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Bouton de la Rubrique Grand Angle

Des confesseurs créatifs

Alors que tous les diocèses des États-Unis se conforment aux restrictions des États et de l’État fédéral pour la pandémie, les prêtres veulent continuer à offrir à leurs paroissiens la possibilité de recevoir le sacrement de confession. Une note publiée le 20 mars par le Pénitencier apostolique du Vatican est venue rappeler des enseignements de base, dont le respect s’impose aussi en temps de pandémie : «Même à l’époque du COVID-19, le sacrement de la réconciliation est administré conformément au droit canon universel et aux dispositions de l’Ordo pænitentiæ». La confession individuelle reste «la manière ordinaire de célébrer ce sacrement», et l’absolution collective (ou absolution générale) «reste une option, mais seulement dans des circonstances graves, s’il y a impossibilité de confessions individuelles».

Sacrement de réconciliation

L’archevêque d’Indianapolis, Mgr Charles Thompson, a adressé une lettre à son clergé, dans laquelle il déclare : «La pandémie actuelle et les mesures prises pour la combattre rendent très difficile la réponse aux demandes individuelles de confession. Par conséquent, par souci de la santé de notre peuple et jusqu’à nouvel ordre, les demandes d’aveux individuels devraient être reportées à moins qu’elles ne soient demandées par une personne en danger de mort imminent». Il fait écho à une déclaration du pape François encourageant les pénitents à faire un acte de «contrition parfaite1» si la confession est impossible pendant le carême en raison de la pandémie.

Le président du comité de liturgie de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, Mgr Leonard Blair, a rappelé que le téléphone portable ne pouvait pas être utilisé comme moyen de confesser ses péchés. Il précise à ce sujet que «les téléphones portables ne doivent pas être utilisés même pour l’amplification des voix entre un confesseur et un pénitent qui sont à portée visuelle l’un de l’autre».

Les impératifs de distanciation sociale empêchant l’utilisation des confessionnaux et les contacts non protégés entre pénitents et confesseurs, il a fallu improviser et se montrer créatif. C’est ainsi qu’un diocèse a suggéré aux prêtres d’entendre les confessions dans un espace adapté : «une salle de classe ou de conférence, un espace qui permet une distance sociale suffisante, mais qui assure également l’intimité de la confession». Dans une paroisse du diocèse de San Angelo, les pénitents sont invités à se confesser dans un grand jardin. La ligne de confession se forme à l’unique porte d’entrée, et des X sur le sol sont marqués avec du ruban adhésif tous les six pieds pour que les gens sachent où faire la queue. Le confessionnal est une cloison temporaire drapée de tissu violet située au bout d’une place couverte. Pendant les confessions, «nous jouons de la musique instrumentale en arrière-plan, pour que personne d’autre ne puisse l’entendre. Les pénitents traversent ce déambulatoire en plein air jusqu’à la cloison que nous avons installée. Le parking est juste à côté du jardin. Ils sortent donc de la voiture et s’alignent immédiatement sur les X de ruban adhésif sur le trottoir».

Dans l’archidiocèse de Saint-Paul et Minneapolis, les dispositions prises s’inspirent de la pratique du drive-in et les confessions ont lieu sur un parking : «Nous avons deux entrées et nous installons des panneaux et des cônes pour aider à guider les gens qui entrent dans le parking. Au fond de celui-ci, deux prêtres sont assis sur une chaise de jardin, sur une berme qui fait saillie dans le parking. Nous installons également des cônes pour indiquer où les pénitents doivent se garer pour se confesser, à un mètre du prêtre». La formule rencontre un certain succès : «Alors que je me rendais à ma première confession, j’espérais qu’il y aurait au moins une voiture qui attendrait dans le parking. Il s’est avéré qu’il y avait une file de cinq voitures avant même que j’arrive à la maison pour récupérer mon étole et ma chaise de jardin ! J’ai fini par entendre neuf confessions au cours de la première demi-heure», témoigne le curé.

Ce même curé constate que «la miséricorde de Dieu est une chose dont les gens ont toujours faim. Mais avoir besoin de la miséricorde divine, avoir besoin de l’amour de Dieu, avoir besoin d’avouer ses péchés – toutes les raisons habituelles pour lesquelles la confession est toujours importante – ont été aggravées maintenant. Les gens apprécient aussi la partie humaine de la confession, le fait d’entrer en contact avec une autre personne ; ils ont davantage faim de cet élément humain maintenant, avec les restrictions sociales actuelles. […] La confession est une aide énorme pour s’assurer que nous fonctionnons à 100 % dans notre amitié avec Jésus».

Rédaction SRP

Source : National Catholic Register


1 – Le Catéchisme de l’Église catholique (1452) déclare à ce sujet : «Une telle contrition remet les péchés véniels ; elle obtient également le pardon des péchés mortels si elle comporte la ferme résolution de recourir à la confession sacramentelle le plus tôt possible».

 

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