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Bouton de la Rubrique Grand Angle

Encyclique Fratelli tutti : les premiers échos dans la presse internationale

En complément aux analyses de Thierry Boutet dans ce même numéro, la SRP propose à ses lecteurs un balayage des premières réactions de la presse internationale sur l’encyclique Fratelli tutti, signée le 4 octobre dernier à Assise par le pape François.

Rompant avec la tradition – une récidive après Laudato si’ –, elle s’intitule Fratelli tutti, un titre qui sera conservé tel quel dans toutes les langues et donc pas traduit, a précisé Andrea Tornielli directeur éditorial du Dicastère pour la communication, dans un article du portail officiel Vatican News le 16 septembre 2020. Mûrie par le Saint-Père au long des mois de confinement, alors que la basilique Saint-Pierre et sa place étaient fermées et que les audiences publiques du pape et ses voyages étaient tous annulés, elle est le fruit d’une longue réflexion qui habite le cœur de François depuis les débuts de son ministère comme prêtre, comme évêque et comme pape.

Cette troisième encyclique de son pontificat, «consacrée à la fraternité et à l’amitié sociale1» et inspirée par «des frères et sœurs qui ne sont pas catholiques» (le révérend Dr Martin Luther King Jr, l’archevêque anglican Desmond Tutu et le Mahatma Gandhi de l’Inde – le frère inspirateur catholique étant le Bienheureux Charles de Foucauld), est un appel fait à toutes les religions pour construire la fraternité humaine, appel soulignant que les croyants «savent que notre témoignage de Dieu est bénéfique pour nos sociétés» à condition qu’il ne soit «jamais souillé par des objectifs idéologiques ou égoïstes». Le pape y suggère des moyens de construire un monde plus juste et plus pacifique, dans lequel nous nous reconnaissons comme frères et sœurs d’une même famille humaine.

Logo du journal La Croix

Le Journal La Croix met en relief la dimension interreligieuse qui traverse toute l’encyclique, signée à Assise, berceau de saint François et centre mondial du dialogue interreligieux. Il précise que «si dans Laudato si’, François se réclamait plutôt d’une réflexion commune avec le patriarche Bartholomée, le pape fait cette fois un pas supplémentaire et mentionne à quatre reprises le grand imam d’Al Azhar, Ahmed Al Tayyeb. Les deux hommes avaient en 2019 à Abu Dhabi signé une historique déclaration sur la fraternité pour la paix mondiale et la coexistence commune. Dont l’appel à la paix, à la justice et à la fraternité est ici entièrement repris.»

Le texte est long et se divise en 8 chapitres. Le journal espagnol ABC Sociedad fait cette remarque : «Le texte nécessite une lecture lente, ou peut-être deux lectures : la première pour identifier les pathologies et la seconde pour étudier les solutions. Et elle est surprenante par la variété de ses citations, des déclarations du pape dans le documentaire TED ou Win Wenders au célèbre vers d’une samba de Vinícius de Moraes : « La vie est l’art de la rencontre, même s’il y a tant de désaccords sur la vie ».»

Logo du National Catholic reporter

Le journaliste du National Catholic Reporter ne cache pas une certaine perplexité quant à un texte «clair et vrai, mais qui ne ressemble pas au genre de texte magistral auquel nous sommes habitués» : «J’avoue que je trouve encore cette approche un peu déroutante. On y trouve de nombreuses citations de déclarations antérieures de François, ainsi que des citations de la merveilleuse encyclique du pape Benoît XVI, Caritas in veritate. Mais les observations théologiques sont comme les notes de grâce d’une partition musicale dans cette section. L’essence de la mélodie est descriptive et pastorale, et non pas didactique et théologique.» Et plus loin : «Son style pastoral est enraciné dans la théologie, mais n’est pas lui-même strictement théologique, de sorte que les théologiens de notre Église ont du pain sur la planche, en exposant les thèmes ici et en fournissant les justifications théologiques et les explications de ses nombreuses intuitions pastorales. Si je pouvais interviewer le pape, j’aurais quelques milliers de questions à lui poser !» En contrepoint, il reconnaît que «Le style est plus homilétique que magistral, mais les aperçus démontrent l’œil vif d’un pasteur qui a été plongé dans le travail d’aider le peuple de Dieu à naviguer dans les complexités de son temps.» Et plus loin : «D’autres commentaires sonnent juste mais, encore une fois, ont l’air d’un sermon plutôt que d’un document pédagogique.»

