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Bouton de la rubrique Focus

Vatican : Mgr Pell reçu par le pape

«Merci pour votre témoignage» : c’est par ces mots que le pape s’est adressé au cardinal George Pell en le recevant pour la première fois en audience ce 12 octobre 2020, plus de trois ans après son départ de Rome. Avant de s’embarquer pour l’Australie pour affronter son procès, Mgr Pell s’était présenté au pape avec une lettre de démission en tant que préfet du Secrétariat à l’économie du Vatican. François avait refusé cette démission, accordant au prélat une période de congé pour se défendre, et il avait, par l’intermédiaire du directeur du bureau de presse de l’époque, reconnu «l’honnêteté du cardinal pendant ses trois années de travail» au Vatican. Si la rencontre d’une trentaine de minutes s’est déroulée à huis clos, les premiers instants en ont été filmés et diffusés par Vatican Media, ce qui est inhabituel pour les audiences papales accordées aux cardinaux. On peut y voir la volonté de réhabiliter publiquement l’image du cardinal australien, y compris au sein du Vatican.
Le tête-à-tête entre les deux hommes marquerait ainsi le retour en grâce du cardinal, âgé de 79 ans, à peine sorti d’une tourmente judiciaire et d’un emprisonnement éprouvant. Le Saint-Siège le présente d’ailleurs désormais comme «préfet émérite du Secrétariat pour l’économie», alors qu’il était jusqu’à présent désigné comme «anciennement préfet du Secrétariat pour l’économie». Une différence subtile, mais qui indiquerait que le cardinal Pell – à qui il n’a jamais été demandé de renoncer aux prérogatives cardinalices – a retrouvé son plein statut au Vatican.
Sources : Vatican News, La Croix

Vatican : lutte anti-blanchiment

Couloir du Vatican

Alors que les inspecteurs anti-blanchiment du Conseil de l’Europe (Moneyval) sont en tournée d’inspection au Vatican, passant en revue toutes ses structures – de la Secrétairerie d’État aux dicastères, en passant par les Académies pontificales ou Caritas internationalis –, un décret publié le samedi 10 octobre par le gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican – un texte apparemment technique mais d’une importance majeure – renforce et élargit les pouvoirs de contrôle et de sanction en matière de lutte anti-blanchiment. Concrètement, le décret retouche une loi de 2013 qui accroissait déjà les pouvoirs de l’Autorité d’intelligence financière (AIF), sorte de police financière du Vatican. Ce nouveau texte étend par exemple les capacités de contrôles de l’AIF à de nouvelles structures, comme les trusts, les établissements de crédits et les filiales de groupes internationaux.
Le Vatican donne la possibilité à l’AIF de prendre en compte dans ses évaluations tous les biens de ceux qu’elle contrôle, y compris les biens immobiliers ou les actions en bourse, et ce «quels que soient leur mode d’acquisition et leur valeur». Surtout, il augmente les pouvoirs du promoteur de justice au Tribunal du Vatican (l’équivalent du procureur dans le système judiciaire français), qui peut désormais «coordonner les enquêtes dans le domaine de la prévention et de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme […] en exerçant une activité d’investigation». L’AIF peut aussi infliger des sanctions beaucoup plus importantes aux fraudeurs, sanctions qui seront rendues publiques «pendant au moins 10 ans» sur le site de l’AIF. Celle-ci est autorisée à créer un fichier central, qui recensera notamment le nom des personnes détenant des comptes et des coffres-forts à la Banque du Vatican, dont les données pourront être consultées par les autorités financières d’autres pays.
Le but de ces changements est de «rendre la gestion des finances du Vatican de plus en plus transparente, dans le cadre de contrôles intenses et coordonnés », la législation du Vatican tendant à être alignée «sur les meilleurs standards internationaux», notamment la dernière directive européenne adoptée par l’UE en 2018. Ils coïncident avec le remaniement de la commission de cardinaux de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR) qui, pour la première fois, ne comprend plus aucun représentant de la Secrétairerie d’État, ce qui pourrait signifier la marginalisation de celle-ci dans la gestion des finances du Saint-Siège.
Source : La Croix

