Le chemin de l'amitié

Qui ne connaît cette phrase par laquelle Montaigne s’efforce de définir dans ses Essais1 l’amitié qui le lia à Étienne de La Boétie de 1558 à 1563, avant que ne meure cet ami auquel il s’était profondément attaché ? Les réflexions profondes sur l’amitié sont rares. Peut-être est-ce parce qu’il y a peu de vrais amis, ou parce que la véritable amitié s’enveloppe de pudeur et de discrétion. Et peut-être aussi parce qu’aujourd’hui, l’amitié entre hommes ou entre femmes risque d’être confondue avec les unions dites «amoureuses» de personnes de même sexe2. Mais savons-nous ce qu’est l’amitié ?

Mis à part certains livres très connus, comme Les grandes amitiés3 de Raïssa Maritain, comme le traité théologique d’Aelred de Rievaulx sur l’amitié spirituelle4 ou le récit de Wanda Póltawska Journal d’une amitié : La famille Poltawski et Karol Wojtyla5, les œuvres qui traitent de l’amitié n’abondent pas. Il y a cependant l’étude très complète d’Aristote, dans son traité Éthique à Nicomaque, les livres VIII et IX6, de même que quelques passages de son traité Éthique à Eudème. Ces traités étant denses et très riches, c’est d’eux que nous tirerons les quelques réflexions qui forment ce premier article de la rentrée, en utilisant les commentaires faits par saint Thomas d’Aquin.

Amitié et vertu

Aristote ouvre son traité en écrivant : «L’amitié est en effet une certaine vertu, ou ne va pas sans vertu ; de plus, elle est ce qui est le plus nécessaire pour vivre7». À première vue, cette phrase est paradoxale. Elle ouvre un traité où il sera dit «qu’on ne peut être ami pour plusieurs personnes dans l’amitié parfaite» (1158 a11), «peut-être parce qu’il n’est pas facile de trouver un grand nombre de gens bien» (1158 a14). Si l’amitié est ce qui est nécessaire pour vivre, et que trouver et pratiquer cette amitié parfaite – celle qui est fondée sur la vertu – est difficile, pouvons-nous en conclure que la majorité des hommes vivent mal parce qu’ils n’ont pas trouvé ce qu’ils recherchent ou parce qu’ils se sont contentés d’amitiés fausses et frelatées ? Peut-être…

Mais que vient faire la vertu dans cette définition de l’amitié ? Pour beaucoup, la vertu est quelque chose de triste, de ringard. On assimile la vie vertueuse à une vie restreinte, d’où sont bannis le plaisir, la joie, la fête. C’est dans cette atmosphère que vivent deux femmes près de leur père dans ce film bien connu, Le festin de Babette8, jusqu’à l’arrivée de Babette qui, avec son dîner magnifique, réveille une sorte d’amitié entre les vieux d’un village du Danemark. Mais le festin ne pèche pas par excès de vertu !

Pour Aristote, la vertu n’a rien à voir avec la tristesse. Elle est cette capacité acquise de bien agir, parce qu’elle permet un agir bon et ainsi parce qu’elle rend les hommes bons. Pour Aristote, l’amitié n’est vraiment possible qu’entre des gens qui sont bons, c’est-à-dire entre des gens qui aiment le bien et qui y tendent. L’amitié n’est pas possible entre des «méchants» qui cherchent le mal et qui le pratiquent.


Livre de saint Bernard

Mon frère bien-aimé […], je voudrais tant savoir ce que tu penses maintenant de moi, ton seul ami, qui trébuche parmi les soucis et les peines, privé de toi qui étais le bâton où s’appuyaient mes pas chancelants (… ) Si Dieu est impassible, il n’est pas dénué de compassion, puisque rien ne lui est plus propre que d’avoir pitié et de pardonner. Il faut donc que soient miséricordieux ceux qui sont unis au Dieu de miséricorde, même s’ils sont eux-mêmes au-delà de toute misère : délivrés de la souffrance, ils y compatissent. Leur sensibilité n’est pas diminuée, elle est transfigurée : en se revêtant de Dieu, ils n’ont pas dépouillé toute affection pour nous. Libérés de la faiblesse, ils ne le sont pas de la pitié. Car la charité ne périt jamais.
Saint Bernard de Clairvaux, Homélie prononcée sur la mort de son frère Gérard.


