Bouton des brèves

Pape François : voyage en Grèce et à Chypre

Le pape François se rend du 2 au 6 décembre en Grèce et à Chypre : «Je me prépare à venir en pèlerin sur vos magnifiques terres, bénies par l’histoire, la culture et l’Évangile. Je viens avec joie, précisément au nom de l’Évangile, sur les traces des premiers grands missionnaires, en particulier les apôtres Paul et Barnabé», a-t-il déclaré. Au programme : Nicosie, Athènes et l’île grecque de Lesbos. Son voyage se terminera par un rassemblement de jeunes catholiques.

Chypre et la Grèce ont des populations majoritairement grecques orthodoxes. Environ 72 % des habitants de Chypre sont chrétiens et 25 % de la population est musulmane. Les Actes des Apôtres rapportent que saint Paul s’est arrêté à Chypre et a converti au christianisme le proconsul romain Sergius Paulus. L’apôtre a également prêché dans les rues d’Athènes.
Source : Vatican News

Vatican : un procès qui touche à la souveraineté du Saint-Siège

Drapeau du Vatican

Le procès des finances du Vatican (voir les articles de la SRP du 10 juin et du 2 octobre 2020) a débuté cet été. L’accusation compte 10 prévenus, avec de nombreuses charges contre eux, la plupart liées à la gestion de fonds au sein de la Secrétairerie d’État du Vatican, notamment à l’achat d’une propriété de luxe à Londres. Les enquêtes ont laissé de nombreuses questions en suspens, et le procès s’annonce long et difficile.

Le pape est intervenu avec force dans le processus : au cours de l’enquête, il a signé quatre rescrits qui ont suspendu certaines garanties judiciaires, dont le secret officiel, pour permettre la poursuite de l’enquête selon une procédure directement autorisée par le pape. Il a suspendu les obligations de déclaration à l’Autorité d’information financière, établie en 2013. Il a autorisé l’utilisation de tout outil d’interception nécessaire, permis l’utilisation de tout matériel saisi sans être opposé au secret et confirmé pour 60 jours supplémentaires les prérogatives spéciales données au Promoteur de Justice.

Ce procès touche à la nature même de la souveraineté du Saint-Siège, parce que tout a été fait en considérant la Cité du Vatican, avec ses juges, comme un système complet. Il s’agit de travailler pour la transparence et la justice en ne jetant pas à bas un système construit avec patience, qui sert précisément à maintenir l’identité internationale du Saint-Siège. C’est donc bien plus que le «procès Becciu».
Source : Catholic News Agency

Rapport Sauvé : les contestations se multiplient

Depuis la sortie du rapport Sauvé, le 5 octobre, la contestation se manifeste de divers côtés. Huit membres de l’Académie catholique (créée en 2009 en vue d’un dialogue entre intellectuels catholiques et d’une meilleure visibilité du christianisme dans le débat d’idées dans la société), dont son président, ont transmis au pape un texte très critique à l’égard de ce rapport. Il porte en grande partie sur le nombre estimé de victimes d’abus sexuels dans l’Église ainsi que sur la méthode d’extrapolation employée pour l’obtenir.

Analysant les chiffres et les aspects juridiques ou théologiques du rapport et récusant la responsabilité systémique de l’Église dans ces abus, le texte pointe «ses faiblesses méthodologiques, ses analyses parfois hasardeuses». Ses conclusions «ne peuvent être qu’indicatives pour guider l’action de l’Église et de ses fidèles […]. Certaines pourraient être ruineuses pour l’Église ; d’autres remettent en cause (sa) nature spirituelle et sacrée.»

La visite de Jean-Marc Sauvé et des membres de la CIASE au Vatican, annoncée pour le 9 décembre, a été reportée.
Sources : Le Figaro, La Croix

Déclaration de Mgr Michel Aupetit à Radio Notre-Dame

Suite à l’article du Point mettant en cause sa gouvernance et sa vie privée, l’archevêque de Paris fait cette déclaration sur Radio Notre Dame :

«Tout d’abord je suis profondément désolé du trouble grave des fidèles, qui ont subi tant de drames, depuis l’incendie de Notre-Dame, le Covid, le rapport de la Ciase, et qui se trouvent encore aujourd’hui confrontés à cet article du journal Le Point si virulent à mon égard. J’avoue que moi-même, j’ai subi un choc en le lisant, et je me suis demandé s’il y avait réellement autant de personnes qui souhaitaient mon départ. Le refuge dans la prière, sans laquelle je ne sais rien faire, et le soutien de très nombreux prêtres de Paris, de séminaristes, de fidèles, d’amis, m’ont réconforté et m’ont permis de tenir la barre ces derniers jours. Je les remercie du fond du cœur pour leur confiance et les témoignages d’affection qu’ils m’ont donnés.

«Sur les questions de gouvernance, ceux qui travaillent à mes côtés m’ont dit être choqués par les accusations de négligence relayés par l’article. Bien sûr, il est normal que les décisions à prendre quand on est responsable génèrent des frustrations et entretiennent des amertumes. Mais je ne les prends jamais seul, je suis entouré de nombreux conseils où sont présents des clercs, des diacres, des laïcs, et où j’ai souhaité que plus en plus de femmes participent pleinement parce que je sais l’irremplaçable apport de leur discernement. Mais il est vrai que lorsqu’une décision est prise en commun, il convient que je l’assume et que j’en revête la responsabilité, ce qui bien sûr concentre sur moi les possibles rancœurs.