Vatican : arrestation d’une proche de Mgr Becciu

Dans la soirée du 13 octobre, à Milan, Cecilia Marogna, 39 ans, collaboratrice du cardinal Angelo Becciu, accusée d’avoir détourné 250 000 € du Vatican, a été arrêtée par la Guarda di finanza, la police chargée en Italie des affaires financières, suite à un mandat d’arrêt émis par les autorités du Vatican. Alors que le cardinal Becciu était encore Substitut à la Secrétairerie d’État, Cecilia Marogna aurait eu à gérer une somme de 500 000 € provenant du Vatican, avec pour mission de bâtir des réseaux de relations en Afrique et au Moyen-Orient pour le compte du Saint-Siège. Mme Marogna aurait détourné les 250 000 € en produits de luxe. Elle est également soupçonnée d’avoir joué le rôle d’intermédiaire auprès d’acteurs financiers internationaux.
Depuis juillet 2019 et l’ouverture à la demande du pape d’une enquête sur des mouvements financiers suspects signalés par la banque du Vatican à la suite d’une demande par Mgr Becciu d’une somme de 150 millions d’euros, plusieurs proches du cardinal ont déjà été écartés. Ils pourraient comparaître prochainement devant le Tribunal du Vatican. Concernant Mgr Becciu, si selon le droit canonique un cardinal ne peut comparaître que devant le pape, ce point pourrait ne pas s’appliquer à l’ancien substitut démis depuis le 24 septembre de toutes ses prérogatives cardinalices.
Source : La Croix

USA : l’influence du catholicisme

Dans son numéro d’octobre, la revue trimestrielle de culture générale Codex (publiée par les éditions CLD et vendue en kiosque) fait un état des lieux précis de l’influence du catholicisme dans la société américaine, à un mois des élections présidentielles. Ses analyses dressent le portrait d’une minorité (entre 20 et 25 % de la population) diversifiée qui, au cours des siècles, a su trouver sa place dans la société américaine.
Ce numéro présente une fresque chronologique qui s’ouvre avec la première croix dressée en 1534 sur le continent nord-américain, et est jalonnée par un certain nombre d’événements marquants : l’institution de la liberté religieuse à la fin du XVIIIe siècle, l’immigration irlandaise, le discours de Paul VI devant l’ONU en 1965, la révélation en 2002par le quotidien The Boston Globe d’un vaste scandale d’abus sexuels au sein de l’Église américaine. Analyses politiques et sociétales, cartographies, récits et portraits de croyants révèlent une réalité complexe : le catholicisme américain est «tout à la fois démocrate et républicain, anti-sécularisé et ultraconservateur, charismatique et guindé, nationaliste et façonné par […] des générations d’immigrés». La revue retrace en détails la vie de John Fitzgerald Kennedy, premier chef d’État catholique aux États-Unis. Elle s’intéresse aux revirements électoraux des catholiques américains, polarisés sur certaines questions politiques et sociétales, en particulier l’avortement. Elle analyse le vote de l’électorat catholique américain, longtemps attaché aux démocrates, et qui s’est tourné depuis les années 1970 vers le camp républicain. Elle aborde les relations de l’Église américaine avec le Vatican, en particulier l’existence d’une certaine résistance au pape François au sein de l’épiscopat.
Source : Codex

