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Bouton de la rubrique Focus

Le matin, sème ton grain : Mgr de Moulins-Beaufort écrit à Emmanuel Macron

Monseigneur de Moulins-Beaufort

Sous le titre Le matin, sème ton grain. Lettre en réponse à l’invitation du Président de la République, Mgr de Moulins-Beaufort a publié le 3 juin une lettre d’une soixantaine de pages à Emmanuel Macron, afin de participer à la réflexion du monde de l’après-Covid-19 et de répondre à l’interpellation du Président lors d’une audioconférence organisée par l’Élysée le 21 avril, en temps de confinement. Cette lettre est donc la poursuite d’un dialogue, après la décision du Conseil d’État du 18 mai concernant l’interdiction des rassemblements cultuels. Elle expose dans un long paragraphe la notion de Bien commun, concluant que «l’élargissement du regard est sans doute la seule manière de sortir par le haut des traumatismes provoqués par l’épidémie et le confinement qui a été imposé aux corps sociaux. S’orienter dans une telle direction serait aussi sortir de la course actuelle des sociétés occidentales vers l’accumulation de moyens techniques permettant de transformer toute frustration en droit à faire valoir sur la société. Le corps social n’a pas à satisfaire les désirs de chacun, mais il devrait aider chacun à croire en son rôle propre, malgré ses manques et ses douleurs.»
Le président de la CEF suggère de garder les fruits de cette expérience et qu’une fois par mois, un dimanche soit «confiné» partout dans notre pays. Il demande solennellement que les aumôniers «soient associés aux plans d’urgence et non pas refoulés comme personnel non-indispensable». Il rappelle que «la mort appartient à l’aventure personnelle de chaque être humain […]. Au moment de mourir, plus d’affection est préférable à davantage de médecine.» Le dernier chapitre ouvre les perspectives du «monde d’après» : si le confinement a radicalement appauvri les relations sociales, le besoin de rencontre en sort renforcé.
Éric de Moulins-Beaufort, Le matin, sème ton grain. Lettre en réponse à l’invitation du Président de la République, Cerf, 2020, 60 p.

Est-il justifié, dans l’Église, d’enquêter sur des morts ?

Pour répondre à cette question, La Croix a sollicité deux canonistes, dont le père Bernard du Puy-Montbrun, collaborateur de la SRP. Voici sa réponse à la question : «En matière de législation pénale, le droit canonique ne prévoit pas qu’il faille juger les morts, ni la société civile. En cas de décès, l’action de la justice est éteinte car il n’est plus possible d’instruire à charge et à décharge, et encore moins de juger et de condamner puisque l’autre partie ne peut pas être entendue. On ne déterre pas les morts pour les juger ! Il en va de même en matière de prescription : passé un certain délai fixé par la loi, l’action de la justice ne peut pas se poursuivre. Avec le temps, les souvenirs se modifient et sont chargés par autre chose. Il est faux de dire que l’Église autorise les victimes supposées à demander la levée de la prescription légale. Seul le pape, de façon exceptionnelle, peut éventuellement l’accorder à la demande de l’évêque après une enquête licite. Et de nombreuses demandes ont été refusées par Rome. Le drame actuel est donc de penser que l’évêque peut condamner sans tenir compte des délais de la prescription, et parfois en déformant les conclusions d’une enquête canonique.» La suite est à lire sur le site de La Croix.
Source : La Croix

Nicolas Buttet quitte la gouvernance de la fraternité Eucharistein

Après deux mandats, le fondateur de la communauté suisse Eucharistein (une communauté nouvelle axée sur l’adoration eucharistique, l’accueil des plus pauvres, des jeunes en grande difficulté et le travail de la terre), basée dans le diocèse de Toulon, a décidé de passer la main et prend un temps sabbatique chez les sœurs de Mère Teresa. C’est un moment clé pour cette communauté nouvelle dont Nicolas Buttet assurait la direction depuis sa fondation en 1996. La communauté (une petite trentaine de membres) étant mixte, elle peut être dirigée par un homme ou par une femme. L’enjeu : vérifier que la longévité de la communauté dépasse le charisme du fondateur, un excellent prédicateur à la forte personnalité, autour de qui se concentrait une grande partie de l’accompagnement spirituel et de la formation. Une transition qui peut être épineuse, comme vient de le montrer le cas de la communauté de Bose (voir brève du 29 mai 2020).
Source : Cath.ch

Les conflits d’intérêts entre associations médicales et industrie

Médicaments et argent

Le British Medical Journal a publié le 27 mai une étude sur les relations financières entre les fabricants de produits pharmaceutiques et de dispositifs médicaux et les dirigeants d’associations médicales professionnelles américaines influentes, qui représentent et forment les médecins travaillant dans le domaine des maladies les plus courantes et les plus coûteuses (maladies cardiaques, troubles mentaux, diabète, arthrose, cancer, maladies pulmonaires chroniques, asthme, problèmes de dos et maladies infectieuses). Résultat : 235 des 328 dirigeants ont des liens financiers avec l’industrie et, pour ceux d’entre eux qui sont médecins ou ostéopathes, soit 293 praticiens, 235 (80 %) ont de tels liens. Entre 2017 et 2019, près de 130 millions de dollars (119 millions d’euros) leur ont été versés, avec un revenu médian par dirigeant de 31 805 dollars. «Ces groupes de médecins sont puissants et ils ont une influence énorme aux États-Unis et dans le monde entier, y compris sur les définitions des maladies qui déterminent qui est en bonne santé et qui est malade», indique l’auteur principal de l’étude, le Dr Ray Moynihan.
Source: Medical Press

Un hommage au visage

Alors que le port d’un masque imposé par la pandémie nous prive de visage, le Père Dominique Auzenet nous propose une réflexion sur la beauté du visage : «Pièce maîtresse des déguisements enfantins comme du théâtre antique, loup mystérieux qui cache autant qu’il souligne la finesse d’un visage, le masque était jusqu’à présent plutôt associé au plaisir et à la beauté. En quelques semaines, il aura complètement changé de registre. Le coronavirus en a transformé la valeur : de futile, le masque devient utile, indispensable. Faut-il penser que le masque va entrer dans nos habitudes quotidiennes ? Le placer sur notre visage va-t-il devenir un rituel comme mettre sa ceinture de sécurité en voiture ? Allons-nous nous «asiatiser», comme auparavant nous nous sommes américanisés, en ce qui concerne le sport par exemple ? Nous nous croisons masqués (pour un temps ? Pour souvent ?)… au bal du déconfinement. Privés de visage ? Mais pas de regard, heureusement ! Car, sous le masque, il y a toujours une personne. Cette situation inédite m’a tracassé.» Il nous livre ses recherches et ses réflexions sur le site Petite École Biblique.

Rédaction SRP

 

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