Facebook Twitter Linkedin Whatsapp

«Aux armes, citoyens !1» …ou l’émotion en marche

Lors de son intervention devant la Nation le 16 mars dernier, le Président Macron déclarait, solennel : «Nous sommes en guerre». L’ennemi en l’espèce n’est plus notre semblable. L’adversaire aujourd’hui est une pandémie.

La semaine qui suit, on instaure – on l’invente – l’état d’urgence sanitaire. Dans ce nouveau conflit, les armes pour se battre se veulent protection. Les armes de défense sont des masques, des murs… Tout ce qui fait écran devient un bouclier. Une vie confinée, la distance obligée, le masque sur le nez, le mouchoir en papier, sont autant de frontières devant nous érigées, sont autant de moyens pour mieux nous protéger !


Le traditionnel défilé du 14 juillet a-t-il du plomb dans l’aile ? S’agit-il d’une simple décision de circonstances sans conséquences ?


Lorsque l’on est en guerre, on déploie son armée ! Aussi, en l’occurrence, est-elle désignée. On choisit l’arme blanche : celle de nos médecins, infirmiers et soignants. Ils ont accompagné la crise, silencieux, efficaces ! Le peuple, déférent, réinvente, moderne, l’antique hommage lige, se penchant chaque soir du haut de son balcon.

Cet élan élégant ne doit en rien gommer la présence réelle de l’armée de métier. Appelée en renfort dès le début de crise, elle aura déployé de sa main sûre et vive un hôpital de campagne2 près celui de Mulhouse, révélant au public ce volet sanitaire, mission parmi les siennes qui, sans être oubliée, n’est pas toujours visible, n’est pas toujours comprise…

Tandis que les Français entrent en convalescence, «le Président Macron souhaite rendre hommage aux soignants qui ont fait preuve de courage et de sacrifice pendant la crise du coronavirus3». L’intention est louable. Des voix, ici ou là, s’élèvent et interrogent. Le traditionnel défilé du 14 juillet a-t-il du plomb dans l’aile ? S’agit-il d’une simple décision de circonstances sans conséquences4 ?

Sans vouloir augurer de ce qu’il adviendra, on peut craindre l’esquisse d’un glissement douteux d’un État régalien vers une République de l’émotion.

Jérôme de Lartigue

 


1La Marseillaise, chant de guerre pour l’armée du Rhin.

2 – Voir France Bleu Orléans, 21 mars 2020.

3Le Parisien, 4 juin 2020.

4Cnews, Face à l’info, 8 juin 2020, 3’40.

 

>> Revenir à l’accueil