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2021 : un programme incertain pour le pape

Le pape en voyage

Après seize mois d’interruption forcée pour raison sanitaire, le pape pourrait reprendre ses voyages à l’étranger. Il devrait effectuer du 5 au 8 mars une visite historique en Irak, le menant à Bagdad, dans la plaine de l’Ur, à Erbil, Mossoul et Qaraqosh. Un déplacement dont le programme précis ne sera connu qu’au dernier moment, en raison des forts risques terroristes et de l’impact possible de la situation sanitaire sur son organisation, en particulier pour les grandes célébrations.
Autres voyages possibles : le pape envisage de se rendre en juin au Kazakhstan, pour une rencontre avec des responsables religieux du monde entier. Il pourrait aussi aller en Serbie et surtout au Liban, qu’il souhaite visiter «dès que possible». Le Soudan du Sud, pays déchiré par la guerre civile, fait également partie de ses priorités, mais il faut que les négociations de paix y soient suffisamment avancées.
Totalement interrompues depuis mars 2020, les visites ad limina d’évêques du monde entier devraient reprendre. Concernant les évêques français, elles sont prévues au deuxième semestre 2021 pour ceux de l’Est et du Nord, puis ceux du Sud-Est de la France. Les évêques du Grand Ouest avaient dû écourter leur visite début mars 2020, en raison de la pandémie.
En novembre, le pape devait participer à la deuxième édition à Assise de «L’économie selon François», parfois appelé le «Davos du pape».
2021 sera aussi l’année de la poursuite de la réforme de la Curie, qui pourrait donner lieu à la publication avant Pâques d’une nouvelle Constitution apostolique. Sur le plan financier, la Secrétairerie d’État perdra définitivement la main sur la gestion de ses fonds en février, au profit de l’Administration du patrimoine du siège apostolique (Apsa), l’organe de gestion du budget de la Curie, un changement qui correspond à la volonté du pape d’éviter désormais tout scandale financier et de réduire les tentatives de corruption de diplomates du Saint-Siège. Pendant le premier semestre 2021 pourrait d’ailleurs avoir lieu devant le Tribunal du Vatican un procès d’intermédiaires financiers impliqués dans des placements hasardeux et des détournements de fonds.
Le 19 mars 2021 verra l’ouverture d’une année consacrée à Saint-Joseph et à Amoris lætitia.
Source : La Croix

Le président de la Conférence épiscopale allemande veut des changements

Dans un entretien publié par le Herder Korrespondenz, Mgr Georg Bätzing, président de la Conférence épiscopale allemande, estime qu’il est de plus en plus difficile de justifier l’interdiction de l’ordination diaconale et sacerdotale des femmes dans l’Église catholique. Il affirme que les arguments en faveur de l’ouverture de ces ministères aux femmes sont de plus en plus convaincants.
Mgr Bätzing souhaite également des changements dans le catéchisme dans l’enseignement sur l’homosexualité : «Nous avons besoin de solutions pour cela qui ne soient pas seulement efficaces en privé, mais qui aient également une visibilité publique – mais qui indiquent clairement qu’aucun mariage n’est établi.» Par ailleurs, des bénédictions pour les personnes divorcées remariées devraient être possibles sans la reconnaissance du Vatican.
«Comment peut-on maintenir ensemble l’Église universelle de si différentes origines culturelles ?», se demande-t-il, appelant des solutions plus décentralisées et plus de liberté, afin que des réponses soient données «applicables au contexte culturel respectif et qui permettraient que l’écart entre l’Évangile et la culture respective ne se creuse pas».

