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C’est maintenant l’heure de choisir

La crise du coronavirus concerne-t-elle le monde entier ? Voilà une question que l’on peut se poser lorsqu’on regarde l’évolution des marchés financiers des grandes places asiatiques, occidentales et américaines depuis le début de l’épidémie. Si les indices de référence ont perdu plus de 20 % de leur valeur par rapport à leurs sommets du mois de février, ils ont connu sur les dernières semaines des variations d’une amplitude inégalée, permettant à certains investisseurs d’engranger des gains substantiels en spéculant sur des très gros volumes au milieu d’une situation économique que le ministre des Finances français n’a pas hésité à qualifier de «cataclysmique».

Cette semaine, alors que les nouvelles du front sanitaire aux États Unis ne cessent de s’aggraver, que les statistiques du chômage explosent littéralement, révélant une crise économique et sociale sans précédent, l’indice Dow Jones clôture avec une hausse de 11 % sur trois jours et de 26 % par rapport à son point bas du 23 mars.


En se déconnectant de l’économie réelle, les marchés ne développent-ils pas un monde virtuel passablement irresponsable ?


Les marchés sont-ils sur une saine anticipation de la sortie de crise ou n’apportent-ils pas la preuve qu’ils ont perdu le sens du réel ? L’argent est-il encore un étalon de la valeur des choses ou est-il devenu son propre principe ? En se déconnectant de l’économie réelle, les marchés ne développent-ils pas un monde virtuel passablement irresponsable ? C’est ce que souligne la Conférence des évêques de France dans son communiqué du 19 mars dernier adressé à tous les Français : «Osons le dire, l’égoïsme, l’individualisme, la recherche du profit, le consumérisme outrancier mettent à mal notre solidarité. Nous avons le droit d’espérer que ce que nous vivons en ce moment convaincra le plus grand nombre qu’il ne faut plus différer les changements qui s’imposent : alors, ce drame porteur d’angoisse n’aura pas été traversé en vain1».

C’est en des termes encore plus directs que le pape François s’est adressé à l’Église universelle dans son homélie du 8 avril à la chapelle Sainte-Marthe. Il y dénonce sans complaisance une avarice généralisée, un amour immodéré de l’argent pris comme finalité, qui nous entraînent à vendre notre prochain. En commentant l’évangile de la trahison de Judas, François nous interpelle tous : «Chacun de nous a la possibilité de se laisser attirer par l’amour de l’argent ou des biens, ou du bien-être futur… Toi, Judas, le petit Judas que j’ai en moi : où es-tu ?2»

«C’est maintenant l’heure de choisir : entre la réalité et les intérêts3».

Jérôme Fouquet

 


1Communiqué de la CEF du 19 mars 2020.

2Homélie du pape François retransmise en direct le 8 avril 2020.

3Ibid.

 

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