Chardons de la souffrance

Le 5 octobre, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (CIASE) rendra son rapport, après deux ans et demi d’enquête. Interrogé par Vatican News, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, a déclaré l’attendre avec impatience, mais a déjà pris connaissance de «chiffres effrayants». Au-delà de ces chiffres, des questions de fond se posent : qu’est-ce qu’un pédophile, et que s’est-il donc passé pour qu’on en arrive là ?

Au moins, on nous prévient. Mgr Éric de Moulins-Beaufort peut avoir lu, comme beaucoup d’évêques, certaines bribes du rapport de la CIASE puisque, selon le journal La Croix, il nous prévient que le document qui sortira le 5 octobre l’a confondu par les chiffres qu’il étale et écœuré par les actes qui y sont décrits. Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, a répondu à nos évêques en séjour à Rome pour leur visite ad limina que ce dévoilement entraînerait une très grande souffrance.

Après les articles du Boston Globe, les révélations de la presse australienne, le Report du Grand Jury de l’État de Pennsylvanie, les études faites en Allemagne, que nous reste-t-il donc à savoir ? La France a-t-elle atteint des sommets dans l’horreur ? L’Église de France, comme toute les grandes Églises de l’Occident, devrait-elle assumer ce que ni l’État, ni les systèmes éducatifs de nos gouvernements, ni les familles, n’ont jamais voulu prendre à leur compte : la responsabilité des crimes de pédophilie. Bien sûr, on sait depuis très longtemps qu’il y a des hommes qui masturbent les enfants ; bien sûr, on sait qu’il y a de l’inceste dans beaucoup de familles, mêmes chrétiennes. On le sait et on assume !

Jusqu’à maintenant, il n’était venu à personne, sauf aux anticléricaux de naissance, l’idée d’en accuser l’Église. Il y avait des pédophiles dans l’Église, comme il y a des voleurs, des assassins, des menteurs, des «faux frères», des traîtres, des calomniateurs, etc. Mais c’était «normal» ! L’Église, surtout la catholique, ne s’est jamais présentée comme une communauté de «saints». Le cardinal Robert Bellarmin (1542-1621) disait en son temps que l’Église de la terre est une communauté de pécheurs, et tous les péchés, des plus horribles jusqu’aux plus minimes, se trouvent en elle. L’Église de notre temps aurait-elle dépassé le seuil de la normalité du mal ? C’est à voir !

Cependant, maintenant, on tourne le dos. C’est l’Église, dit-on – la seule dans ce monde – qui engendre un système qui produit par la force de sa relation à la sexualité et par le mode de sa gouvernance le crime de pédophilie. Cette vision systémique, que l’on retrouve dans toutes ces commissions d’enquête, la Commission Sauvé y aurait-t-elle échappé ? Cette commission a été créée et financée par la Conférence épiscopale des évêques de France comme une commission d’enquête, et elle a fait son travail. On se retrouvera devant un nombre plus grand que l’on ne pensait – beaucoup plus grand – de prêtres et de religieux abuseurs, de manipulateurs de toutes sortes pour cacher leurs actes de mensonge, de séduction, de menaces.


Appartient-il à l’Église de dénoncer, en tant que telle, les actes, même crapuleux, de ses membres ?


Cependant, on trouvera aussi une accusation – cachée ou explicite – du «silence» de l’Église. Ce silence est qualifié de fausse miséricorde par les évêques eux-mêmes. Mais appartient-il à l’Église de dénoncer, en tant que telle, les actes, même crapuleux, de ses membres ? La réponse à cette question n’est pas aussi simple qu’elle le paraît. Je ne m’y attarde pas maintenant. La question est trop complexe et, comme le dit le pape François, le Français est le «roi des nuances» ! Cependant, on peut dès maintenant éveiller quelques pistes de réflexion.

