est suffisamment établi pour que l’on doive s’y arrêter.

On sait que la pédérastie a ses «lettres de noblesse» : de la Grèce antique au Japon, en passant par la Renaissance et jusque dans la littérature française du XXe siècle (pour ne parler que d’elle9). Tout au long des siècles et dans la plupart des contextes culturels, la pédérastie a bénéficié d’une réelle complaisance, quand elle n’a pas été encouragée par certains adeptes de la libération des mœurs au cours des années soixante-dix10.

Quoi qu’on en dise aujourd’hui, notamment sous l’influence des mouvements homosexuels qui ont pris conscience qu’elle pouvait ériger un obstacle à leur acceptabilité sociale, la pédérastie constitue une forme particulière d’homosexualité masculine qui se fixe sur un objet précis, le garçon pré-pubère ou tout juste pubère11. On voudrait à présent la noyer dans la pédophilie – dont elle fait évidemment partie – sans s’interroger sur sa spécificité. C’est s’interdire d’en comprendre l’origine, de saisir les raisons de la complaisance dont elle a fait l’objet, et d’en traiter les manifestations et conséquences.

La question de l’homosexualité en milieu clérical

Maintenant que le problème des agressions sexuelles sur mineur a explosé à la face de l’Église, on doit l’aborder frontalement, car il est évident qu’il y a un lien direct entre la prévalence avérée de la pédérastie chez les prêtres et religieux abuseurs d’enfants, et l’existence d’une question homosexuelle dans ce même milieu. En offre une illustration saisissante l’affaire Mc Carrick : c’est parce qu’il s’est attaqué, exclusivement par des pratiques homosexuelles, non seulement à des séminaristes majeurs, mais aussi à des mineurs, qu’il a fini par être sanctionné très sévèrement au plan canonique puis appréhendé pénalement12.

À ma connaissance, il y a peu d’études sur le sujet. Je me contenterai d’en citer une, mais d’importance. Il s’agit d’un ouvrage publié en 2000 aux USA et en 2002 en France, écrit par Donald Cozzens, prêtre américain, théologien et docteur en psychologie, qui fut responsable de séminaire et qui s’est attelé à l’exploration des problèmes de pouvoir, d’identité, d’homosexualité et de pédophilie dans le clergé, livre qui a fait quelque bruit en son temps13. Sur la pédophilie, la conclusion de son étude recoupe complètement celle de la CIASE : «Nous avons découvert un facteur qui distingue les prêtres agresseurs des autres agresseurs sexuels d’enfants dans la population civile. Dans leur ensemble, ces derniers sont généralement des hommes mariés dont les victimes sont des filles… L’expérience de chacun de nous dans son diocèse a révélé qu’environ 90 % des prêtres agresseurs sexuels prenaient pour cible des garçons adolescents… Ils étaient plutôt des éphébophiles… Ce facteur était une variable constante… Les autorités de l’Église ont porté relativement peu d’attention à ce phénomène. Peut-être craint-on que cela n’attire l’attention sur le nombre disproportionné de prêtres homosexuels14

Il avait mis le doigt sur le point critique. Certes, son livre date d’il y a plus de vingt ans, mais les faits récents dont nous sommes les témoins suggèrent que le fond du problème n’a pas changé de nature. Que dit-il ? Qu’en fait, la proportion d’homosexuels dans le clergé est nettement plus élevée que dans la société civile, et que ce phénomène est gravement problématique. Je n’entrerai pas ici dans le détail de l’exposé qui lui permet d’aboutir à sa conclusion, sinon pour dire qu’il s’articule autour de cinq constats qui s’enchaînent et que je résume ici brièvement15 :