Aristote distingue trois sortes d’amitiés : l’amitié utile, l’amitié de bienveillance et l’amitié selon la vertu.

L’amitié utile

Nous pratiquons de façon courante l’amitié utile. Nous préférons tel boucher à tel autre, tel coiffeur à tel autre. Nous disons avoir un bon boucher, un bon coiffeur, un bon médecin, un bon dentiste… et même un bon curé. Toutes ces personnes nous rendent des services, et il est utile qu’elles nous les rendent comme nous le voulons.

Aristote ne méprise pas l’amitié utile. Il la décrit en ces termes : «ceux dont l’amitié réciproque a pour source l’utilité ne s’aiment pas l’un l’autre pour eux-mêmes, mais en tant qu’il y a quelque bien qu’ils retirent l’un de l’autre» (1156 a10).

Souvent, nous appelons «amis» un certain nombre de personnes pour les «services» qu’elles nous rendent humainement, et même spirituellement. Elles nous remontent le moral, elles nous donnent du courage, elles partagent nos points de vue, elles sont complices de nos détresses et de nos faiblesses, elles écoutent avec patience nos plaintes. Elles ont des idées géniales ! Elles font une œuvre magnifique dont nous profitons. Nous les aimons pour tout ce qu’elles nous donnent. Et, hélas !, nous les admirons, sans les aimer vraiment. Elles nous sont utiles (Χρησιμως) psychologiquement, intellectuellement, moralement et spirituellement !

L’amitié de bienveillance

Cette amitié est celle que nous pratiquons de façon habituelle, quand nous disons «avoir des amis». Cette amitié, dit encore Aristote, recherche le plaisir et la joie, c’est-à-dire les émotions ou les sentiments – les passions – qui nous procurent une dilatation du cœur et une satisfaction de l’esprit. Nous nous comprenons bien, les mots ont le même sens pour l’un et pour l’autre ; nous avons les mêmes valeurs, aimons les mêmes biens, partageons les mêmes exaltations et les mêmes tristesses. Nous vivons les mêmes angoisses et les mêmes colères, et nous ressentons les mêmes haines ; nous sommes animés des mêmes désirs et subissons les mêmes fuites. Bref, nous sommes unis par la même vie passionnelle et sentimentale, et souvent, inconsciemment, nous en faisons le fondement de l’amitié. Aristote le décrit très bien quand il écrit : «Ceux dont l’amitié est fondée sur le plaisir et l’agrément et non sur la personne elle-même, mais sur elle en tant qu’elle est agréable, aiment d’une amitié accidentelle, car ce n’est pas en tant qu’elle est essentiellement ce qu’elle est que la personne est aimée, mais en tant qu’elle procure quelque bien ou quelque plaisir ou joie selon le cas» (1156 a17).

Il faut ici faire attention aux deux mots qu’emploie Aristote : «agréable» (ηδυς) et «accidentel» (συμβεβηκος, fragile). Il analyse avec justesse : «…les amitiés de ce genre sont par suite fragiles, dès que les deux amis ne demeurent pas pareils à ce qu’ils étaient : s’ils ne sont plus agréables ou utiles l’un à l’autre, ils cessent d’être amis. Or l’utilité n’est pas une chose durable, mais elle varie suivant les époques. Aussi, quand la cause qui faisait l’amitié a disparu, l’amitié elle-même est-elle rompue, attendu que l’amitié n’existe qu’en vue de la fin en question» (1156 a18-19).