Le ton parénétique est relevé par la journaliste du quotidien allemand Der Spiegel : «Avec sa nouvelle lettre d’enseignement, le pape François veut secouer : les paresseux, les fonctionnaires, les égoïstes. Ce n’est qu’ensemble que les problèmes de notre époque pourront être surmontés – ou pas du tout».

Logo du Figaro

Si Le Figaro explique que «le texte de Fratelli tutti suit, grosso modo, le syllogisme suivant : l’individualisme connecté ne crée pas de la relation mais de la solitude ; la toute-puissance promise par la mondialisation vient d’échouer magistralement contre un virus. Dès lors, il faut rebâtir», la revue America Magazine en note le caractère composite : «Cette lettre encyclique “rassemble” de nombreuses déclarations que le pape a faites au cours des sept dernières années sur le thème de la fraternité humaine et de l’amitié sociale. En effet, lorsqu’on lit l’encyclique, une grande partie semble familière ». La Croix y voit d’ailleurs un «condensé de la pensée du pape François» et note que «tout au long de ce texte, le pape convoque en réalité des concepts martelés depuis le début du pontificat». D’où l’impression que le traitement de sujets aussi vastes et nombreux se fait au détriment d’une certaine unité de pensée. Et une certaine difficulté pour les commentateurs de dépasser une description linéaire du texte pour prendre de la hauteur, au profit d’un regard plus analytique.

Une vision tragique du monde actuel

Le premier tiers du document comporte un aperçu de la situation contemporaine dans laquelle se trouve l’humanité, ce que le National Catholic Reporter (NCR) désigne comme une «étude du paysage socio-politico-culturel contemporain» et Le Monde comme un passage au crible de la mondialisation, le «premier document magistériel de l’Église catholique sur cette grande mutation qui affecte toutes les dimensions de l’existence, collectives comme individuelles». En quelque 240 pages version française, le pontife n’omet pratiquement aucun sujet d’actualité sociopolitique. La description qu’il en fait frappe par sa noirceur : «Fratelli Tutti décrit ainsi un “monde fermé»”empli d’“ombres” passablement inquiétantes», commente La Croix. Les circonstances de la pandémie actuelle seraient-elles en cause ? Non, répond le Catholic Herald, qui écrit : «Certaines indications préliminaires suggéraient que la lettre se concentrerait sur la réponse du monde à l’urgence du coronavirus – le pape François parle de la pandémie ici et là tout au long du document – mais il ressort clairement de la première section et de l’ensemble de l’effort que le pape considère la crise sanitaire mondiale et la réponse du monde à celle-ci comme des symptômes de maux plus profonds appelant une réponse plus incisive et plus soutenue».

Les maux principaux qui affectent le monde sont : le populisme2, la marée montante du nationalisme «myope», un individualisme radical, le marché libre, les dissensions politiques. Pour y répondre, les remèdes proposés par le pape sont : le primat des personnes, la réforme des Nations unies, la solidarité, une distribution plus équitable des biens, le dialogue. L’éventail de sujets va de la culture numérique aux migrants, en passant par l’économie et les armes nucléaires et, dans de nombreux cas, le texte réitère des positions que François a déjà prises sur ces questions. Deux points retiennent l’attention : le pape restreint les interprétations de l’enseignement séculaire de la «guerre juste3», qui fixe les conditions pour justifier moralement les conflits armés ; il réitère sa condamnation de la peine de mort qui, avec la guerre, est souvent présentée comme une «fausse réponse» aux problèmes. De façon générale, face à un environnement politique grossier, polarisant et agressif, il souhaite une politique de gentillesse, de tendresse et d’amour, incarnée par le bon Samaritain, qui a traversé pour aider son voisin souffrant au bord de la route.