L’évêque, tout comme le supérieur, ne confesse pas ses subordonnés ; ils ne sont pas liés comme le confesseur au respect sacré du for interne. Cependant, la relation du prêtre et du religieux à son évêque et à son supérieur ne se place dans un aucun genre social ; elle n’est pas celle de la famille ; elle n’est pas celle de l’amitié humaine ; elle n’est pas celle d’un employeur à l’égard de ses employés. Elle est essentiellement celle d’un pasteur. Elle en a l’autorité et la responsabilité, et ces éléments qui forment sa spécificité lui interdisent de traiter la personne qui lui est confiée comme le ferait une simple autorité légale et civile. L’autorité dont l’évêque est doté – et souvent celle du supérieur – relève du pouvoir de juridiction, et c’est à ce titre qu’il doit juger et s’enquérir de la «vérité» d’un fait. Car autre est le fait, autre est la vérité du fait.


S’il n’appartient pas à l’évêque de prononcer la culpabilité pénale d’un prévenu, il lui appartient de prendre le problème au sérieux.


Les déplacements de paroisse, les changements de mission ne sont pas des jugements sur la vérité d’un fait. C’est ce que reproche à bon escient le juge Yvonne Murphy lors de la conclusion d’une enquête demandée par l’évêque de Dublin1 sur les faits de pédérastie dans son diocèse. Le juge concluait, non pas en accusant l’Église de n’avoir pas dénoncé, mais en l’accusant de n’avoir pas utilisé les moyens qu’elle avait pour exercer l’autorité qui était la sienne et prononcer les sentences qu’elle pouvait poser. S’il n’appartient pas à l’évêque de prononcer la culpabilité pénale d’un prévenu, il lui appartient de prendre le problème au sérieux, de s’interroger et d’interroger sur la gravité du problème. Les chatouilles ne sont pas seulement un vague péché contre la pureté. On sait aujourd’hui que les abus sexuels peuvent détruire une vie et perpétuer une souffrance qui semble ne pas pouvoir s’effacer. Mais l’évêque des années 1980 pouvait-il vraiment faire ce qu’on lui reproche aujourd’hui de ne pas avoir fait2 ?

D’où vient cette éruption volcanique de la pédérastie ?

Mgr de Moulins-Beaufort se pose à lui-même une question : que s’est-il passé ; que nous est-il arrivé ? On peut faire crédit à l’archevêque de Reims d’une certaine naïveté sur l’existence du «péché contre la chair» et des fautes sexuelles. Comme tout prêtre, il a dû en entendre «des vertes et des pas mûres», et peut-être des pires que celles que nous révélera la Commission Sauvé. Il est né en 1962 et a été ordonné prêtre en 1991, à l’âge de 29 ans. Que sait-il de cette déferlante de pédérastie sur une grande partie du clergé occidental – il n’y a quand-même pas que la France qui soit atteinte –, dont le point de départ est l’Église américaine ? Éric de Moulins-Beaufort a été ordonné évêque en 2008, et il est devenu l’un des auxiliaires du cardinal André Vingt-Trois jusqu’à son départ en 2017. Un an après, il fut nommé archevêque de Reims. Cependant, la déferlante du scandale de la pédophile commença vraiment aux États-Unis avec les articles publiés dans le Boston Globe3 vers les années 2000, alors que les cas de pédophilie étaient en décroissance.

Au moment de la crise américaine, l’Église de France se sent en parfaite sécurité. Il n’y a, affirme Mgr Vingt-Trois, que douze prêtres en prison condamnés pour abus sexuel sur mineur. Mais le vent de la tempête approche. La déferlante publicitaire est provoquée par le Report du Grand Jury de l’État de Pennsylvanie. Ce rapport, publié le 14 août 2018, est foudroyant ; il accuse 300 prêtres d’avoir posé des actes d’abus sexuels sur des centaines de jeunes gens, garçons et filles, et, en contrepartie, il accuse les évêques de l’État de Pennsylvanie d’avoir pratiqué un cover-up généralisé sur ces prêtres. Aujourd’hui, en France, ce ne sont pas 300 prêtres que l’on accusera, mais plus de 4 000, et non pas quelques centaines d’enfants que l’on déclarera victimes, mais au-delà de 150 000. La période couverte est toujours la même : de 1955-1960 à 1990, et de 1990 à 2020.