Si l’on cerne bien ce qu’est l’amitié agréable, on se rend vite compte qu’elle apporte ce qui est recherché dans les relations humaines : l’affection faite de tendresse, de douceur, de consolation. La douceur, la tendresse et la consolation «affectent» considérablement les relations personnelles et permettent de surmonter ce que l’amitié utile a de rigueur et de dureté, tout en gardant quelque chose de l’amitié : le choix préféré d’une personne. Le choix préféré accompagné de toutes les qualités qui rendent la relation agréable et même recherchée semble mettre un sceau d’exclusivité sur la relation et entraîne à faire croire qu’elle durera toute la vie ! Mais les personnes humaines changent ! Et ce qui était doux devient rude, ce qui était tendre devient dur, ce qui était consolation devient accusation. Ce que l’on avait coutume de trouver chez l’autre disparaît, et cette même personne – l’ami – disparaît. Apparaissent les défauts réels ou soulignés, les déceptions, les dissensions, les ruptures. L’amitié s’efface, elle est remplacée par le reproche, la critique, voire la haine, la colère ou la tristesse ! Et la rupture s’avance avec tout son cortège, de part et d’autre, de blessures, de souffrances et d’accusations.

On connaît Électre, la pièce de théâtre de Jean Giraudoux. Après un bon nombre de subtilités, celui-ci montre que la haine féroce d’Électre contre sa mère Clytemnestre est l’énergie qui amène Oreste, son frère, à venger la mort de leur père Agamemnon. En effet, Agamemnon a été tué par Égisthe, l’amant de Clytemnestre. D’où la haine d’Électre contre sa mère. Pour délivrer sa sœur de sa haine, Oreste s’engage dans la défense d’une ville grecque, où il trouve la mort. Agamemnon est vengé, Électre se réfugie dans sa justice. Alors que la ville meurt, elle répète : «J’ai Oreste, j’ai ma conscience, j’ai tout».

Une question apparaît. Elle est énoncée par un personnage insignifiant, la «femme Narsès» :

La femme Narsès. — Je ne saisis jamais bien vite. Je sens évidemment qu’il se passe quelque chose, mais je me rends mal compte. Comment cela s’appelle-t-il quand le jour se lève mal, comme aujourd’hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l’air pourtant se respire, et qu’on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s’entretuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ?

Électre. — Demande au mendiant. Il le sait.

Le mendiant. — Cela a un très beau nom, femme Narsès. Cela s’appelle l’aurore ».

L’aurore est-elle la vraie délivrance de la haine que provoque l’amour trompé ?

L’amitié selon la vertu

Aristote introduit le chapitre qui suit en écrivant : «…la parfaite amitié est celle des hommes vertueux et qui sont semblables en vertu ; car ces amis-là se souhaitent parfaitement du bien en tant qu’ils sont bons, et ils sont bons par eux-mêmes» (1056, b6). L’amour qui naît de la vertu de chacun des amis, qui s’aiment d’un amour excellent selon la perfection de chacun et non selon quelque chose d’accidentel – c’est-à-dire l’utile ou l’agréable – a toutes les chances de durer, quoiqu’il puisse, lui aussi, connaître la rupture. Aristote parlera de la «rupture de l’amitié» et en attribuera surtout la cause à ces fausses amitiés. On croyait vraiment avoir donné à l’autre son amitié. En fait, ce que l’on aimait dans l’autre, c’était le bien qu’il apportait et non la personne. Ainsi, on n’aimait pas l’autre et vice-versa, bien que l’autre se crût aimé, il était aussi trompé :

«Comme nous l’avons dit au début, des conflits entre amis se produisent le plus souvent lorsqu’ils ne sont pas amis de la façon qu’ils croient l’être. Quand donc on a commis une erreur sur ce point et qu’on a supposé être aimé pour des raisons morales, si l’autre ne fait rien pour accréditer cette supposition on ne saurait s’en prendre qu’à soi-même ; si, au contraire, ce sont ses feintes qui nous ont induits en erreur, il est juste d’adresser des reproches à celui qui nous a dupé, et qui les mérite davantage que s’il avait falsifié la monnaie, d’autant que sa perfidie porte sur un objet plus précieux encore9».