Ces déclarations ont donné lieu à cette réponse du cardinal Walter Brandmüller :
«Excellence, vous avez été accusé d’avoir fait des déclarations dans la presse qui, si elles étaient justes, soulèvent de sérieuses questions. En contradiction avec la tradition ininterrompue de l’Église, quelle que soit la déclaration finale et infaillible du Pape Jean-Paul II, avez-vous réellement appelé l’ordination des femmes au diaconat et au sacerdoce possible, voire souhaitable ? Si tel est vraiment le cas, cependant, vous devez vous rappeler qu’avant votre ordination épiscopale, vous avez affirmé votre fidélité à la doctrine et à l’ordre de l’Église par un serment. Sans ce serment, vous n’auriez jamais été ordonné. Alors, comment comptez-vous expliquer cette contradiction entre hier et aujourd’hui ? J’aurais certainement préféré vous poser cette question «à huis clos, dans une petite pièce tranquille». Mais vous avez vous-même soulevé votre contradiction avec l’enseignement et l’ordre de l’Eglise en public – et vous l’avez fait en tant que président de la Conférence épiscopale allemande. Une réponse publique était également requise.»
Source : Kath.net

La méditation du cardinal Pell pour Noël

«Pendant toute cette année, le Covid-19 a répandu la maladie et la mort à travers le monde, quoique pas autant que certains craignaient. La pandémie a bloqué les voyages internationaux et a porté un coup sévère aux activités commerciales. Pour toutes ces raisons, cette année nous nous apprêtons à célébrer Noël dans une mauvaise période, même si cela pourrait être pire. Nous ne sommes pas en proie à une guerre mondiale, il n’y a pas de grande pénurie et en plus, nous avons ces nouveaux vaccins qui nous promettent de ralentir la maladie et de la mettre sous contrôle.
Cette année, les choses vont mieux pour moi. Au milieu de cet isolement et de cette confusion, j’avance à contrecourant parce qu’à Noël dernier, j’étais en prison à Melbourne (Australie) pour un crime sexuel que je n’avais pas commis. Pendant les 404 jours que j’ai passés dans deux prisons, je n’ai jamais pu célébrer la messe ; je ne recevais la communion qu’une fois par semaine grâce à une religieuse merveilleuse, responsable de l’aumônerie catholique de la prison. Je n’ai pas pu recevoir la communion le jour de Noël, qui avait cependant été rehaussé par un bon repas de Noël à l’anglaise, dinde et dessert aux prunes, et que j’ai pu souhaiter «Joyeux Noël» aux gardiens. À part ça, c’était un simple jour de prison comme un autre, dont je ne pouvais m’évader que par mon imagination, mes lectures, ou les programmes religieux de Noël à la télévision. […]
[…] Dans la liberté que je connais ici à Rome, où les pèlerins sont si tristement absents en cette période de Noël, je pense d’une manière toute particulière à tous ceux qui sont en prison, séparés des personnes qu’ils aiment, qu’ils se trouvent en prison pour une juste punition ou qu’ils soient incarcérés parce qu’ils luttent pour la liberté, ou parce qu’ils sont persécutés à cause de leur appartenance à un groupe religieux ou social. Même dans le meilleur des régimes, il y a des innocents en prison ; et là où les régimes sont corrompus ou là où il y a une oppression ou une persécution systématique, il y a de nombreux prisonniers innocents qui souffrent. Nous devrons prier avant tout pour eux en cette période où nous prions pour la “paix sur la terre aux hommes de bonne volonté”».
[…] Le christianisme a eu une forte présence dans le monde occidental pendant au moins deux mille ans, depuis la conversion de l’ancienne Russie ; et avant elle l’Italie, la Grèce, la France, l’Espagne de l’époque de Constantin, le premier empereur chrétien de l’empire romain qui, en 131 apr. J.-C. a garanti la liberté religieuse à cette minorité persécutée. Mais le christianisme n’est pas une religion occidentale, non seulement parce que le Moyen-Orient et toute l’Afrique du Nord étaient chrétiennes à une époque, mais aussi parce que le christianisme est né en Orient, ou à tout le moins au Moyen-Orient, la maison du peuple hébreu. C’est pour cela que nous chrétiens adorons le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob et de Moïse, qui est également le Père de l’enfant Jésus, notre Seigneur.
À l’époque de Jésus, Jérusalem était déjà une ville sainte, dominée par son magnifique temple. Mais ce n’était nullement une des plus grandes capitales. Elle appartenait à une province – plutôt pauvre et assez agitée – de l’empire romain, conquise par Pompée en 63 av. J.-C. et gouvernée par le tyrannique roi Hérode. Au fond, elle était fièrement juive, même si elle était influencée par la pensée et par la technique grecque, et hostile à la Rome d’Occident.
La religion juive a apporté un grand changement dans la culture et dans le monde de la philosophie et des religions et on le retrouve dans la fête de Noël. Pour les anciens grecs, comme pour les bouddhistes et les hindous, chaque vie parcourt un cercle sans fin, jour et nuit, et le cycle des saisons rythme cette roue de l’éternel retour.
Mais les juifs ont introduit dans la pensée populaire la flèche droite du temps, l’idée d’histoire du salut, puisqu’ils attendaient et attendent encore le Messie. C’est de cette théorie d’aller de l’avant qu’est issue la notion occidentale du progrès et, naturellement, quand l’enfant Jésus a grandi, enseignant et sauvant par sa mort et sa résurrection, il nous a aussi indiqué les derniers jours, sa seconde venue à la fin des temps, pour le jugement dernier.
De cette manière, en posant un regard d’espérance sur le passé et sur ce merveilleux développement, nous sommes tous nourris de la fête de Noël. Jésus a été accueilli par les bergers proches comme par les chercheurs de vérité, astrologues et philosophes, les mages, peut-être venus d’Iran, parce qu’Il nous a confié une manière de vivre qui n’est pas qu’une simple théorie accessible au plus instruits.
Noël, c’est la fête de l’espérance pour nous tous, avec Jésus, le Fils de Dieu nouveau-né qui nous montre les temps derniers, quand tout sera bon, où il n’y aura plus ni prisons, ni prisonniers ni Covid.»
Source : Asia News