Si vraiment le phénomène a diminué de beaucoup, une autre question demeure : qu’est-ce qui explique ce recul, si recul il y a ? La question «qu’est-ce qui nous est vraiment arrivé ?» est double. Les statistiques qui nous seront délivrées répondront-elles à la question ou nous projetteront-t-elles dans un effroi paralysant ?

Le mépris du corps


La pilule Pincus sacralisa le plus grand mépris du corps de la femme, et aussi celui du corps de l’homme.


1956 : la fameuse pilule demandée par Margaret Sanger à Gregory Pincus sort des laboratoires. Son approbation par la FDA4 la désigne comme «un médicament pour guérir les troubles de la fécondité». Cet énorme bluff de l’histoire scientifique a eu des répercussions fondamentales. Elle sacralisa le plus grand mépris du corps de la femme, et aussi celui du corps de l’homme. Mais d’où vient ce mépris, et quel est-il ? Il est loin de prendre sa source dans le cerveau de cette petite infirmière de Brooklyn élevée par une mère épuisée par une famille trop nombreuse de onze enfants. Ce mépris est devenu, depuis le début du XVIIe siècle, la trame et le fondement de notre façon de concevoir le «corps humain», qu’on l’adule comme on le fait aujourd’hui ou qu’on l’anéantisse comme au XVIIIe siècle.

Aubépine de la souffrance

D’où vient ce mépris ? L’auteur de ce mépris n’est nul autre que René Descartes (1596-1650). Son fameux principe, son principe premier (cogito ergo sum), suivi du principe de certitude («nos sens nous trompent») ont opéré dans notre connaissance de l’être humain une séparation redoutable. Le corps est devenu une «machine», dont l’étendue (espace) et le temps (nombre du mouvement) le réduit aux catégories de la quantité mathématique. Cette machine corporelle peut être mue par une âme unie au corps par ce petit nœud cartésien appelé «glande pinéale», concept qui a disparu rapidement pour donner à l’âme la fonction d’être la «cause motrice» et non la cause formelle du corps. À son tour, cette cause motrice a finalement disparu. L’être humain n’est devenu qu’une machine appliquant aux mécanismes organiques corporels les idées émergentes des projections d’un ego orgueilleusement libre, qui rejette toute autre autorité spirituelle que la sienne.

Celui qui est allé le plus loin dans cette vision, c’est bien Gilles Deleuze, qui ouvre son livre L’Anti-Œdipe par ces mots : «Ça fonctionne partout, tantôt sans arrêt, tantôt discontinu. Ça respire, ça chauffe, ça mange. Ça chie, ça baise. Quelle erreur d’avoir dit le ça. Partout ce sont des machines, pas du tout métaphoriquement : des machines de machines, avec leurs couplages, leurs connexions. Une machine-organe est branchée sur une machine-source : l’une émet un flux, que l’autre coupe. Le sein est une machine qui produit du lait, et la bouche, une machine couplée sur celle-là. La bouche de l’anorexique hésite entre une machine à manger, une machine anale, une machine à parler, une machine à respirer (crise d’asthme). C’est ainsi qu’on est tous bricoleurs5».

Considérer le corps humain comme une machine, c’est le mépriser. Cette nouvelle systémie élimine toute la vraie signification du corps et n’en fait qu’un «bien utile» soumis aux passions du désir d’un être complètement disloqué à l’égard de lui-même. Qu’on ne s’y trompe pas ! Cette nouvelle construction du corps humain comme une machine n’est pas uniquement l’invention des philosophes «modernes». Avec leur langage, ils n’en sont que les descripteurs. C’est elle qui a animé une bonne partie de nos «spiritualités» modernes depuis les grands spirituels du XVIe siècle, jusqu’à ce qu’elles meurent d’épuisement après l’hécatombe universelle apportée par la dernière guerre, l’une des plus meurtrières de notre Histoire occidentale.

