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Finances du Vatican : une priorité dans l’agenda du prochain pape

«L’Église est vivante, vibrante et efficace dans une société où les catholiques ont pleinement embrassé le catholicisme et vivent joyeusement leur vie de disciples missionnaires», constate l’écrivain George Weigel. En revanche, les lieux qui ont adopté une version du catholicisme qui s’écarte de certains aspects de l’enseignement moral de l’Église, option qu’il désigne par l’expression «Catholic lite» (catholicité allégée), ont vu la foi avoir une influence décroissante sur la culture.

Saint-PIerre de Rome

Weigel pointe ainsi plusieurs pays d’Europe où les responsables de l’Église ont proposé des accommodements radicaux avec la culture laïque. Notamment l’Allemagne, où les évêques ont inauguré un «processus synodal contraignant» pour examiner dans un esprit très critique divers aspects de l’enseignement et de la discipline de l’Église, en particulier la bénédiction des unions de même sexe, l’ordination des femmes et l’abrogation du célibat clérical. Les dirigeants laïcs locaux participant à ce processus s’y distinguent par leur soutien ouvert aux prestataires de services d’avortement. De même en Belgique, où l’euthanasie a été largement autorisée, et où certains organismes catholiques ont été au centre de la fourniture de soins de santé cherchant à s’adapter à cette pratique.

Mais, selon Weigel, cette formule «Catholic lite», contrairement aux attentes de ses promoteurs, ne rencontre pas le succès escompté. Elle ne fonctionne ni en Allemagne, ni en Suisse, ni en Belgique, ni aux Pays-Bas. Elle ne fonctionne nulle part. Et cela commande selon lui l’agenda du prochain pape : il devra gouverner l’Église «à la fois pour ramener ces personnes dans son giron et pour encourager ceux qui ont pleinement confiance dans l’Évangile».

Autre impératif de taille dans l’agenda du prochain pape, toujours selon Weigel : affronter la question de la réforme financière en cours au Vatican. Le Saint-Siège se trouve en effet en très grave difficulté financière, et il est possible qu’il déclare faillite d’ici la fin de l’année, affirme-t-il. Ses problèmes financiers sont dus à la «corruption», à l’«incompétence» et à «une culture du népotisme, au sens le plus large du terme».

Le pape François n’a pas ménagé ses efforts pour apporter des solutions à cette crise. En 2014, il a créé le Secrétariat pour l’économie sous la direction du cardinal George Pell. Dans les années qui ont suivi sa création, ce Secrétariat a mis en avant une vision globale de la réforme financière, en insistant sur la nécessité d’un audit complet des actifs du Vatican et d’une révision des procédures de passation des marchés. Mais beaucoup de ces réformes ont ensuite été bloquées ou inversées.

En mai 2020, le Père Juan Antonio Guerrero Alves, qui a succédé à Mgr Pell en tant que préfet du Secrétariat à l’économie, déclarait que le Saint-Siège s’attendait à une réduction de ses revenus de 30 à 80 % au cours de l’année à venir. Et le Saint-Siège a accumulé d’importants déficits depuis des années, dont un déficit de 70 millions d’euros sur un budget de 300 millions d’euros pour 2018.

Au début de ce mois, le pape François a publié de nouvelles lois régissant les transactions financières du Vatican, établissant de nouvelles normes pour les contrats attribués par la cité-État et les départements curiaux, et visant à injecter de la transparence et de la responsabilité dans le processus budgétaire du Saint-Siège et de ses institutions.

Malgré ces mesures, le chantier de la réforme financière est à peine entamé. Pour Weigel, le prochain pape devra, pour redresser les finances du Saint-Siège, rompre avec les politiques de recrutement et de promotion établies au sein de la Curie. Il devra faire appel à des personnes compétentes, y compris des laïcs, afin d’achever le travail entrepris pour résoudre les problèmes financiers de l’Église. Actuellement, de nombreux clercs sont nommés à des postes pour lesquels ils n’ont que peu d’expérience ou d’expertise. «Cela signifie qu’il faut mettre un terme à cette idée plutôt curieuse selon laquelle ce n’est pas parce qu’une personne a été un bon nonce quelque part qu’elle connaît quelque chose aux affaires et qu’elle est capable d’investir et de gérer de l’argent», conclut Weigel.

Transparence et compétence : deux mots qui devront guider l’action du prochain pape.

Source : CNA

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