Bouton des brèves

Vatican : nomination du successeur de Mgr Sarah

Le pape vient de nommer le successeur de Mgr Robert Sarah à la Congrégation du culte divin et de la discipline des sacrements. Il s’agit de Mgr Arthur Roche, prélat anglais de 71 ans (il fut pendant huit ans évêque du diocèse de Leeds), et qui était le secrétaire de cette même congrégation depuis 2012. Ordonné prêtre en 1975, Mgr Roche a été, de 1996 à 2001, secrétaire général de la Conférence épiscopale d’Angleterre et du Pays de Galles. Présidant également, au début des années 2000, la Commission internationale pour l’anglais dans la liturgie, il supervisa en particulier la traduction de la messe.

Événement inhabituel : le 15 mars, le pape a demandé à Mgr Claudio Maniago de Castellaneta, le président de la commission liturgique de la Conférence épiscopale italienne, d’entendre tous les membres du dicastère afin d’établir un bilan de son mode de fonctionnement et de faire des recommandations. Un rapport que le pape a attendu avant de procéder à la nomination du successeur du cardinal Sarah.

Parmi les dossiers urgents à prendre en charge par le nouveau préfet : la mise au point d’un «rite d’institution» pour le ministère laïque de catéchiste que le pape vient d’instituer (voir l’article d’Aline Lizotte dans la Smart Reading Press du 21 mai 2021 : «Le catéchiste, homme ou femme, pourrait avoir un ministère institué»).

Par ailleurs, quatorze ans après sa publication par Benoît XVI, le motu proprio Summorum pontificum libéralisant la forme extraordinaire du rite romain devrait prochainement faire l’objet d’une note signée par le pape François, qui pourrait apporter des précisions très importantes sur son application.
Source : Vatican News

Messe pour la France à Rome : «Notre société a perdu l’espérance»

Sainte Pétronille

Le 31 mai, à l’occasion de la sainte Pétronille (1), patronne de la France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des évêques de France, a célébré à l’autel de la Chaire de la basilique Saint-Pierre de Rome la messe pour la France. Devant une assemblée principalement constituée de Français travaillant pour la Curie et de membres du corps diplomatique, il a longuement évoqué la situation du pays et dressé le portrait d’une «société qui a perdu l’espérance».

Articulant son homélie autour des textes de la liturgie du jour, il a fait un parallèle entre l’enthousiasme de ces figures bibliques et l’impatience désenchantée qui caractérise la société française actuelle, en particulier dans les incertitudes de l’après-pandémie. «Notre pays, en tant que tel, ne veut plus croire à un “encore meilleur” qui viendrait d’ailleurs ou d’en haut. Il a voulu et veut s’approprier le meilleur qu’il peut se donner». Si cette idéologie a porté des fruits de progrès social et humain, elle touche aussi à ses limites en créant des frustrations pour une grande partie de la population.

«L’élan s’est essoufflé. Nous ne sommes collectivement plus très sûrs que demain sera meilleur qu’aujourd’hui, nous craignons que le temps ne soit qu’un facteur d’usure, nous redoutons que les meilleures situations d’ici-bas ne cachent des mensonges, des violences, des secrets honteux. De plus en plus, nos sociétés occidentales sont des sociétés de la frustration. Elles accumulent les droits, ce qui pourrait être réjouissant, mais sur fond de ressentiment, quand il faudrait un élan vers l’avenir, et, par conséquent du pardon, qui n’est pas amnistie.»

Mgr Éric de Moulins-Beaufort a relevé ce paradoxe : «Nous avons peur de manquer alors que nous avons beaucoup, et ce qui nous manque, le peu qui nous manque parfois, nous obnubile.» Les chrétiens ont la responsabilité de témoigner de leur foi pour apporter l’espérance à une société qui, au fil de son Histoire, a toujours été tiraillée par des forces contradictoires : «En célébrant la messe pour notre pays, je prie pour que les chrétiens en lui sachent transformer leur espérance en une énergie au service du bien toujours plus grand de tous, et je prie pour que tous nos concitoyens puissent trouver ou retrouver la joie d’unir leurs destinées terrestres et de regarder ce qui vient avec espérance».

