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«Il leur manque quelque chose d’essentiel : c’est l’anthropologie 1» !

Quand on a dit ça, on a tout dit !

Comment l’archevêque de Paris peut-il être aussi incisif à l’endroit de ceux qui nous gouvernent ? En quoi l’évêque de Nanterre, qui fut en son temps aumônier des parlementaires, trouve-t-il les paroles du Premier ministre «sèches et lapidaires2» !?

Tandis que les représentants de l’épiscopat ont rencontré responsables et membres de l’exécutif, la réponse quasi cinglante se fait entendre : «Quant aux lieux de culte, je sais l’impatience des communautés religieuses. Les lieux de culte pourront continuer à rester ouverts. Mais je crois qu’il est légitime de demander de ne pas organiser de cérémonies avant le 2 juin3

Quand on a dit ça, on n’a rien compris !!


Ce sont les bons plus que les méchants qui sont suspects aux tyrans, et ceux-ci s’effrayent toujours de la vertu d’autrui


Mesdames, Messieurs, mes chers concitoyens, fermez le ban ! Nul n’est besoin de s’étendre sur le sujet. Passons au point suivant ! Mais cette parenthèse nous en dit déjà trop, reflète ce vide intérieur semblant toucher nos élites, montre que la dimension spirituelle n’est pas vécue, n’est pas connue, n’est pas audible quand «pour certains de nos dirigeants qui n’ont aucune vie spirituelle, aucune expérience de la foi, l’idée que notre vie sacramentelle soit vraiment importante est totalement en dehors de leur champ d’expérience4

Quand on sait cela, on est averti.

Et pourtant, Édouard Philippe d’enchaîner : «Au fond, ce que je vous propose de rétablir, c’est un régime de liberté5

Mgr Rougé tente alors une conjecture que l’on croit sortie d’un cauchemar, lançant : «Il y a une sorte de tropisme anticlérical en général et anticatholique en particulier6.» Cette hypothèse, sans doute hardie, rejoint pourtant les propos que Mgr Aupetit7 tenait la semaine précédente, rappelant les heures sombres de l’Occupation au sortir de sa formule laconique et néanmoins parlante : «La proportionnalité, c’est la question de l’intelligence, alors que le diktat qui tombe de haut, c’est en général le signe de l’impuissance.»

Seraient-ils en train de suggérer que la tyrannie est en marche ? Je n’ose l’imaginer, quand pourtant l’Aquinate sème en moi le doute par la clarté de son propos : «Ce n’est pas seulement dans les choses corporelles que le tyran accable ses sujets, mais il empêche aussi leurs biens spirituels, parce que ceux qui désirent plus gouverner qu’être utiles entravent tout progrès chez leurs sujets, interprétant toute excellence chez ceux-ci comme un préjudice à leur domination inique. En effet, ce sont les bons plus que les méchants qui sont suspects aux tyrans, et ceux-ci s’effrayent toujours de la vertu d’autrui8

Quand on soupçonne cela, on est interdit.

Nous aurons tenté de vivre cette saine quarantaine comme une sainte quarantaine ! Aujourd’hui, ce confinement arbitraire ne verra-t-il pas sourdre une sainte colère !? On perçoit de cet accent-là quand l’évêque de Nanterre invite à ce que «comme toujours, […] les catholiques soient à la fois fermes et paisibles9

Quand on vit cela, l’espoir est permis.

Jérôme de Lartigue

 


1 – Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, Radio Notre-Dame, 29 avril 2020.

2 – Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, KTO TV le 29 avril 2020.

3 – Édouard Philippe, Premier Ministre, Discours à l’Assemblée Nationale, 28 avril 2020.

4 – Mgr Matthieu Rougé, ibid.

5 – Édouard Philippe, ibid.

6 – Mgr Matthieu Rougé, ibid.

7 – Mgr Michel Aupetit, Radio Notre-Dame, 22 avril 2020.

8Thomas d’Aquin, De regno, Livre I, chap3 (voir ici).

9 – Mgr Matthieu Rougé,ibid.

 

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