Revenons à notre amitié vertueuse. Il est évident que, pour Aristote, la vertu qui permet une véritable amitié est la justice. Mais pas n’importe quelle justice. La justice, parce qu’elle est la vertu cardinale de l’altérité. La justice concerne essentiellement le respect du droit vis-à-vis de l’autre ; elle est «cette volonté constante et perpétuelle de rendre à l’autre ce qui lui est dû10». L’amitié se distingue de la justice en tant que son objet n’est pas uniquement ce qui est dû à l’autre, mais toute la bonté morale de l’autre. Cette bonté morale n’est pas seulement désirée ; l’amitié n’est pas seulement un désir du bien de l’autre, une sorte d’admiration ou de louange face aux grandeurs de l’autre ; elle n’est pas une sorte de compassion à l’égard des souffrances si nombreuses dans la vie sociale ; elle n’est ni uniquement une solidarité, ni uniquement une convivialité, ni un compagnonnage ; elle n’est pas une relation sociale. Elle est essentiellement un amour du bien de l’autre, de tout le bien de l’autre.

Le bien qui rend l’autre «bon», ce bien qui fait de l’homme une personne humaine accomplie, est ce qui engendre l’amitié. L’autre est aimé comme une personne bonne, non parce qu’elle répand sa bonté sur ceux qui l’aiment – cela, c’est une fausse amitié – mais parce qu’elle est bonne. Sa bonté attire la volonté en tant qu’appétit ou désir du bien. La volonté jouit du bien de l’ami, non pour en profiter et se l’accaparer, mais pour l’aimer, l’augmenter si c’est possible ou nécessaire, le défendre s’il est attaqué et surtout le respecter. En aimant l’ami, comme la volonté doit aimer le bien «honnête», c’est-à-dire le bien voulu pour lui-même et non comme moyen d’atteindre une autre fin que celle de la personne, l’amitié crée une relation intime et personnelle avec l’être aimé. Celui (ou celle) qui est aimé(e) de cette manière ne doit pas se gausser de cette amitié. Il ne doit pas se prendre pour le (ou la) «chéri(e)», ni pour le (ou la) «privilégié(e)». S’il le faisait, il transformerait la vérité de l’amitié en fausse amitié : le bien de l’autre deviendrait un «moyen» de s’aimer lui-même en profitant de l’autre. Au contraire, celui qui est aimé pour lui-même doit aimer celui qui l’aime de la même manière. S’il en est ainsi, l’amitié relève véritablement de la vertu. Mais attention, aimer l’autre en tant qu’il est bon n’est pas vouloir le bien que l’on attend de lui, vouloir modeler l’autre à notre façon, définir ce qu’il doit être, pour être à nos yeux quelqu’un qui devient bon pour nous être agréable, cela n’est pas l’amitié vertueuse. C’est l’amitié utile qui se cache sous l’hypocrisie d’une fausse amitié.


Je voudrais te tenir la main et m’avancer avec toi dans une belle forêt, et non pas dans cette misère d’humiliation, de douleur et de faiblesse. Je n’en veux pas, mais je sais que mon «je n’en veux pas» n’a aucun sens : la volonté n’a pas le pouvoir d’éloigner la croix !
J’échappe à cette peur grâce au souvenir des vacances, dans un inique mécanisme de défense. Je me souviens de cette beauté et de la joie que j’ai éprouvée alors, et je retrouve confiance, parce que Dieu est avec moi aussi ici, pas seulement là-bas.
Wanda Póltawska, Journal d’une amitié (Extrait d’une lettre à Jean Paul II).


