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Notre monde reste paralysé par la peur de la mort

Cinq ans après sa parution, l’encyclique Laudato si’ est honorée, dans le contexte particulier d’une pandémie qui touche le monde entier. Les différents commentaires publiés cette semaine mettent en lumière le fait que la crise sanitaire actuelle est un symptôme de la crise écologique intégrale, problème à long terme. Dans la réflexion de l’Église pour aider à gérer la crise écologique, des pistes sont données pour enrayer les conséquences… et toucher aux racines. Trois éléments sont particulièrement mis en relief : une conversion écologique profonde et intérieure, un changement de nos modes de vie privilégiant plus de simplicité et le fait d’agir pour avoir du poids sur les décisions politiques.

Si l’on n’est pas sûrs que les comportements humains soient la seule cause du réchauffement climatique, la responsabilité personnelle est à prendre en compte, ainsi que la responsabilité politique. Il y a peu à peu des prises de conscience, et les lignes bougent : par exemple, les grandes entreprises – plus que les gouvernements – cherchent à changer leur mode de production afin de réduire considérablement leur empreinte carbone. Mais la manière de traiter cette crise est délicate ; elle nécessite une véritable prudence politique internationale.


«Le monde peut résoudre des crises sanitaires. Il viendra certainement à bout de la crise économique. Mais il ne résoudra jamais l’énigme de la mort.»


À propos de décisions politiques, regardons celles qui sont en lien avec la crise du COVID. La politique des gouvernements par rapport à la pandémie actuelle a eu un certain impact pour réduire la circulation du virus. Mais nous savons que ce n’est pas cela qui aboutira à la fin de la pandémie. Peut-être la découverte d’un vaccin ? Les gouvernements l’encouragent en investissant dans la recherche. Les lois des dernières semaines ont mis en péril nombreuses libertés individuelles et, pour autant, ont été largement admises. Qu’est-ce qui a donc sous-tendu cela ?

Ce pourrait bien être la peur de la mort : «Un fait radicalement nouveau est apparu. La modernité triomphante s’est effondrée devant la mort. Ce virus a révélé que, malgré ses assurances et ses sécurités, le monde d’ici-bas restait paralysé par la peur de la mort. Le monde peut résoudre des crises sanitaires. Il viendra certainement à bout de la crise économique. Mais il ne résoudra jamais l’énigme de la mort. […] L’épidémie a frappé les sociétés occidentales au point le plus vulnérable. Celles-ci avaient été organisées pour nier la mort, la cacher, l’ignorer. Elle est rentrée par la grande porte1 !»

Face à cette peur paralysante, les chrétiens sont ramenés à l’essentiel. S’ils avaient quelque peu oublié la raison pour laquelle l’Église est «experte en humanité», selon l’expression de Paul VI, ils peuvent revenir à leur responsabilité première : «Le monde attend d’elle une parole de foi qui lui permette de surmonter le traumatisme de ce face-à-face avec la mort qu’il vient de vivre2.» L’annonce de la vie éternelle ! À la suite de saint Paul, que nous avons entendu durant la liturgie de la semaine passée – «Mais si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi.» (1Co 15, 14) –, recevons de Dieu les paroles de la vie éternelle et partageons-les avec tous nos frères les hommes.

Élisabeth Collet

 


1 – Cardinal Robert Sarah, «L’épidémie du Covid-19 ramène l’Église à sa responsabilité première: la foi», Le Figaro, 19 mai 2020.

2Ibid.

 

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