Logo de The Tablet

Si Christopher Lamb, dans The Tablet, résume l’inspiration du texte sous le titre «Le pape offre une vision franciscaine pour guérir le monde brisé» et s’en tient à un compte-rendu descriptif de son contenu , le National Catholic Reporter met en relief la méthodologie du pape : elle se conforme à la consigne de «voir, juger, agir», initiée par le cardinal Joseph Cardijn de Belgique pour former les militants de la JOC à agir dans leur milieu, et elle insiste sur la dimension universelle de l’enseignement pontifical, universalité entendue au-delà des frontières de l’Église catholique : «Le pape est le pasteur universel de l’Église catholique et ce texte est accessible à tous, même aux non-chrétiens.»

Le Bon Samaritain : une parabole fondatrice

La deuxième partie de l’encyclique est consacrée à une réflexion sur la parabole du Bon Samaritain, qui sert de pivot à une réflexion théologique plus approfondie ainsi qu’à la partie «juger» du document. Le commentateur du National Catholic Reporter en fait l’éloge et souligne son impact sur tout lecteur : «Aucun d’entre nous ne peut réfléchir à ces questions que pose François sans éprouver un sentiment de honte».

Mais c’est à la dernière partie que le journaliste du National Catholic Reporter prête toute son attention : «J’aimerais aller de l’avant et me concentrer sur le cinquième chapitre intitulé « Un meilleur type de politique ».» Son commentaire prend dès lors lui-même une tournure très politique, engagée, se focalisant sur les conséquences concrètes du texte dans le contexte de l’Amérique, mettant en avant des questions très spécifiques posées aux évêques américains et aux catholiques à la lumière de Fratelli tutti. Très concrètement, par exemple : «Je pose la question : Comment les évêques des États-Unis peuvent-ils justifier le maintien d’une école de commerce dans une université qu’ils possèdent et qui contredit si systématiquement et complètement ces enseignements ?» Autre question d’actualité : «Les catholiques conservateurs qui soutiennent le président Trump vont-ils se débattre avec les implications de cet enseignement lorsqu’ils évalueront la politique du président à l’égard des immigrés ?» Et plus largement : «Comment les évêques américains vont-ils lutter contre le fait qu’un si grand nombre d’entre eux, en publiant des lettres pastorales aux fidèles avant l’élection, articulent clairement une vision du monde plus conforme à celle du président qu’à celle du pape ? Y aura-t-il suffisamment de votes lors de leur réunion de novembre, la première depuis que l’ensemble du corps a terminé ses visites ad limina avec le pape François, et maintenant qu’ils ont le temps de lire Fratelli Tutti, pour réorienter la conférence loin du programme réflexif et partisan qui a dominé leur travail pendant plus d’une décennie et pour commencer enfin à embrasser les enseignements magistraux du pape François ?» Le ton se fait plus incisif sur la fin de l’article : «Ce qui est clair, c’est que le pape François a donné à l’Église un témoignage de solidarité authentique à un moment où notre président – et ses alliés nationalistes à l’étranger – offre une contrefaçon de solidarité. Les deux variétés de solidarité sont des réponses aux excès et aux pauvretés créés par le néolibéralisme.»

Trop politique ?

C’est le journal La Croix qui, dans son édition du 6 octobre, pose la question en titrant : «L’encyclique Fratelli Tutti est-elle trop politique ?». Il rapporte ces propos du directeur jésuite de la revue Projet : «Le pape François se place en chef d’État, traçant un “cap commun” pour l’humanité. Un horizon d’autant plus nécessaire qu’il déplore à plusieurs reprises que le monde ne soit plus lié par aucun “rêve collectif” vers lequel avancer. […] La « politique du pape François n’évite pas les conflits, il appuie là où ça fait mal, en s’attaquant aux différentes logiques qui excluent les plus pauvres. Car c’est bien cela son fil rouge : mettre au jour les systèmes qu’ils soient économiques, sociétaux, culturels qui produisent “la culture du déchet”, qu’il dénonce sans cesse. De ce point de vue, avoir un pape qui fait de la politique, c’est nécessaire. […] Mais le pape heurte car son style est moins diplomatique, plus concret et peut-être moins nuancé que ses prédécesseurs. Un sentiment encore renforcé par l’étiquette “de gauche” qui lui est attachée en Europe et aux États-Unis. De mon point de vue, il renouvelle le langage d’Église, mais dans une radicalité de fond totalement fidèle à ses prédécesseurs et à l’Évangile.»

