Livre de Philippe Barbarin

Dans son livre En mon âme et conscience, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque émérite de Lyon, revient sur les quatre années de tempête médiatico-judiciaire qu’il a traversées. «J’ai voulu rétablir la vérité et aussi dire à toutes les victimes que je continue de prier pour elles. Après la relaxe, le pape a accepté ma démission. Je suis parti en Terre sainte et j’y suis resté trois mois et demi à cause du confinement, c’est là que j’ai travaillé ce livre», explique-t-il. Il poursuit : «mon nom est devenu symbolique de la pédophilie. Preynat ne se fait pas interpeller dans la rue. Personne ne va cracher au visage de l’éditeur de Matzneff. Moi, je suis encore pris à partie dans les gares, sur les quais de métro… Parce qu’un prêtre pédophile, c’est le scandale extrême. Je comprends la colère des gens contre l’Église. Que je ne sois plus archevêque de Lyon, c’était majeur. Et légitime.»

Cette expérience a transformé sa prière : «elle commence toujours avec les noms des victimes que je récite et associe à ma prière». Mais aussi sa vie : «Aujourd’hui, j’habite dans un village de 140 habitants, je dis la messe pour les religieuses. Je donne un cours d’ecclésiologie au séminaire de Rennes. Il faut que je travaille, je suis content de lire, d’enseigner… La vie d’archevêque ne me le permettait plus vraiment. […] Être dépossédé de tout, c’est l’expérience la plus rude et inattendue que j’ai vécue quand je suis arrivé à Madagascar et j’ai l’impression de la revivre. J’étais dix-sept ans à Lyon, c’était chez moi. Et puis, allez, dehors… Reste ma vocation. Et Dieu veille sur moi.»

Cardinal Philippe Barbarin, En mon âme et conscience, Plon, 2020, 300 pages.

Élisabeth Voinier

 

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