Qu’a donc fait Descartes ? Si on laisse de côté pour le moment ses antécédents philosophiques, il faut se rendre compte du désastre qu’a apporté celui que l’on adule comme le maître du rationalisme. Il biffe, comme d’un coup de crayon, tout l’apport que l’on doit au corps. Il détruit toute la connaissance sensible, laquelle est réduite au mécanisme organique de la «perception». L’acte par lequel on connaît les propriétés sensibles des choses et celui par lequel on en crée une image, l’acte par lequel on se la rappelle et par lequel on juge sa convenance sont des actes du corps en tant qu’ils sont des actes de connaissance sensible. Ce sont des actes par lesquels on «devient autre en tant qu’autre», par lesquels on reçoit quelque chose d’autre que soi, et par lesquels on enrichit son propre être. Ils ne sont pas uniquement des mécanismes organiques. Si on leur dénie leur qualité d’actes de connaissance, c’est-à-dire l’apport d’une vérité sur les aspects perceptibles du réel, tout l’aspect cognitif et affectif du corps humain s’effondre. Ce ne sont plus des actes de connaissance. Donc ils ne forment pas l’expérience du réel à partir de laquelle on doit accéder à la vérité. Et cette vérité n’existe pas, on la remplace par la «théorie».


Descartes a détruit toute la connaissance sensible, laquelle est réduite au mécanisme organique de la «perception».


Qu’advient-il de ce pauvre corps ? Il n’est même plus un bien utile ; il devient une nuisance ; on recherche l’acte pur de la raison, celui qui serait dépouillé de tout appel à l’expérience sensible. Et l’on bâtit des «IDÉES», non pas une représentation du réel, lequel est jugé inconnaissable, mais un pur témoin de nos rationalisations. C’est ainsi qu’il nous est possible de «penser» le monde ou l’âme, ou Dieu ! Le corps «libéré» de l’âme se disperse dans la recherche de jouissances sensibles ou techniques, ou s’enfonce dans le mépris de lui-même. Ce sont les deux voies qui se sont ouvertes à l’homme moderne tout au long des XVIIIe, XIXe et XXe siècles.

Ce corps méprisé est aussi bien celui qui est livré à la seule jouissance du bien-être que celui qui est soupçonné d’être la source du mal moral. Dans le premier cas, on l’adule ; dans le second cas, on s’en méfie ; dans le premier cas, on crée une société hédoniste ; dans le second cas, on crée une société rigoriste, celle qui a précédé la première guerre. Et l’on n’arrive à rien !

Ce que je viens d’écrire demanderait beaucoup plus de développements. Mais j’écris un article, pas un livre ! Et j’en ai dit assez, sinon pour faire comprendre, du moins pour aider à réfléchir. Qu’est-ce réellement qu’un «pédophile» – pas seulement un abuseur circonstanciel – ? C’est le type même de l’homme déchiré. C’est celui qui découvre en lui-même l’entrecroisement des deux voies et qui est impuissant à choisir la «bonne». D’une part, selon la voie rationnelle, il est adulte, et souvent un adulte brillant. Son système de pensée et d’élocution est bien au point. Professeur, il est souvent brillant, et ses élèves l’adorent ; théologien, il parle comme un livre saint et avec conviction, et il croit à ce qu’il dit, il ne joue pas la comédie ; chirurgien, avocat, magistrat, il fait bien son métier. Socialement, il réussit sa carrière. C’est Preynat, Karadima, Duhamel et d’autres que les médias n’ont pas portés à notre attention. Mais le corps ne suit pas ! Il en est encore aux recherches primaires des tendresses de l’âge prépubère. Des recherches qui lui diraient, dans son corps, qu’il est aimé, qu’il a du prix, que ce qu’il fait vient de son propre être, que son propre corps est engagé, et pas uniquement les mécanismes de sa raison. Il ressent à la fois l’adulation de l’esprit et le mépris du corps, et il est incapable de recevoir l’un avec responsabilité et l’autre avec l’altruisme du service.