Plusieurs commentateurs de la presse française soulignent également le caractère politique du texte, quitte à remplacer le «trop» de la question par un «très» plus mesuré. C’est le cas du Figaro qui titre : «L’encyclique très politique du Pape sur la “fraternité”», et qui souligne que «Depuis son élection en 2013, François, en jésuite latino-américain, mène une guérilla sans merci contre le néolibéralisme, le nationalisme, l’individualisme.»

Jean-Baptiste Noé, rédacteur en chef de la revue Conflits, nous propose de prendre du recul, en rappelant que «Si nous regardons dans l’histoire, les encycliques sont assez régulièrement politiques à l’image de celle écrite par Léon XIII (au milieu des sollicitudes en 1892), Pie XI sur le communisme et le nazisme ou encore Jean-Paul II. Il ne s’agit pas d’une nouveauté avec François. Chaque pape s’exprime avec son style, sa pensée et son histoire.» Il note cependant que «le pape François prend parfois des positions de manière très directes. Par exemple, lorsqu’il assure que le droit à la propriété privée est un droit naturel secondaire, c’est une nouveauté. Je n’ai pas le souvenir dans une autre encyclique d’une opinion aussi tranchée mais il l’assume au début du texte. C’est son style d’affirmer les choses puis d’observer les réactions. […] Sur les principes énoncés dans l’encyclique, il n’y a rien d’offensant mais leur application concrète peut faire débat comme lorsqu’il parle de l’annulation de la dette des pays pauvres : ce n’est pas si simple d’un point de vue économique et non dénué de risques. De même sur le concept de guerre juste. Si tout le monde est d’accord sur les méfaits de la guerre, l’intervention de la France au Mali, par exemple, a contribué à protéger les populations. Chacun doit pouvoir exprimer son point de vue dans la fraternité, si je reprends le titre de l’encyclique. Le pape insiste beaucoup sur la décentralisation dans l’Église et la culture du débat. Il apprécie, même si les catholiques n’y sont pas toujours habitués, de bousculer pour faire réagir. En revanche, lorsqu’on intervient sur des sujets politiques, on entre dans le domaine de l’opinion. Certains seront d’accord, d’autres pas. Nous sommes dans l’ordre de la discussion et non dans le domaine théologique de l’infaillibilité pontificale ou de l’approbation d’un élément de foi. Il ne s’agit pas d’un discours dogmatique. Le pape développe des arguments et l’enjeu est que les catholiques puissent en débattre sans s’écharper.»

Logo de Liberté Politique

La revue Liberté politique fait le choix d’un compte-rendu au ton très critique, soulignant également le caractère très politique du texte, dimension sur laquelle son jugement est assez sévère : «En se positionnant explicitement sur des questions très politiques, qui malheureusement sont empreintes, dans le meilleur des cas, d’un angélisme irénique sans responsabilité, au pire, de relents de marxisme du pauvre. Si le constat de départ relève de l’évidence – la faillite du néolibéralisme, et le triomphe d’un individualisme mortifère – les solutions pour remédier à cet état de fait ne peuvent que laisser perplexe.» Concernant l’exploitation faite par le pape de la parabole du Bon Samaritain, elle note qu’une «certaine confusion est à l’œuvre : l’impératif de charité individuelle est une chose, la préservation de l’équilibre des nations par le pouvoir politique en est une autre, et ce n’est pas la première fois que les ordres sont ainsi confondus, donnant lieu à une vision sentimentaliste de la politique, avec de gentils étrangers à accueillir à bras ouverts s’opposant à de méchants gouvernements ou hommes politiques xénophobes, populistes et nationalistes – des termes utilisés avec récurrence dans le texte pontifical». De façon plus incisive, la revue pointe le fait que, «au nom d’une fraternité universelle politiquement irréalisable, le pape François a pris le parti d’abattre trois réalités cruciales : les frontières, passées par pertes et profits, de même que toute idée de nation comme garante d’une culture et d’une identité héritées. Les frontières ne sauraient s’opposer à l’arrivée du migrant, qui ne doit pas être exclu, ni considéré comme minoritaire, mais doit bénéficier sans conditions de la citoyenneté dans son pays d’accueil. La propriété privée est aussi relativisée. Enfin, “jamais plus la guerre” : le pape s’attaque à la notion de guerre, dans une déclaration d’intention qui a des relents de pacte Briand-Kellogg, par lequel les nations s’engageaient en 1928 à faire “guerre à la guerre”, avec les conséquences brillantes que l’on sait». Bref, conclut l’éditorialiste : «À la lecture de ce texte, le lecteur ne peut s’empêcher de considérer que notre pape reste marqué par des conceptions qui ont fait les beaux jours de la théologie de la libération en Amérique latine dans les années 1970, comme lorsqu’il fait l’apologie de l’économie populaire et de la production communautaire.» Plus inquiétant, elle souligne que, dans le huitième chapitre, «le catholicisme apparaît comme une option parmi d’autres dans le grand marché de la recherche du bien commun.»