  • Pour un jeune homme pieux, peu porté sur la femme, l’entrée au séminaire a été, pendant longtemps, et reste sans doute encore aujourd’hui pour partie, une issue assez naturelle qui lui permet d’échapper à la question du mariage et au regard porté par l’entourage sur un homme qui reste célibataire.
  • Sans tomber dans les clichés, il s’agit souvent de jeunes hommes plus sensibles, plus cultivés, plus doués pour les études que la moyenne, et donc bien adaptés à la formation donnée dans les séminaires : ils sont donc généralement appréciés par leurs supérieurs, et plus tard par leurs fidèles qui leur reconnaissent souvent un vrai charisme.
  • Même si beaucoup d’entre eux gardent pour eux-mêmes le secret de leur tendance homosexuelle, la création de réseaux entre ces jeunes hommes est inévitable : ils se reconnaissent et ont besoin de nouer des amitiés avec d’autres hommes semblables à eux, partageant la même culture ; d’où la formation de groupes généralement fermés, tandis que les autres peuvent se sentir mal à l’aise et finissent souvent par s’exclure eux-mêmes.
  • Au moment de la grande crise sacerdotale des années soixante à quatre-vingt, la plupart des prêtres qui ont quitté le sacerdoce se sont mariés ; leur départ a donc contribué à accroître cette disproportion des homosexuels parmi ceux qui restaient.
  • Enfin, l’impact de ces groupes de culture homosexuelle sur les autres séminaristes et prêtres est souvent déstabilisant : «Les hommes hétérosexuels vivant dans un environnement majoritairement ou assez fortement homosexuel font habituellement l’expérience d’une déstabilisation chronique», qui a «de graves conséquences sur (la) vitalité spirituelle et (l’) équilibre émotionnel» ; s’ils ne s’excluent pas d’eux-mêmes et si, par imprudence ou pour soulager leur conscience, ils en viennent à dénoncer un groupe homosexuel qui serait trop entreprenant, ce sont eux qui, en général, sont écartés. De fait, le plus souvent de telles dénonciations ont été rejetées par une hiérarchie qui pouvait elle-même être impliquée.

Or les hommes à tendance homosexuelle peuvent être beaucoup plus facilement enclins, pour résorber leurs propres troubles affectifs, à glisser vers la pédérastie… Désormais, on le sait !

Aurions-nous de solides justifications pour affirmer que la France aurait été épargnée par ce qu’a décrit Donald Cozzens ? Je n’en vois pas, malgré les dénégations habituelles et convenues. Bien au contraire : nous avons tous des exemples en tête, en trop grand nombre, et jusqu’à des niveaux élevés de la hiérarchie. De tels exemples, nous en connaissons aussi, hélas !, dans la Curie romaine : ce n’est pas sans raison qu’on a fini par identifier un «lobby gay» assez puissant pour créer de sérieuses difficultés au Vatican. Même si un réel effort a été fait depuis au moins une douzaine d’années pour mieux «filtrer» les entrées au séminaire et s’assurer davantage de l’équilibre et de la «normalité» psycho-affective des candidats, il n’en reste pas moins que cet effort devra encore être poursuivi pendant de très nombreuses années pour porter des fruits. Là se trouve sans doute la véritable clé de compréhension et de traitement de la pédophilie dans le clergé.

Bien sûr, il faut le redire avec force, le pourcentage de prêtres ou religieux qui succombent à cette perversion de la pédérastie est très faible (2,5 % au pire, peut-être moins) et insister sur la fidélité de la très grande majorité des prêtres, quelles que soient leurs tendances, aux promesses de leur sacerdoce, une fidélité parfois héroïque dans la société permissive et anomique qui est la nôtre. Mais ce que nous voyons aujourd’hui montre que cette toute petite minorité peut être la source d’une crise majeure dans l’Église.

François de Lacoste-Lareymondie

Photo : Corinne Simon / CIRIC


1 – Aline Lizotte, «Pouvons-nous encore croire en l’Église catholique ?» ,publié sur le site de la SRP.

2 – Rapport de la CIASE, § 0331, p. 151 ; rapport INSERM-EHESS, dans les annexes numériques, tableau 56 p. 415. La question de la fiabilité de l’enquête en population générale a fait l’objet de plusieurs articles critiques dans divers médias ; ce n’est pas le lieu de s’y pencher, étant observé que ces critiques n’invalident pas le constat fait ici.

