Comment déposer son fardeau devant la crèche
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Nous allons célébrer Noël et le mystère de l’Incarnation dans des conditions bien particulières ; cela devrait peut-être nous aider à le vivre avec une plus grande intériorité. Nous viendrons au pied de la crèche avec Notre Dame et saint Joseph, avec les bergers et les mages ; nous viendrons, chacun avec son histoire, ses dons et ses joies, comme aussi avec ses échecs, ses détresses et ses souffrances. Malgré la difficile conjoncture mondiale actuelle, Noël reste un temps de joie, cette joie annoncée par les anges dans la nuit : «Je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur». Ce Sauveur vient restaurer toutes choses, assumer nos misères et surtout donner à chacun un cœur nouveau de chair et régénérer le pécheur.

Le Fils de Dieu, qui s’est incarné «pour nous et pour notre salut», se nomme, en effet, Jésus, ce qui signifie «Dieu sauve», comme le rappellent les évangélistes ; ouvrons nos portes à ce Dieu Sauveur, comme aimait le répéter le saint pape Jean Paul II. Si nous prenons tant de précautions pour nous préserver du virus et d’autres dangers, pourquoi ne pas être tout aussi vigilants pour protéger notre vie chrétienne de toutes les sollicitations qui peuvent nous entraîner dans le désordre et pour empêcher notre ennemi, le diable, de pénétrer en nous et d’entamer la force de cette vie chrétienne ?

Si nous devons fermer notre âme, notre cœur, notre intelligence, notre volonté à tout ce qui est contraire à l’esprit de l’Évangile, il nous faut, au contraire, l’ouvrir à la grâce. N’oublions pas que Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne dieu, comme l’affirment à l’envi les Pères de l’Église. Et saint Clément de Rome souligne que «rien n’est impossible à Dieu, sauf de mentir». Quelle assurance donc pour nous ! Dieu est venu faire alliance avec nous, Il est venu pour des épousailles, Il est venu épouser notre nature humaine.

Le Saint-Père François nous rappelle continuellement les dangers du narcissisme, du découragement, du pessimisme, qui entretiennent le repli sur soi, la tristesse, l’inquiétude. Chrétiens, nous devons témoigner au contraire que, loin d’être des optimistes béats, nous faisons face à la réalité dans la confiance et l’espérance, fondées sur notre foi.

Ce temps privilégié nous invite donc à tourner notre regard et notre assurance vers le salut et vers le Sauveur. Certes, il n’est pas question de fermer les yeux sur les épreuves qu’ont connues et que connaissent encore tant de gens. S’il est souvent difficile de rendre grâces quand on souffre, la naissance du Sauveur, qui vient offrir sa vie pour notre salut, nous certifie que nous sommes tous aimés de Dieu jusqu’à l’infini, puisqu’il n’a pas hésité à nous envoyer son Fils unique bien-aimé pour nous sauver du péché et de la mort.

En ces fêtes de Noël, pensons aussi aux pauvres, aux déracinés, qui ressemblent tant à la Sainte Famille. Espérons que la situation sanitaire précaire aidera aussi certains, plus favorisés, à être plus attentifs au mystère de l’Incarnation et provoquera un renouveau de prière et de louange. Le Sauveur nous est annoncé comme le prince de la paix : «Lui-même sera la paix» (Michée 5, 4).

Décoration de Noël

Beaucoup de non-croyants peuvent nous rétorquer que cette paix est loin d’être établie sur la terre ; cela est bien vrai, car la triste réalité semble contredire les promesses divines, et il nous arrive même à nous de nous demander : pourquoi sommes-nous encore en butte à tant d’attaques des ennemis de Dieu ? Pourquoi sommes-nous submergés par toutes sortes de scandales qui ébranlent notre confiance ? Nous n’entendons parler que de conflits, d’attentats, de meurtres, sans oublier les avortements ou l’euthanasie. Où donc se trouve cette paix proclamée par les anges : «Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix aux hommes»  ?

Le Seigneur Lui-même nous répond dans l’Évangile : «Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive» ; Il est signe de contradiction ; la paix ne s’obtient que dans l’engagement à vivre authentiquement le message de l’Évangile. Nous savons que, pour ceux qui aiment Dieu, toutes choses concourent à leur bien s’ils savent se délester de leurs soucis sur le Seigneur : «Décharge ton fardeau sur le Seigneur, dit le psalmiste : Il prendra soin de toi» (Ps. 55, 23).

Que cette fête de Noël nous recentre sur l’essentiel, sur le Christ, centre de notre vie ! L’exemple de la Vierge et de saint Joseph nous incite au silence de l’adoration, à l’acceptation joyeuse de la volonté divine : Fiat !

Dom Philippe Dupont
Abbé de Solesmes

 

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