France : plus de 16 sièges épiscopaux à pourvoir en 2021

La France compte actuellement neuf diocèses vacants ou qui vont l’être prochainement :

  • Créteil : nommé en 2007, Mgr Santier, âgé de 73 ans et très éprouvé par le coronavirus qu’il a contracté au printemps, s’apprête à quitter ses fonctions.
  • Moulins : le diocèse est vacant depuis la nomination de Mgr Percerou à Nantes.
  • Amiens : le diocèse est vacant depuis la nomination de Mgr Leborgne à Arras.
  • Ajaccio : le diocèse est vacant depuis la nomination de Mgr de Germay à Lyon.
  • Séez : le diocèse est vacant depuis la nomination de Mgr Habert à Bayeux-Lisieux.
  • Avignon : Mgr Cattenoz, qui a 75 ans révolus depuis le 17 décembre, reste en fonction jusqu’à ce que le Saint Père accepte sa démission liée à son âge.
  • Versailles : la renonciation de Mgr Aumônier a été récemment acceptée par le pape.
  • Troyes : la renonciation de Mgr Stenger a été récemment acceptée par le pape.
  • Cayenne (Guyane) : le diocèse est vacant depuis la démission de Mgr Emmanuel Lafont.

Sept autres diocèses seront vacants au cours de l’année 2021 pour atteinte de la limite d’âge, sauf prolongation par le pape des évêques actuels :

  • Toulouse : Mgr Robert Le Gall aura 75 ans le 26 février.
  • Nice : Mgr André Marceau aura 75 ans le 6 mai.
  • Nîmes : Mgr Robert Wattebled, aura 75 ans le 5 juin.
  • Saint-Flour : Mgr Bruno Grua aura 75 ans le 18 juin.
  • Dijon : Mgr Roland Minnerath aura 75 ans le 27 novembre.
  • Saint-Denis de la Réunion : Mgr Gilbert Aubry aura 79 ans en mai.
  • Basse-Terre (Guadeloupe) : Mgr Riocreux aura 75 ans le 24 février.

Sources diverses

Photo : Korea.net / Wikimedia Commons

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