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Bouton de la Rubrique Grand Angle

Vatican : une mise au point du Saint-Siège sur l’«union civile des homosexuels»

Secrétairerie d'État du Vatican

Pour mettre fin à la polémique suscitée par les déclarations du pape François dans le documentaire Francesco (voir la SRP du 30 octobre 2020), la Secrétairerie d’État a envoyé une note explicative aux nonces pour communication aux évêques du monde entier. Contactées par l’agence Imédia, deux nonciatures, dont celle de France, ont confirmé avoir bien reçu cette note de la Secrétairerie d’État.

Le but de cette initiative est de «favoriser une compréhension adéquate des paroles du Saint-Père» au sujet des homosexuels, sources d’une grande confusion, certains médias allant jusqu’à déclarer que le pape était désormais favorable au mariage entre deux personnes de même sexe. Selon une source vaticane, le pape François aurait voulu clarifier ainsi sa position et répondre aux interrogations qu’elle a provoquées sans donner l’impression de céder à la pression médiatique : il voulait éviter de passer par la presse et aurait donc chargé la Secrétairerie d’État d’utiliser le canal des nonciatures.

Si dans le documentaire le pape a bien mentionné que les personnes homosexuelles devaient être protégées par des dispositions civiles, il n’a pas changé la doctrine de l’Église catholique sur le sujet. Telle est la substance de cette note. Au début, la Secrétairerie d’État rappelle le contexte de l’interview de 2019, dont proviennent certaines séquences reprises dans le documentaire : «Le pape François a répondu à deux questions différentes à deux moments différents qui, dans le documentaire susmentionné, ont été éditées et publiées comme une seule réponse sans contextualisation adéquate, ce qui a provoqué la confusion», explique-t-elle.

«Le Saint-Père avait tout d’abord fait une référence pastorale au besoin que le fils ou la fille avec une orientation homosexuelle ne fasse jamais l’objet de discrimination au sein de la famille», poursuit le texte, en référence aux propos du pape : «Les homosexuels ont le droit d’être en famille ; ce sont les enfants de Dieu, ils ont droit à une famille. Personne ne peut être chassé de la famille». Citant un passage d’Amoris lætitia, la note indique que le pape y avait déjà rappelé son souhait que toute personne, indépendamment de sa tendance sexuelle, soit «respectée dans sa dignité. […] Que ceux qui manifestent une tendance homosexuelle puissent compter sur l’aide nécessaire pour comprendre et réaliser pleinement la volonté de Dieu dans leur vie».

La Secrétairerie d’État replace ensuite dans son contexte la réponse du pape concernant l’union civile : il s’agissait d’une parole relative au débat sur le mariage homosexuel en Argentine. Celui qui était alors l’archevêque de Buenos Aires, Mgr Bergoglio, s’y était opposé., affirmant que «c’est une incohérence de parler de mariage homosexuel». Il avait cependant parlé du droit de ces personnes d’avoir une couverture légale : «Ce que nous devons faire est une loi de cohabitation civile ; ils ont le droit d’être légalement couverts. J’ai défendu ça».

La note souligne que le pontife avait rappelé dans un entretien de 2014 que «le mariage est entre un homme et une femme», et se termine ainsi : «Il est donc évident que le pape François a fait référence à certaines dispositions étatiques, certainement pas à la doctrine de l’Église, souvent réaffirmée au fil des années».

La nouveauté de la lettre réside dans le rappel d’un passage d’une interview du pape en 2014 : «Le mariage est entre un homme et une femme. Les États laïques veulent justifier les unions civiles pour réglementer diverses situations de cohabitation, poussés par la nécessité de réglementer les aspects économiques entre les personnes, comme par exemple garantir les soins de santé. Il s’agit de pactes de cohabitation de nature différente et de formes diverses dont je ne suis pas en mesure de faire une liste. Il est nécessaire d’examiner les différents cas et de les évaluer dans leur diversité».

On remarque qu’il ne s’agit pas ici d’individus, mais de couples homosexuels, c’est-à-dire d’unions civiles ou de pactes de cohabitation. Les situations que le pape souhaitait voir couvertes par la loi ne concernent pas les individus en tant que tels mais le «couple» formé par ces individus, et le pape affirme le caractère raisonnable de cette couverture législative, qu’il conseille de faire «au cas par cas». Une notion qui n’est pas sans rappeler Amoris lætitia.

Au total, la lettre de la Secrétairerie d’État semble donc confirmer les propos du pape, le fait qu’il est opposé au mariage homosexuel mais pas aux unions civiles, qu’il parle des droits du couple homosexuel et non des droits individuels, et que, par le critère du cas par cas, il se réfère à l’impossibilité de reconnaître une situation comme objectivement mauvaise. Autant de questions posées à la théologie morale…

Élisabeth Voinier

Photo : Gaspard Miltiade / Wikimedia Commons

Sources : Aleteia, Le Point

 

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