Peinture de Jean-Paul 2
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Depuis plusieurs années, le bilan du pape Jean-Paul II est remis en question en raison des révélations sur les abus sexuels commis dans l’Église. Le pape polonais est accusé d’avoir choisi de se voiler la face et d’opter pour le silence. Une lettre circule depuis quelques jours en Pologne et en Italie, dans laquelle des intellectuels polonais appellent «toutes les personnes de bonne volonté à parler honnêtement de Jean-Paul II et à arrêter la propagation de mensonges contre lui».

«Une longue liste impressionnante des mérites et des réalisations de Jean-Paul II est aujourd’hui remise en question et effacée. Pour les jeunes qui sont nés après sa mort, l’image déformée, fausse et rabaissée du pape pourrait devenir la seule qu’ils connaîtront. Nous appelons toutes les personnes de bonne volonté à reprendre leurs esprits. Jean-Paul II, comme toute autre personne, mérite qu’on parle de lui en toute honnêteté. En diffamant et en rejetant Jean-Paul II, nous nous faisons beaucoup de mal à nous-mêmes, et non à lui.»

Telle est la teneur de l’appel «à la vérité et au respect de la mémoire de Jean-Paul II» signé par 1 700 professeurs d’universités et d’instituts de recherche polonais et faisant suite à une intervention le 7 décembre de Mgr Stanisław Gądecki, le président de la Conférence épiscopale polonaise (voir l’article de la Smart Reading Press du 11 décembre 2020 : Faudra-t-il «décanoniser» Jean Paul II ?) Le prélat polonais déplorait des «attaques sans précédent» contre saint Jean-Paul II.

Déjà, au mois de novembre, le collège du recteur de l’Université catholique Jean-Paul II de Lublin avait déclaré que les critiques contre le pape polonais n’avaient aucun fondement factuel, et il déplorait les «accusations fallacieuses et les calomnies dirigées récemment contre notre saint patron». Le recteur et les vice-chanceliers de l’Université avaient commenté : «Les thèses subjectives exprimées par certains milieux ne sont nullement étayées par des faits et des constatations objectives – par exemple, celles présentées dans le rapport de la Secrétairerie d’État du Saint-Siège sur Theodore McCarrick.»

Dans leur appel, les professeurs déclarent : «Ces derniers jours, nous avons assisté à une vague d’accusations portées contre Jean-Paul II. Il est accusé d’avoir couvert des actes de pédophilie parmi les prêtres catholiques, et des appels sont lancés pour que ses mémoriaux publics soient retirés. Ces actes visent à transformer l’image d’une personne digne de la plus haute estime en une personne qui a été complice de crimes odieux. […] Un prétexte pour formuler des revendications radicales a été la publication du « Rapport sur la connaissance institutionnelle et le processus décisionnel du Saint-Siège concernant l’ancien cardinal Theodore Edgar McCarrick » par le Saint-Siège. Cependant, une analyse minutieuse du Rapport ne met en évidence aucun fait qui pourrait constituer une base pour fonder les accusations susmentionnées contre Jean-Paul II. […] Il y a un énorme fossé entre la promotion d’un des délits les plus graves et la prise de mauvaises décisions en matière de personnel en raison de connaissances insuffisantes ou d’informations carrément fausses. Ledit Theodore McCarrick avait la confiance de nombreuses personnes éminentes, y compris des présidents américains, tout en étant capable de cacher profondément le sombre côté criminel de sa vie. Tout cela nous amène à supposer que les calomnies et les attaques sans fondement contre la mémoire de Jean-Paul II sont motivées par une théorie préconçue qui nous attriste et nous préoccupe profondément.»

Les signataires reconnaissent l’importance d’enquêter soigneusement sur la vie de personnages historiques importants, mais ils appellent à une «réflexion équilibrée et une analyse honnête», plutôt qu’à une critique émotionnelle ou idéologique. Ils soulignent que saint Jean-Paul II a exercé une «influence positive sur l’histoire du monde», citant son rôle dans l’effondrement du bloc communiste, sa défense du caractère sacré de la vie, et ses «actes novateurs», tels que sa visite en 1986 dans une synagogue de Rome, le sommet interreligieux d’Assise la même année, et son appel en l’an 2000 au pardon des péchés commis au nom de l’Église. «Un autre grand geste, particulièrement important pour nous, a été la réhabilitation de Galilée, que le pape avait anticipée dès 1979 lors d’une commémoration solennelle d’Albert Einstein à l’occasion du centenaire de sa naissance. Cette réhabilitation, effectuée à la demande de Jean-Paul II par l’Académie pontificale des sciences treize ans plus tard, était une reconnaissance symbolique de l’autonomie et de l’importance de la recherche scientifique», ajoutent-ils.

Les défenseurs de Jean-Paul II font valoir que si le dénigrement du pape polonais n’était pas contesté, une image «fondamentalement fausse» de l’histoire polonaise serait établie dans l’esprit des jeunes Polonais et que «la conviction de la prochaine génération serait qu’il n’y a aucune raison de maintenir une communauté avec un tel passé».

Les organisateurs de l’initiative décrivent l’appel comme «un événement sans précédent, qui a rassemblé les communautés universitaires et a dépassé nos attentes les plus folles». Parmi les signataires figurent Hanna Suchocka, la première femme Premier ministre polonaise, l’ancien ministre des Affaires étrangères Adam Daniel Rotfeld, les physiciens Andrzej Staruszkiewicz et Krzysztof Meissner, et le réalisateur Krzysztof Zanussi.

Rédaction SRP

Photo : Jolanta Dyr / Wikimedia Commons

Source : Catholic News Agency

 

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