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Bouton de la Rubrique Grand Angle

Benoît XVI à (re)découvrir

Le portail catholique CNA en allemand nous offre une belle réflexion sur le livre de Peter Seewald récemment paru en Allemagne Benedikt XVI. Ein Leben, avec des informations inédites sur la personnalité du Saint-Père. En voici l’essentiel.

Voici presque vingt-cinq ans, le journaliste Peter Seewald – militant agnostique devenu catholique fervent – publiait Le sel de la terre, à une époque où les livres d’entretiens n’étaient pas aussi à la mode qu’aujourd’hui. Seewald avait entrepris des promenades spirituelles en compagnie de celui qui était alors le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et que l’on désignait en Allemagne sous le titre de «Panzerkardinal».

Le fruit de ces entretiens avec le cardinal Joseph Ratzinger devint un best-seller. Beaucoup de lecteurs furent alors particulièrement touchés au plus profond d’eux-mêmes par la réponse si simple du futur pape à la question «Combien y a-t-il de chemins vers Dieu ?» : «Autant qu’il y a de personnes humaines» répondit-il. Avec cette formule, le cardinal Ratzinger n’avait rien inventé d’exceptionnel, mais il exprimait simplement ce qu’il pensait. Avec beaucoup de sensibilité, il avait mis dans ces mots sa propre familiarité avec Dieu, sans viser quelque nouvelle stratégie missionnaire.

Le journaliste Peter Seewald a réussi avec cette biographie ce que personne d’autre n’avait pu faire : rendre compréhensibles et facilement accessibles aux lecteurs de langue allemande la figure et la théologie de Joseph Ratzinger. Cette biographie tant attendue permet une vue approfondie de cet immense serviteur de l’Église.

Benoît 16

Dans son portrait de Benoît XVI, Seewald montre que, enfant déjà, alors que se déchaînait le national-socialisme, Joseph Ratzinger savait que la famille Ratzinger ne suivrait personne d’autre et ne serait fidèle à aucun autre qu’au Seigneur Jésus Christ et à son Église. Seewald raconte avec un charme tout particulier les années d’enfance de Joseph : «L’histoire ne dit pas s’il a, un jour, participé à une bagarre ou à un combat de boules de neige. Pas non plus aux chamailleries, lorsque les autres, pendant la pause, couraient jusqu’au ruisseau pour y observer les poissons, à plat ventre sur la berge.» L’émouvante histoire de l’ours en peluche que le jeune Joseph voulut avoir à tout prix et qui l’a accompagné partout, conduit jusqu’au Vatican : «Il a fini par atterrir à Rome. Sur une chaise dans la chambre à coucher de l’appartement pontifical.» Aujourd’hui encore, l’ours, est assis dans le fauteuil de repos de Benoît. Un trait qui dépeint un homme de fidélité.

Les anecdotes rapportées par son biographe dressent de Joseph Ratzinger un portrait tout en finesse. L’étude ne lui demandait pas beaucoup d’efforts ; en revanche il n’aimait pas trop la contrainte imposée par l’école. Il vivait l’heure de gymnastique comme une horrible torture ; tout ce qui est militaire lui resta toujours étranger. À la maison il s’adonnait volontiers à la lecture. Il avait une prédilection pour les romans, surtout ceux de Hermann Hesse. Il menait une vie très modeste, dans la maison familiale comme ailleurs. Lorsque, à peine élu pape, il se montra aux catholiques depuis le balcon de la loggia de Saint-Pierre, son vieux pull-over était bien visible sous la soutane neuve. À la Lufthansa, il se disait que la valise usée du cardinal Ratzinger «nuisait à son image de marque». Anciens étudiants et collègues rapportent que le professeur de théologie, mis au courant des difficultés financières d’un étudiant ou d’un collaborateur, disait doucement : «Écrivez-moi votre numéro de compte sur ce papier». Un homme oublieux de lui-même et un homme de cœur.

L’amour de l’Église semblait vraiment inné chez lui. Le jeune professeur au Grand séminaire de Freising savait l’éclairer d’une façon nouvelle : «Avec le jeune théologien, une musique nouvelle apparaissait dans le monde, à tout le moins dans le monde de Freising. Il a apporté des choses que l’on n’avait jamais entendues. À l’époque, cela sentait le renfermé, et voici que quelqu’un arrive qui est capable de vous dire le message d’une manière nouvelle. Nous avons écouté ce qu’il disait. Pour nous, c’est une nouvelle porte qui s’est ouverte. Jusqu’alors, il n’y avait qu’une manière de voir très traditionnelle. Et il a pu éclairer les choses d’une lumière nouvelle», raconte un de ses anciens étudiants. Ratzinger ne prenait pas des airs de professeur et était un auditeur très attentif lorsque des étudiants venaient le trouver ou lorsque des confrères l’importunaient avec leurs questions. Cela a continué lorsqu’il était cardinal, puis pape. Un homme savant, mais aussi un pédagogue attentif à transmettre.

À quand la traduction de cette biographie en français ?

Rédaction SRP

Photo : German Wikipedia / Wikimedia Commons

Source : CNA Deutsch

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