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Processus synodal allemand : le Rhin en appelle au Tibre

L’entrevue accordée par Mgr Bätzing à Publik Forum a porté sur plusieurs sujets, et la ligne suivie par le Président de la Conférence épiscopale allemande est clairement favorable à des évolutions qu’il présente comme conditionnant l’avenir de l’Église catholique, car «le nombre de personnes quittant l’Église catholique augmente, avec des conséquences financières de plus en plus graves pour les diocèses.

Numéro de Publik Forum

Sur la question des femmes prêtres, si Mgr Bätzing rappelle que «plusieurs papes ont souligné que la question de l’admission des femmes au sacerdoce est une question close. Le pape François n’y fait pas exception», il souligne que «dans l’Église catholique, il existe une autorité de décision, avec le collège des évêques cum Petro et sub Petro. Mais cela ne signifie pas que l’on ne peut pas continuer à débattre de la question de l’ordination des femmes.» Il explique que «dans le peuple de Dieu, les arguments pour le non à l’ordination féminine ne sont souvent plus acceptés. C’est pourquoi je suis très favorable à ce que les idées et les décisions que nous collectons sur le chemin synodal – concernant également les femmes et les ministères – soient portées à Rome, au niveau de l’Église universelle».

L’évêque du Limbourg s’est exprimé en faveur d’une bénédiction pour ceux qui ne peuvent pas recevoir le sacrement du mariage, les couples homosexuels et les couples divorcés et civilement remariés. Il souhaite également changer le catéchisme de l’Église concernant la sexualité humaine, insistant sur le fait que beaucoup rejettent l’enseignement de l’Église catholique sur ce sujet car «il semble à beaucoup de gens simplement être une morale d’interdictions. J’espère que nous développerons davantage certaines formulations telles qu’elles se trouvent actuellement dans le Catéchisme et reflétant l’état actuel de la doctrine. En effet, depuis un certain temps maintenant, il y a une tension entre les réalités de la vie des gens et les réalités de la vie de l’Église. Beaucoup vivent une sorte d’aliénation.»

En ce qui concerne l’accession des protestants à la communion, le prélat allemand a déclaré que des changements devraient avoir lieu : «Je suis cosignataire de la déclaration du Groupe de travail œcuménique des théologiens protestants et catholiques, et je suis convaincu : les chrétiens peuvent décider – avec de bons arguments et selon leur propre conscience – de participer à la célébration de l’Eucharistie – ou de la Cène – de l’autre confession. Parce qu’il y a maintenant tellement de congruence en ce qui concerne ce que nous croyons et ce que nous célébrons.»

Le prélat allemand a également déclaré que «le temps du milieu catholique est révolu. À l’époque, chaque paroisse avait son propre pasteur, et il n’y avait rien d’autre que la paroisse. C’était une concentration sur le prêtre que moi et beaucoup d’autres ne souhaitons plus avoir.» Le fait qu’il y ait moins de prêtres maintenant disponibles –des «prêtres ressources», selon ses termes – «ne doit pas nuire à la vitalité de l’Église». Ce changement pourrait permettre que «ce ne soient plus seulement les prêtres et les évêques qui gouvernent», mais qu’il existe également «d’autres formes de leadership et d’organisation».

Par ailleurs, le Président de la Conférence épiscopale allemande indique clairement qu’il n’y a pas d’alternative aux changements entrepris par les évêques allemands, en collaboration avec l’organisation laïque catholique le Comité central des catholiques allemands (ZdK). Un avis qui n’est sans doute pas partagé par l’évêque auxiliaire de Cologne, Mgr Dominik Schwaderlapp, qui vient d’annoncer qu’il avait retiré sa collaboration du forum de discussion sur la sexualité humaine, puisque la majorité de ses membres sont contre l’enseignement de l’Église catholique dans ce domaine. Quant à Mgr Rudolf Voderholzer, évêque de Ratisbonne, il vient de critiquer publiquement les méthodes «autoritaires» de la direction de la voie synodale, en particulier celles de Mgr Bätzing, qui a décidé, sans consulter l’Assemblée générale, d’établir des réunions de discussion régionales, ainsi que de ajouter un nouveau sujet (la crise du coronavirus) à la discussion. «Si vous décidez de suivre une procédure participative», a déclaré Mgr Voderholzer, «il faut également s’y conformer et éviter d’agir de manière autoritaire et solitaire.»

Cette fuite en avant du Président de la Conférence des évêques d’Allemagne dans le contexte de son «chemin synodal» ne semble pas dissuader les fidèles de quitter l’Église catholique. De l’aveu même de Mgr Bätzing, dans un entretien publié le 2 juin par le quotidien Kölner Stadt-Anzeiger, le nombre des fidèles a connu en 2019 une érosion plus importante que celle des années précédentes. Il prévoit pour 2020 une forte baisse de la contribution religieuse (via l’impôt). Certains diocèses surendettés ne pourront être sauvés que par des mesures de solidarité entre tous.

Rédaction SRP

Source : Publik-Forum

 

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