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Bouton de la Rubrique Grand Angle

Le Covid-19 nous rappelle que nous sommes une seule humanité

Évacuation de malades

L’épidémie mondiale de coronavirus est un «défi spirituel et intellectuel», estime le Père Arturo Sosa, qui ajoute : «le pire virus n’est pas le Covid-19, mais l’injustice qui ne permet pas à tant de personnes de vivre une vie humaine digne». La crise sanitaire actuelle pourrait selon lui être considérée comme une opportunité, celle de rappeler à tous que «nous sommes une seule humanité [dans laquelle ] il n’y a aucune différence d’âge, de race, de religion ou de statut social. Chacun d’entre nous en fait partie ; personne n’est exclu ; personne ne peut se passer des autres».

Selon le général des Jésuites, la crise révèle «la compétence et la générosité de ceux qui sont en première ligne, qui s’occupent des personnes touchées, qui cherchent des solutions ou prennent des décisions difficiles pour le bien de tous», ainsi que «la sensibilité de tant de personnes ou d’organisations et l’énorme réserve de solidarité qui existe chez les jeunes, les adultes et les personnes âgées, dans toute la société humaine».

Il rappelle qu’«écouter l’Esprit, avoir confiance en Dieu et se laisser guider par lui ne nous dispense pas de l’effort de comprendre en profondeur les causes de cette crise, ses conséquences et les moyens d’en faire une occasion d’avancer vers un monde plus juste et plus humain. […] Nous devons tirer la leçon que si nous ne changeons pas [notre mode de vie] après la crise de Covid-19, la situation sera pire à l’avenir». La crise de Covid-19 «aura un impact énorme sur nos relations mutuelles, sur notre façon de travailler, sur la façon dont l’économie mondiale est gérée, sur notre façon de prier ensemble».

Séjournant il y a trois semaines en Inde et au Népal, où la pandémie n’en était qu’à ses débuts, il a été frappé par «les initiatives étonnantes qui sont prises dans le monde entier, les «petits actes de gentillesse que les gens manifestent les uns envers les autres, les projets organisés par des organisations bénévoles et étatiques, l’aide offerte par les communautés chrétiennes, par nous-mêmes et nos partenaires de mission». Mais, «Pour beaucoup des plus pauvres de notre monde, si on leur dit de rester à l’intérieur ou de pratiquer la distanciation sociale, cela signifiera qu’ils ne pourront pas gagner leur salaire quotidien. En outre, cela signifie qu’ils n’auront pas de nourriture à mettre sur la table pour leur famille. Cela peut sembler être un choix entre la maladie ou la famine».

Une expérience qui l’amène à faire un rêve : que «la Compagnie de Jésus puisse imaginer et mettre en pratique de grandes choses comme Ignace, François Xavier et tant de jésuites dans l’histoire jusqu’à nos jours». «Nous voulons vivre ce temps comme une opportunité» conclut-il.

Rédaction SRP

Photo : S. Lecorche / Wikimedia Commons

Source : America Magazine

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