Chine : le clergé catholique soumis à une éducation patriotique

Drapeau chinois

Le Parti Communiste Chinois accentue sa pression sur les prêtres et les religieuses catholiques pour qu’ils participent à des activités d’endoctrinement. Ainsi, le 1er octobre, jour du 71e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine, des prêtres et des religieuses de la ville de Xuzhou (province orientale du Jiangsu) ont dû assister à une manifestation commémorative à la base d’éducation révolutionnaire dans la province voisine. Ils ont dû exprimer «leur détermination à hériter de l’héritage des martyrs révolutionnaires» et «à aimer le pays et la religion, en gardant pour objectif de siniser le catholicisme et de mettre en œuvre les valeurs socialistes fondamentales». Les responsables du Bureau des affaires ethniques et religieuses ont demandé aux prêtres d’intégrer cette expérience dans leurs futurs sermons «pour prêcher l’énergie positive du patriotisme de manière proactive».
De même, plus de 20 membres de l’Association catholique patriotique chinoise et de la Commission administrative nationale de l’Église catholique chinoise, dont des membres du clergé, ont fait une visite aux «points rouges du patrimoine», parmi lesquels le Canal du drapeau rouge à l’extérieur de la ville de Linzhou, un projet d’irrigation lancé lors de la campagne du Grand Bond en avant de Mao Zedong dans les années 1950-1960. Ils ont dû écouter des commentaires de pensées du président Mao sur l’athéisme et le contrôle de la nature, et prendre des photos en tenant des banderoles de propagande qui seront ensuite envoyées au Bureau des affaires religieuses. Ils doivent noter leurs impressions et les partager avec les fidèles.
En juillet, certains croyants ont dû assister à des séminaires dans une branche de l’Institut du Socialisme, une école centrale pour les cadres du Parti, créée en 1956. Tous les participants devaient rédiger des essais, qui ont été envoyés au département du travail du Front uni pour examen. Ceux qui refusent peuvent être accusés de défier le Parti et avoir des ennuis, voire en causer à leurs responsables religieux.
Source : Bitter Winter

ONU : la Chine élue parmi les garants des droits de l’homme

Le 13 octobre, la République populaire de Chine a été élue parmi les 15 nouveaux pays qui rejoignent le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Parmi les pays d’Asie, Pékin était en concurrence directe avec l’Arabie Saoudite, qui a finalement été rejetée en raison des objections soulevées au sujet du cas de Jamal Khashoggi, le journaliste d’opposition tué au consulat saoudien d’Istanbul en 2018.
Pour mémoire, outre la persécution religieuse contre les catholiques, la Chine se livre à la déportation massive des Ouïgours et d’autres minorités musulmanes turcophones du Xinjiang, qui touche 1,3 million de personnes par an. Au Tibet, la population est soumise à un traitement similaire, avec des déportations vers des camps de «rééducation» (i. e. travail forcé). Tous ceux qui sont considérés comme trop fidèles à leur culture ou à leur religion, qui ne s’adaptent pas aux coutumes chinoises modernes et maintiennent des caractéristiques distinctes de celles de la majorité Han, sont considérés comme rétrogrades et sont rééduqués dans des camps de concentration. Une véritable persécution commence également en Mongolie intérieure : la langue mongole est progressivement supprimée des programmes scolaires, et les manifestations sont réprimées par la force.
La Chine est le pays qui détient le record de la peine de mort en termes de nombre d’exécutions, pour 46 types de crimes, dont beaucoup sont des actes non violents. Le régime s’en prend aux avocats des droits de l’homme, aux citoyens qui expriment leur dissidence et, depuis peu, aux médecins et aux journalistes qui ne se sont pas pliés au récit du régime sur l’épidémie de coronavirus. Son traitement de la question de Hong Kong constitue non seulement une répression des droits de l’homme, mais aussi une violation d’un traité international, en particulier avec le Royaume-Uni, qui prévoyait le respect de la pleine autonomie de l’ancienne colonie britannique.
En même temps que la Chine a été élu l’Ouzbékistan, pays qui bat le record du nombre d’esclaves contraints de travailler dans les champs de coton. Mais aussi le Pakistan, lieu de persécution généralisée des chrétiens, grâce à la «loi noire» qui punit les crimes de «blasphème» de la peine capitale.
Source : La Nuova Bussola Quotidiana

 

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