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Élections américaines : Joe Biden et Donald Trump courtisent l’électorat catholique

Le bilan et les engagements de Donald Trump

Le président en titre, Donald Trump, peut déjà être jugé sur son premier mandat. La conférence des évêques américains (USCCB) l’a félicité pour certaines de ses politiques, en particulier sur les lois protégeant le droit à la vie, rappelant aux électeurs américains que, selon l’enseignement de l’Église, elles sont de première importance dans la vie des sociétés. Mais elle l’a critiqué pour d’autres.

Donald Trump et Joe Biden

Côté positif, USCCB relève que l’administration Trump a mis en place des dispositions protégeant la liberté de conscience des professionnels de la santé, a étendu les protections contre le financement par les contribuables des fournisseurs et des promoteurs d’avortements en Amérique et à l’étranger, a mis fin au financement fédéral de la recherche utilisant des tissus fœtaux avortés et a travaillé pour mettre fin à un mandat du gouvernement qui obligeait les médecins à effectuer des opérations de transition de genre à la demande, qu’elle a offert une aide juridique aux organisations catholiques qui s’opposent au mandat du gouvernement en matière de contraception, notamment les Petites Sœurs des Pauvres.

Le 3 septembre, Donald Trump a envoyé une lettre au organismes pro-vie pour souligner les résultats obtenus au cours des quatre années de son administration et pour renouveler publiquement son engagement contre l’avortement. Il avait choisi lors de sa première campagne électorale Marjorie Dannenfelser, une catholique présidente de la Susan B. Anthony List (une organisation politique américaine qui cherche à faire favoriser la présence de femmes pro-vie en politique) pour diriger son Comité de conseil sur l’avortement. Celui-ci s’est considérablement développé depuis, au point de devenir aujourd’hui une coordination nationale menant une action sur les structures législatives nord-américaines, et montrant concrètement comment une autre politique est réellement possible.

Côté négatif, l’USCCB a critiqué l’administration Trump pour un certain nombre de mesures : la reprise les exécutions fédérales après un moratoire de 17 ans, la réduction du nombre de réfugiés admis par les États-Unis chaque année, la séparation des enfants migrants de leurs parents à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, l’expulsion des chrétiens chaldéens de la zone métropolitaine de Detroit.

Les atermoiements de Joe Biden

Le candidat Joe Biden est catholique, mais la mesure dans laquelle son appartenance confessionnelle influe sur ses opinions politiques est incertaine. Quand il est entré au Sénat en janvier 1973, Roe vs Wade, la décision historique de la Cour suprême qui établit le droit des femmes à l’avortement, a été annoncée peu après. Biden était alors plutôt favorable aux positions pro-vie. Mais, au cours des années 1970 et 1980, les démocrates sont devenus le parti pro-choix et les républicains le parti pro-vie, et la position de Biden sur l’avortement a changé. L’an dernier, il a brusquement retiré son soutien à l’amendement Hyde, une mesure interdisant dans la plupart des cas le financement fédéral de l’avortement.

Dans son programme électoral pour 2020, Biden s’est déclaré favorable à l’avortement. Les démocrates de tendance pro-vie ont dénoncé le soutien «extrême» de leur parti à l’avortement dans sa plateforme électorale, et Biden n’a pas répondu à leur appel pour un accueil de cette tendance au sein du parti. Il a également déclaré qu’il «travaillerait à codifier Roe vs Wade telle qu’amendée par Casey». La décision de la Cour de 1992 dans l’affaire Planned Parenthood v. Casey a confirmé l’arrêt Roe, mais a déclaré que les lois des États pouvaient réglementer l’avortement tant qu’elles ne constituaient pas un fardeau excessif pour les femmes qui cherchaient à se faire avorter.

Sous la pression des groupes libéraux, Biden s’est engagé l’an dernier à soutenir le financement par les contribuables des avortements volontaires aux États-Unis par l’abrogation de l’amendement Hyde. Il s’oppose également à la politique de Mexico, qui interdit à l’aide étrangère américaine de financer des groupes étrangers qui pratiquent ou promeuvent des avortements. Son plan de santé offrirait un financement public des avortements à grande échelle. Il a dit qu’il mettrait en place une option d’assurance santé publique qui, entre autres choses, couvrirait les contraceptifs et les avortements. Il a également déclaré que son ministère de la Justice «fera tout ce qui est en son pouvoir» pour mettre fin aux restrictions des États en matière d’avortement. Il a déclaré qu’il rétablirait les règles de l’administration Obama pour les organisations religieuses à but non lucratif sur le mandat de contraception du HHS (Department of Health and Human Services), ce qui pourrait forcer des groupes catholiques comme les Petites Sœurs des Pauvres, dont cette règle viole la conscience religieuse, à retourner devant les tribunaux. Il veut annuler les «larges exemptions» accordées par l’administration Trump aux groupes religieux en matière de lois sur la non-discrimination, ce qui pourrait ouvrir la porte à un flot de litiges contre les groupes religieux.

Le choix fait par Biden de la sénatrice Kamala Harris comme colistière a ravivé les inquiétudes des milieux pro-vie. Mme Harris est en effet une partisane déclarée de l’avortement. En tant que procureur général de Californie, elle a soutenu la législation visant à obliger les centres de grossesse pro-vie à informer les clientes des centres où elles peuvent se faire avorter. Elle entretient des liens étroits avec le Planning familial. Suite à sa sélection comme candidate démocrate à la vice-présidence, Planned Parenthood a dépensé des sommes importantes pour une publicité vidéo l’appelant «notre championne de la santé reproductive».

Si Joe Biden est élu, son administration pourrait cependant ne pas être aussi radicale sur la question que l’on pourrait le craindre et, selon certains observateurs, pourrait se montrer ouverte à la discussion sur des politiques visant à réduire les avortements.

La conférence des évêques américains a déclaré que si les catholiques doivent peser de nombreuses questions dans l’isoloir, l’avortement doit être pour eux une priorité. Dans une lettre récente, elle écrivait ainsi que «la menace de l’avortement reste notre priorité absolue parce qu’il s’attaque directement à la vie elle-même, parce qu’il a lieu dans le sanctuaire de la famille, et en raison du nombre de vies détruites».

Élisabeth Voinier

Source : Catholic News Agency

 

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