Pour l’anecdote, signalons la polémique provoquée par le titre de l’encyclique, jugé trop «sexiste», en particulier aux États-Unis. Le Figaro s’en faisait l’écho avant sa parution : «En italien, langue de référence au Vatican, l’encyclique s’appellera Tutti fratelli, c’est-à-dire “tous frères”. Il est vrai qu’en anglais, brother est strictement masculin. Il n’a pas la même connotation universelle, hommes-femmes que peut avoir le mot “frère” en français ou en italien selon son contexte.» Ce qui a tout de même amené le Vatican à faire une mise au point : «Andrea Tornielli a précisé sur le site officiel Vatican News: “Comme il s’agit d’une citation de saint François, le pape ne l’a évidemment pas modifiée. Mais il serait absurde de penser que le titre, dans sa formulation, contient une quelconque intention d’exclure de ses destinataires plus de la moitié des êtres humains, à savoir les femmes.”» Au moins un problème qui ne devrait pas s’ajouter à la longue liste de ceux que traite Fratelli tutti !…

Élisabeth Voinier

Sources : Sources : The Tablet, National Catholic Reporter, America Magazine, Liberté politique, Le Monde, Le Figaro, La Croix, Spiegel, Catholic Herald, ABC Sociedad.


1 – 1. L’«amitié sociale » est un concept forgé dans les années 2000 par celui qui était encore le cardinal Jorge Mario Bergoglio, archevêque de Buenos Aires (Argentine) : «L’amour qui s’étend au-delà des frontières a pour fondement ce que nous appelons “l’amitié sociale” dans chaque ville ou dans chaque pays. Lorsqu’elle est authentique, cette amitié sociale au sein d’une communauté est la condition de la possibilité d’une ouverture universelle vraie.»

2 – 2. Concernant ce sujet, Le Monde note que «Le terme de populisme a longtemps posé problème à cet Argentin qui fut attiré par le péronisme dans son pays. Pour lui, il n’avait pas a priori de connotation négative puisqu’il désignait une volonté d’agir en communion avec un peuple déterminé, aux traits culturels uniques, notion “légitime” selon lui, et d’en respecter les caractéristiques et les aspirations. Dans Fratelli tutti, il essaye d’en définir la version dévoyée qu’il combat : le populisme devient “malsain” lorsqu’il “devient l’habileté d’un individu à captiver afin d’instrumentaliser politiquement la culture du peuple, grâce à quelques symboles idéologiques, au service de son projet personnel et de son maintien au pouvoir”. Fût-ce en “exacerbant les penchants les plus bas et égoïstes de certains secteurs de la population”».

3 – 3. Remarque du Catholic Herald à ce sujet : «Dans une note de bas de page, le pape François minimise l’utilité, à l’heure actuelle, du Père de l’Église généralement reconnu comme le principal architecte de la tradition de pensée du christianisme en matière de guerre juste. Saint Augustin [d’Hippone, évêque et docteur de l’Église], écrit le pape François, qui a forgé un concept de « guerre juste » que nous ne défendons plus aujourd’hui, a également déclaré que « c’est une gloire plus grande encore de rester en guerre avec un mot que de tuer des hommes par l’épée et de procurer ou de maintenir la paix par la paix, et non par la guerre ». C’est la note 242 de Fratelli Tutti, l’une des 288 de la lettre […]. Il est trop tôt pour dire si le n° 242 suscitera une discussion significative parmi les théologiens et les philosophes moraux et politiques (ainsi que le commentaire), mais ce ne serait pas la première note de bas de page dans l’histoire littéraire de ce pontificat à devenir le centre de la controverse.»

 

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