Bouton des brèves

Vatican : procès pour détournement de fonds

Cité du Vatican

Le tribunal du Vatican a annoncé avoir mis en accusation dix personnes, dont le cardinal Angelo Becciu, pour abus de pouvoir, détournement de fonds et fraude. Un procès débutera le 27 juillet. C’est l’aboutissement d’une enquête menée pendant deux ans par les procureurs du Vatican sur des allégations de malversations financières liées à un investissement effectué par la Secrétairerie d’État dans une propriété à Londres (voir la SRP du 20 mai 2020). Quand la Secrétairerie d’État a acheté l’immeuble londonien, des personnes employées par le Vatican ou faisant des affaires avec lui auraient escroqué la cité-État pour leur profit personnel. La fraude concernant la propriété londonienne a commencé quand la valeur du bâtiment a été grossièrement surestimée lors de discussions avec la Secrétairerie d’État à 350 millions de livres et que celle-ci a accepté le prix d’achat. Le secrétaire d’État, le cardinal Pietro Parolin, et le sostituto, Mgr Edgar Peña Parra, ont donné leur accord à différents moments de la transaction, mais en étant trompés par des informations fausses ou partielle.

Mgr Becciu, deuxième fonctionnaire de la Secrétairerie d’État de 2011 à 2018, a été mis en examen pour détournement de fonds et tentative d’ingérence. Une femme à qui il a versé plus de 650 000 dollars pour des travaux de «sécurité» a également été inculpée, ainsi que les anciens responsables de la surveillance financière interne du Vatican, qui auraient «négligé les anomalies de la transaction de Londres», malgré des informations sur cet achat.
Source : Catholic News Agency, Vatican News

Visite du cardinal Parolin en Alsace

Lors d’une visite en Alsace pour le grand jubilé de sainte Odile en qualité de légat du pape, le cardinal Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, a prononcé le 4 juillet un discours remarqué à Strasbourg, devant 170 personnalités politiques, civiles et religieuses sur le thème du concordat, réaffirmant son soutien à ce système particulier de collaboration entre les cultes et l’État et soulignant le «cadre privilégié» que constitue le système concordataire afin d’ouvrir des «espaces de respect mutuel et de collaboration réciproque». On trouve ce discours sur le site d’Aleteia.
Source : Vatican News

Fondation Gates : 2,1 milliards de dollars pour la contraception et l’égalité des sexes

Au cours des cinq prochaines années, la Fondation Bill et Melinda Gates, l’une des plus grandes fondations «philanthropiques» au monde, prévoit de consacrer 2,1 milliards de dollars pour promouvoir la contraception et l’égalité des sexes. Elle veut favoriser «l’autonomisation économique des femmes, renforcer la santé et le planning familial des femmes et des filles et soutenir le leadership des femmes […], développer des technologies contraceptives nouvelles et améliorées et répondre aux besoins des femmes et des filles en matière de soins de haute qualité ». Depuis sa création en 1997, l’organisation a toujours financé l’avortement et les contraceptifs.
Source : Catholic news Agency

Inde : les chrétiens indiens unis face à la persécution

Église d'Inde

Le 3 juillet, jour de la fête de saint Thomas (évangélisateur de l’Inde en 52 après Jésus-Christ), de nombreux groupes indiens de diverses confessions chrétiennes se sont rassemblés dans le pays, notamment sur les réseaux sociaux, afin de célébrer la première Journée des chrétiens indiens. Cette initiative a pour but de mettre de côté les différences confessionnelles pour renforcer leur unité contre les attaques de plus en plus hostiles envers les minorités religieuses dans le pays (2,3 % de la population indienne sont chrétiens).

«Les chrétiens sont indissociables de l’histoire et de l’identité de cette grande nation, mais malheureusement, certains veulent nous présenter comme des étrangers liés à des pouvoirs coloniaux. Les chrétiens ont vécu ici aussi longtemps qu’ailleurs dans le monde et nous sommes aussi indiens que les membres des autres religions. Le christianisme a fait partie de la culture et de la civilisation indiennes bien avant l’arrivée des Portugais et des Anglais. Ils ont contribué largement à la construction de la nation, en particulier pour l’accès des pauvres à l’éducation et à la santé», a déclaré Mgr Cornelio, archevêque de Bhopal.
Source : Missions étrangères de Paris