3 – Rapport annexe INSERM-EHESS, tableau 50, p. 389.

4 – Rapport de la CIASE, § 0335, p. 153 : «Distribution de l’âge au premier abus en fonction du sexe».

5 – Rapport de la CIASE, §§ 0352 à 0389, pp. 159 à 170.

6 – Première partie, chapitre IV, «Approche sociologique», section F «Typologie des agresseurs», §§ 0518 à 0561, pp. 205 à 215. Cette typologie a été établie à partir de l’examen de 35 dossiers judiciaires et d’une quarantaine d’entretiens avec des clercs abuseurs. Ces petits nombres imposent une certaine prudence dans les analyses que l’on peut en tirer, mais le fait ici relevé est suffisamment clair et dénué d’équivoque pour être pris en compte.

7 – Rapport de la CIASE, § 0546, p. 210.

8 – Question éminemment complexe que celle-là ! C’est dans les années soixante-dix, sous la pression des mouvements gays, que l’homosexualité a cessé d’être classée dans les désordres psychiques par les auteurs de manuels psychiatriques. Le signal a été donné lors de la sixième édition du DSM-II de l’American Psychiatric Association en 1973, avec la suppression de la rubrique correspondante remplacée par celle de «troubles de l’orientation sexuelle».

9 – Qu’on se contente d’évoquer ici André Gide, Henry de Montherlant (dont la pièce de théâtre emblématique La ville dont le prince est un enfant a été jouée jusque dans les années soixante, y compris dans les établissements scolaires tenus par les «bons pères»), Roger Peyrefitte, ou, tout récemment encore, Frédéric Mitterrand, dont la nomination comme ministre de la Culture par Nicolas Sarkozy avait fait scandale dans certains milieux et donné lieu à des justifications contournées et embarrassées, y compris par François Fillon, alors Premier ministre. On ne peut pas ignorer ce contexte de complaisance quand on se penche sur la façon dont la hiérarchie ecclésiale a traité (ou plutôt, n’a pas traité) les affaires qui lui étaient remontées.

10 – Parallèlement à la banalisation de l’homosexualité, pendant la même décennie, certains mouvements homosexuels prônant une totale libération sexuelle comme moyen de la révolution politique ont milité pour la dépénalisation des rapports avec les mineurs, en particulier entre hommes et garçons. D’autres cependant, plus soucieux d’acceptabilité sociale, ont inventé le mot «pédophilie» substitué à «pédérastie», qui avait une connotation trop péjorative. On remarquera que la construction avec le suffixe -philie (le mot grec philia se traduisant par amitié) lui donne une sorte de positivité implicite. La substitution sémantique a parfaitement réussi et a permis de déconnecter pédophilie et homosexualité dans l’esprit des gens, la pédérastie au sens propre du terme devenant alors un phénomène occulté faute d’identification. Les effets, eux, sont restés, mais la prise de conscience du désastre causé par les abus sur mineurs par le clergé en a probablement été retardée.

11 – Pour qui voudrait avoir une toute première approche de la question et trouver des références utiles, j’invite à consulter l’article «pédérastie» sur Wikipédia, qui dit l’essentiel.

12 – Ancien archevêque de Washington, il fut cardinal de 2001 à 2018. Accusé d’abus sexuels sur des séminaristes, d’abord majeurs (mais sans grand effet à ce titre), puis mineurs, il a été exclu du collège des cardinaux le 28 juillet 2018, puis exclu de l’épiscopat et renvoyé de l’état clérical par le pape François le 15 février 2019. Ce n’est qu’en juillet 2021 qu’il a été inculpé d’agression sexuelle sur un adolescent aux États-Unis.

13 – Donald Cozzens, Le nouveau visage des prêtres, publié en français en 2002 par les éditions Bayard.

14Op. cit. p. 216.

15 – C’est l’objet du chapitre 7 de l’ouvrage, pp. 171 à 193.

 

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