(1) Vierge et martyre romaine, sainte Pétronille était la descendante de Titus Flavius Petro, le grand-père de l’empereur Vespasien. Elle fut catéchisée et baptisée par saint Pierre. Patronne de la France depuis l’époque de Pépin le Bref (714-768), elle est honorée chaque année depuis 1574 par une messe dédiée spécialement à la France, célébrée à basilique Saint-Pierre de Rome, à l’autel où sont conservées ses reliques.
Source : Vatican News

Église d’Allemagne : en 2060, un tiers des bâtiments de l’Église ne sera plus financé

Sombres prévisions pour l’Église d’Allemagne : en 2060, un tiers de tous les bâtiments d’Église ne pourront plus être entretenus. C’est le professeur de théologie Thomas Erne, directeur de l’Institut pour la construction de l’église à l’université de Marbourg, qui fait ce sombre pronostic. En chiffres absolus, cela concerne environ 15 000 bâtiments d’église qui ne peuvent tout simplement plus être financés, étant donné qu’en 2060, seuls 23 millions d’Allemands seront encore membres de l’une des deux églises dominantes. M. Erne suggère de transformer ces églises en garderies et en logements.
Source : Kath.net

Canonisation de Charles de Foucauld : un miracle in-croyable

Charles de Foucauld

Le 30 novembre 2016, veille du 100e anniversaire de la mort de Charles de Foucauld (1858-1916), dans la chapelle de l’institution scolaire Saint-Louis de Saumur (Maine-et-Loire), juste à côté de l’école de cavalerie de la ville d’où le jeune Charles de Foucauld sortit officier, Charle (sans s), 21 ans, charpentier, se déplaçant sur une voûte en pierre menaçant ruine, fait une chute d’une extrême gravité. Il s’empale sur le pied d’un banc retourné. Son abdomen est totalement perforé. Quelques instants après, Charle se relève et marche une cinquantaine de mètres, le ventre traversé de part en part par le pied du banc d’un mètre de long ! Il parvient à donner l’alerte. Conduit au CHU d’Angers, il est opéré. Les médecins ne comprennent rien à son état : il n’a ni fracture, ni perforation d’un organe vital. Deux mois plus tard, il remonte sur un échafaudage. Aucune explication naturelle de sa survie n’est trouvée.

Charle est l’un des 140 salariés de l’entreprise SAS Asselin, société de charpenterie spécialisée dans la rénovation de bâtiments historiques. Cette entreprise est présidée par François Asselin, issu d’une fratrie de charpentiers depuis cinq générations, catholique engagé, qui assume en chrétien convaincu la direction de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). Il est imprégné de la spiritualité de Charles de Foucauld. Sa paroisse à Saumur est dédiée au bienheureux ermite. Quand l’accident a lieu, cela fait au moins un an que François et les siens prient pour que l’Église reconnaisse un second miracle de Charles de Foucauld, qui ouvrirait la voie à sa canonisation.

Ni croyant ni baptisé, sauvé de façon inexplicable, Charle fut sollicité par son employeur pour que son dossier médical soit communiqué à l’Église. Le Père Bernard Ardura, postulateur de la cause de Charles de Foucauld, se rendit à Saumur et recueillit, aux côtés de l’évêque d’Angers Mgr Delmas, témoignages, dépositions et avis médicaux. Les pièces de cette enquête diocésaine furent transmises à Rome en mars 2019. À l’automne suivant, une commission médicale groupant sept spécialistes rendit un avis unanime. Le 14 novembre 2019, le fait fut jugé «inexplicable naturellement». Le 18 février 2020, la commission théologique de la Congrégation pour les causes des saints le déclara miraculeux.

Le procès de Charles de Foucauld a été ouvert en 1926. 95 ans après, le bienheureux va accéder aux autels, après qu’un premier miracle dû à son intercession a été reconnu par Benoît XVI en 2005. Le deuxième sera donc ce nouveau miracle, reconnu comme tel par le pape François le 3 mai dernier.
Source : La Sélection du jour

 

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