Église de France : dérives sectaires et communautés nouvelles

Mgr Alain Planet, évêque de Carcassonne, chargé des dérives sectaires au sein de l’épiscopat, a dressé un état des lieux de cette réalité dans l’Église de France, où l’on recense une centaine de signalements par an (certains relevant cependant de la délation, du désir de nuire, d’esprits dépités ou malades et non de dérives réelles). Selon lui, «Il est indiscutable que les signalements ne portent que très rarement sur des congrégations ou des communautés anciennes. Et si cela arrive, il s’agit plutôt d’abus d’autorité vite réparés. L’essentiel des signalements porte sur des communautés nouvelles, soit issues du Renouveau charismatique, soit de la mouvance traditionaliste.» Il s’agit de «communautés chaleureuses, identitaires et autorégulées où, lorsqu’une tension apparaît, on répond par la scission». Parmi les obstacles pour enquêter, il note : «Le goût du secret, justifié par la charité, mais parfois ambigu, de l’institution.» Il relève aussi «la difficulté de répondre aussitôt aux victimes, de leur assurer écoute et accompagnement […] et l’impossibilité de mettre hors course un pervers qui, un chemin étant fermé, en trouvera un autre et reparaîtra ailleurs sous un autre nom.» Il rappelle qu’un document a été rédigé par l’épiscopat pour donner les signes qui doivent mettre en garde, aider à comprendre le mécanisme de l’emprise et proposer des pistes pour avancer.
Source : La Croix

Loi bioéthique : «Les enfants viennent-ils au monde pour s’adapter à nos désirs ?»

Dans un article du FigaroVox publié le 9 juin dernier, Aude Mirkovic, porte-parole de l’association Juristes pour l’enfance, dénonce une loi injuste, qui privera des enfants de leur filiation. Extraits :

«Commençons par rappeler que chacun prend, en matière de procréation, des décisions plus ou moins heureuses mais qui relèvent de sa vie privée. C’est pourquoi, si une femme fait le choix d’avoir un enfant “sans père”, elle prend ses responsabilités, elle expliquera le moment venu à son enfant pourquoi il n’a pas de papa et personne ne leur souhaite autre chose que du bien. Cependant, dès lors que la loi est sollicitée pour organiser la conception de cet enfant privé de son père et, surtout, pour inscrire dans le Code civil l’interdiction légale pour cet enfant d’avoir sa filiation paternelle, la question ne relève plus de la vie privée de la femme mais de la loi, chose publique s’il en est, puisque la loi est l’affaire de tous et, plus encore, la responsabilité de tous. Nous serons tous au tribunal de l’histoire car les enfants à venir de ces PMA ne manqueront pas de demander des comptes de leur lignée paternelle ainsi effacée, non en raison des malheurs et aléas de la vie, mais par la loi.

Pour relativiser l’injustice de cette privation légale de père, les promoteurs de ce projet veulent compter, avec optimisme, sur la résilience des enfants déclarés parfaitement capables de “s’adapter”. Mais a-t-on bien mesuré ce à quoi les enfants à venir de ces PMA vont devoir “s’adapter” ? Ils vont devoir s’adapter tout d’abord aux désordres médicaux liés aux manipulations technologiques subies dans les processus de fécondation in vitro notamment : risque de malformation cardiaque et risque d’autisme multipliés par 2, risque de cancers infantiles 2,43 fois plus élevé, risque de mort avant le premier anniversaire augmenté de 45 %. […] Les enfants en question vont grandir, avec des questionnements liés à leur conception par donneur, et leur vie d’adulte en sera impactée. Les difficultés révélées par ces études apparaissaient d’ailleurs déjà en filigrane dans les témoignages poignants de ces jeunes qui réalisent qu’ils ont été conçus de donneurs décédés, de jeunes hantés par l’existence connue ou non de demi-frères et sœurs dans la nature, de ceux qui se disent amputés d’une part d’eux-mêmes, etc. Les enfants à venir de ces PMA devront encore s’adapter à la souffrance résultant de la privation de leur père, car l’amour promis, même s’il est réel, ne remplacera pas le père évincé. […] Comment ignorer plus longtemps cette évidence que les liens du sang ne sont pas anodins et ne peuvent être écartés à la légère ?

On relativise encore la situation en invoquant la baguette magique, la levée de l’anonymat du donneur à la demande de l’enfant devenu majeur. Mais qui peut sérieusement croire que la levée de l’anonymat du donneur serait en mesure de tout réparer ? Le jeune voudra-t-il rencontrer son donneur ? Ce dernier sera-t-il disponible ? Voudra-t-il remercier le donneur, lui faire des reproches, lui demander de l’argent, de l’affection, un héritage, une filiation ? L’accès à l’identité du donneur, une éventuelle rencontre avec lui apporteront, on l’espère, des réponses à certains questionnements. Mais il ne faut pas être naïf : la levée de l’anonymat emportera aussi son lot de déceptions, de nouvelles frustrations, de souffrances supplémentaires. Le Parlement va-t-il encore balayer ces souffrances en sommant une nouvelle fois ces jeunes de “s’adapter” ?

Le rôle de la loi n’est-il pas de rechercher la justice, qui commence par la défense de celui qui ne peut se défendre lui-même ? Bien que la PMA fasse de lui “le produit de technologies scientifiques”, selon les mots du Conseil d’État, l’enfant est un être humain à part entière et non un être convié à la vie pour s’adapter aux désirs d’autrui.»
Source : FigaroVox

Photo Inde : Simon Chumkat / Wikimedia Commons

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