Dans son livre, Histoire du silence, Isabelle De Gaulmyn narre plusieurs faits intéressants, entre autres celui d’une vieille femme dont les deux fils ont été abusés par le Père Bernard Preynat. «Elle et son mari l’admiraient tant. Elle réfléchit un peu les yeux concentrés pour aller chercher au fond de sa mémoire les raisons d’une telle fascination. Il n’était pas vraiment sympathique. Plutôt autoritaire et froid. Mais il parlait tellement bien, il nous transmettait la foi. Il semblait l’avoir si grande. Et un tel charisme6». On se tromperait lourdement si l’on cédait à l’hypothèse facile de dire que les discours sur la foi n’étaient pour Preynat qu’un moyen d’apaiser, voire de tromper les familles, afin de s’accaparer des garçons pour les masturber et les violer. Preynat n’est pas le seul dont les médias nous ont révélé cette double existence : celle de la foi et celle du péché dans une même personne. N’est-ce pas la condition de chacun d’entre nous ? Et il est trop simpliste de penser que leur discours n’était qu’un masque pour voiler leurs turpitudes.

Voir la vérité de la souffrance des victimes d’une part, et, d’autre part, voir en même temps l’homme déchiré cause de cette souffrance n’est pas une chose facile. Et pourtant, il faudrait que nous y arrivions.

Le rapport de la Commission Sauvé nous dévoilera des faits que nous ne connaissons pas, des actes que nous ne pensions pas possibles de la part de prêtres et de religieux. Elle sanctionnera probablement l’Église de France pour son silence. Il faudra lire cela attentivement et maîtriser nos émotions. Est-ce que cela apportera la solution au grave problème de la pédophilie ? Je ne le pense pas. Ce problème se situe dans une tout autre sphère que celle des statistiques. Mais c’est toujours un premier pas, et ce premier pas devait être fait. Quant à atteindre la vérité des faits, c’est tout autre chose. Que s’est-il donc passé ?

Aline Lizotte

 


1 – Le 26 novembre 2009 est publié par le Gouvernement irlandais une enquête sur la région de Dublin. Les plaintes d’environ 450 victimes d’abus sexuels impliquant 152 prêtres de la région de Dublin ont été étudiées. Ce rapport est l’œuvre de la juge Yvonne Murphy, qui travaille depuis 2006 sur les abus sexuels commis par des prêtres dans le seul diocèse de Dublin, pour la période allant de 1975 à 2004. Il contient une vingtaine de monographies de prêtres déjà accusés d’agression sur mineur. Ces monographies sont bien faites et montrent l’étendue du problème auquel l’épiscopat irlandais aurait dû faire face, ce qu’il n’a pas pu ou n’a pas su faire dans les années antérieures à 2000.

2 – Voir le Motu proprio du pape François, Vos estis lux mundi, donné à Rome le 7 mai 2019, sur le devoir et la charge des évêques face aux abus sexuels.

3 – En 2000, les articles du Boston Globe (plus de 200) accusèrent les autorités du diocèse de Boston de négligence envers les prêtres pédophiles et d’indifférence envers les victimes d’abus sexuel. Le scandale s’amplifia et, en 2001, le cardinal Law reconnut publiquement qu’il avait reçu une lettre qui portait plainte contre un prêtre, le Père Johnny Geoganh, pour abus sexuel. Il l’avait alors changé de paroisse. Cet aveu s’accompagnait d’excuses envers les victimes. Cependant, l’aveu déclencha une avalanche de protestations telle que, finalement, Jean-Paul II accepta la démission du cardinal Law, dont la situation était devenue ingérable dans son propre diocèse. Déjà, il avait dû régler les amendes judiciaires des 86 victimes de Geaganh, ce qui coûta 10 millions de dollars US à l’archevêché. Son successeur, le cardinal O’Malley, finit le travail en indemnisant 552 victimes pour la jolie somme de 85 millions de dollars.

4Federal Drugs Administration, le puissant organisme américain qui donne son accord à la vente d’un nouveau médicament.

5 – Gilles Deleuze, L’Anti-Œdipe, Minuit, Édition du Kindle, emplacement 40.

6 – Isabelle de Gaulmyn, Histoire d’un silence, Seuil, 2016, p. 74.

 

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