La vertu, en effet, est ce par quoi l’homme est rendu parfait dans ses puissances humaines ou surnaturelles. S’il en est ainsi, l’amitié humaine devient le mode d’existence qui convient à la personne humaine. Ce mode de relation est éminemment intime et personnel. Il est intime parce qu’il touche à l’intériorité de la personne sans pour autant l’envahir. Il est personnel, car ces choix d’intimité marquent l’intangibilité de la personne, son être unique. Ces choix propres, qu’ils concernent les amis, qu’ils concernent les mouvements spirituels de l’âme, qu’ils concernent les débats spirituels ou moraux, qu’ils concernent les orientations de l’agir, sont des actes secrets. L’amitié n’exige pas la révélation des intimités, dont le secret n’appartient qu’à Dieu. Si l’ami ouvre son cœur, laisse voir ses désirs, demande de l’aide dans ses détresses, dit sa misère, celui qui reçoit un peu le partage des intériorités s’interdit à lui-même de juger et ne s’autorise aucune indiscrétion d’un secret qui ne lui appartient pas. Si l’amitié se rompt – c’est possible même pour l’amitié vertueuse, même si c’est plus fréquent pour les fausses amitiés –, cela n’autorise jamais les dévoilements, les jugements qui regardent les consciences, les insultes qui perturbent les désirs, qui ébranlent les orientations, qui sèment le doute, qui créent les soupçons, etc. La trahison de ce qui était vécu comme une amitié vraie est l’une des choses les plus douloureuses.

Dans notre nature blessée, l’amitié demeure toujours imparfaite. On ne peut la vivre d’une façon beaucoup plus grande qu’en la fortifiant par la vertu théologale de la Charité. Là, nous sommes à un autre niveau, qu’il faudrait traiter plus tard. Cependant, si dans la vie quotidienne qui est la nôtre nous sommes inconscients et incapables de pratiquer la vertu morale de l’amitié, comment pourrons-nous accepter la grâce de la Charité, qui est beaucoup plus exigeante ?

Aline Lizotte

 


1Montaigne, Essais, Livre I, chap. 28, De l’Amitié, au paragraphe : « Au demeurant… », Éditions Gallimard, La Pléiade, 2007.

2 – C’est sur cette confusion que joue le livre d’Adriano Oliva, Amours. L’Église, les divorcés remariés, les couples homosexuels, Éditions du Cerf, 2015.

3 – Raïssa Maritain, Les grandes amitiés, Éditions Parole et silence, 2000.

4 – Aelred de Rielvaulx, Le miroir de la Charité, Bellefontaine, coll. Vie monastique, n°27, 2010.

5 – Wanda Poltawska, La famille Poltawski et Karol Wojtyla, Médiaspaul, 2011.

6Aristote, Éthique à Nicomaque, Vrin, traduction Jules Tricot, 2002.

7Aristote, ibid., L. VIII, 1155 a1.

8Le Festin de Babette (Babettes Gæstebud) est un film danois réalisé par Gabriel Axel et sorti en 1987. Il est inspiré d’une nouvelle de Karen Blixen, extraite du recueil Skæbne-Anekdoter (Anecdotes du destin). Le film a obtenu l’oscar du meilleur film en langue étrangère en 1988.

9 – Cf. Aristote, op. cit., L. IX, 1165 a35 -1160 b30.

10Somme théologique, IIa-IIae, qu. 58, a. 1, c.

 

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Réactions de lecteurs

■ «[…] Suite à votre dernier article qui m’a plu tout particulièrement, il y a deux passages qui ont retenu mon attention :
"L’amour qui naît de la vertu de chacun des amis, qui s’aiment d’un amour excellent selon la perfection de chacun et non selon quelque chose d’accidentel – c’est-à-dire l’utile ou l’agréable"
(…)"Elle est essentiellement un amour du bien de l’autre, de tout le bien de l’autre."
Je n’ai pas de formation philosophique, ni théologique. J’essaye de composer avec mon bon sens qui a ses grandes limites.
Je ne comprends pas bien ce qu’est concrètement l’amour selon la vertu. J’ai bien compris les deux autres (utiles et agréables), mais j’ai du mal à avoir une vision claire de ce qu’est l’amour selon la vertu.
Pourriez-vous préciser, développer, donner un exemple ?
Qu’est-ce qu’un amour selon la perfection ?
Comment sait-on ce qu’est le bien de l’autre ? Toutes les réponses que j’essaye d’apporter me semblent ne pas embrasser le mystère de cette question…
Exemple : l’écouter, être présent, offrir une attention, du temps,… Il me semble qu’il manque un échelon entre ceci et le bien de l’autre.
Merci d’avance pour vos lumières»
– A. Pruvo

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