«L’autre fait très troublant serait une révélation sur une relation intime que j’aurais eue comme prêtre il y a dix ans, révélée par un mail qui a été envoyé sur mon adresse, partagé avec ma secrétaire de l’époque. Ceux qui me connaissaient alors et qui partageaient mon quotidien pourraient certainement témoigner que je n’entretenais pas une double vie comme le suggère l’article. Je reconnais, comme je l’ai déjà dit, avoir mal géré la situation avec une personne qui s’est manifestée à de nombreuses reprises auprès de moi. Cette erreur, je l’ai confiée à mon accompagnateur spirituel, et l’autorité ecclésiastique a été mise au courant.

«Aujourd’hui, comme tous les jours, je remets ma vie dans les mains du Seigneur comme je l’ai fait la jour de mon ordination. J’ai dans le cœur cette phrase de Jésus quand, dans un acte d’amour suprême il a remis sa vie au Père pour sauver chacun de nous : “Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne.” Puisse-t-il me permettre de le servir chaque jour dans mes frères.»
Source : Radio Notre-Dame

«La révolution sexuelle a laissé derrière elle un profond sillage de destructions»

Hanna-Barbara Gerl-Falkovitz

La philosophe allemande Hanna-Barbara Gerl-Falkovitz est la lauréate de la onzième édition du Prix Ratzinger, institué pour encourager la recherche en théologie et dans tout autre domaine universitaire dans la suite des enseignements du pape Benoît XVI. Mme Gerl-Falkovitz est spécialiste de la philosophe catholique Édith Stein et du théologien Romano Guardini. Elle dirige actuellement l’Institut européen de philosophie et de religion à l’Université philosophique et théologique Benoît XVI à Heiligenkreuz (Autriche).

Interrogée sur le danger de l’idéologie du genre et sur Humanæ vitæ, elle a répondu : «(Cette idéologie) représente en un mot la désincarnation. Elle représente le mépris de son propre corps, de son langage, de son don divin. […] Il est évident que la révolution sexuelle a laissé derrière elle un profond sillage de destructions : relations brisées, liaisons courtes et peu fiables, pornographie, sexualité autoérotique et polymorphe, “production” d’enfants dans le ventre d’une autre femme, etc. L’encyclique parle des désirs physiques et psychiques naturels de l’homme et de la femme, de leur dialogue amoureux, de leur confiance en la vie ou, mieux, en Dieu, de leur désir d’enfant – sans techniques, sans pilules, sans manipulation. C’est peut-être un idéal, mais comment procéder dans ces sujets compliqués, sans idéal ? Même si beaucoup de gens pensent qu’ils ne peuvent pas suivre ce chemin, ils peuvent en comprendre la beauté.»

Pronom “iel” : dernier avatar du wokisme

Le pronom personnel «iel» (contraction de «il» et «elle»), qui entend désigner les personnes transsexuelles ou ne s’identifiant ni au «genre» masculin ni au «genre» féminin, vient d’être reconnu par la version en ligne du Robert. Dans Le Figaro, l’écrivain Jean-Marie Rouart s’insurge contre cette décision :

«Une langue comme l’appartenance à un pays, c’est un bien commun. Pour bénéficier de leur protection et des avantages qu’elles nous procurent, on accepte de se soumettre à leurs lois, à leurs règles, à leurs coutumes, parce que c’est la condition d’une entente collective. Cette soumission ne se fait pas sans une forme de sacrifice et de frustration. […] La volonté d’introduire le pronom factice “iel” comme le fait le dictionnaire Robert, n’est que la queue de comète de la pression exercée par les tenants de l’écriture inclusive. On aurait tort de prendre à la légère ces entorses folkloriques faites à notre langue, elles sont les symptômes d’un mal profond. On le sait depuis toujours, les langues contiennent des valeurs essentielles : elles ne sont pas seulement un moyen de communication. Et la langue française le prouve avec une particulière éloquence, elle qui exprime l’âme d’une nation, et les valeurs de liberté qui ont élevé son magistère esthétique et moral dans le monde entier. Le pronom “iel”, comme l’écriture inclusive, vise en répondant à des aspirations humanitaires certes compréhensibles, à des souffrances personnelles qui peuvent être légitimes comme toutes les souffrances, à imposer la loi du mouvement d’importation américaine “woke” dans tous les domaines : l’histoire, la société, les mœurs. Il veut agir bien évidemment sur les politiques. Et aujourd’hui sur la langue française par ce dernier avatar, “iel”. En détricotant maille après maille notre langue, on veut en expurger l’esprit et donc la réduire à une bouillie informe et illisible. Ce qui est en cause à travers ce pronom et toute la doctrine sectaire qu’il véhicule, ce n’est rien moins que la déconstruction de notre civilisation. […]»
Source : Le FigaroVox

Photo Gerl-Falkovitz : RPP-Institut / Wikimedia Commons

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