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Il ne faut plus différer les changements qui s’imposent

Voici bientôt deux semaines que nous sommes appelés à rester chez nous depuis le début de la crise sanitaire. Selon les recommandations du Conseil scientifique réuni autour du Président de la République, la période de «confinement» risque de durer encore quelques semaines, au moins jusqu’à la fin du mois d’avril. Les chrétiens d’Europe et d’Afrique risquent de vivre la fête de Pâques confinés dans leur maison, sans possibilité de célébrer en communauté la joie du Salut offert à toute l’humanité. L’effort du consentement au dépouillement total jusqu’à l’Eucharistie de Pâques risque d’être très dur, avec peut-être le sentiment d’être abandonnés…

Depuis quelques semaines, des chaînes de solidarité dans la prière se sont organisées pour soutenir fermement le combat. Hier, fête de l’Annonciation, le pape François a appelé tous les baptisés à dire ensemble le Notre Père à 12h, les évêques de France ont pris l’initiative de faire sonner les cloches des églises à 19h30. Ils ont invité à prier le chapelet avec l’office de Lourdes à 15h30 et à poser une bougie allumée sur les balcons pour s’unir et se soutenir. Dans le communiqué qui a accompagné cette démarche, ils nous ont livré leur regard sur la crise en ces termes :


Depuis bien des années, notre humanité a l’intuition qu’elle doit changer radicalement sa manière de vivre.


«Depuis bien des années, notre humanité a l’intuition qu’elle doit changer radicalement sa manière de vivre. La crise écologique nous le rappelle sans cesse, mais la détermination a fait largement défaut jusqu’ici pour prendre l’ensemble des décisions qui s’imposent et pour s’y tenir. Osons le dire, l’égoïsme, l’individualité, la recherche du profit, le consumérisme à outrance mettent à mal notre propre solidarité. Nous avons le droit d’espérer que ce que nous vivons en ce moment convaincra le plus grand nombre qu’il ne faut plus différer les changements qui s’imposent : alors ce drame porteur d’angoisse n’aura pas été vain.»

Les maux à vaincre ici cités n’ont aucun rapport direct avec le COVID-19 ; ils concernent les maladies de l’âme et s’adressent d’abord à chacun d’entre nous. Mais, dans le contexte actuel, sous la menace de la maladie du corps, la tristesse des plus vulnérables qui meurent, les risques de manque de ressources médicales pour les malades, tout cela crée un sentiment de peur en nous qui vivons dans des pays où l’on ne manque presque de rien. Mais qu’en est-il dans les pays les moins bien lotis ? Car, comment rester confiné pour combattre lorsqu’on vit au jour le jour, lorsqu’on a besoin de vendre un régime de bananes ou une cuvette de beignets pour acheter un médicament ? Sommes-nous préparés à vivre le poids de cette souffrance à laquelle nous devons consentir aujourd’hui sans risque de céder à la panique et au désespoir ?

N’ayons pas peur d’affronter nos peurs intérieures, celles sur lesquelles les sirènes du monde viennent prendre racine et nous affaiblir. Avec courage, regardons en face la réalité, avec courage, identifions-la chacun chez lui, pour mieux la connaître et la vaincre. Et sachons compter plus que jamais sur Celui qui vient vaincre toute souffrance. L’Esprit Saint, Esprit de vérité, d’amour et de communion, est présent, sollicitant toute notre attention et notre liberté pour éclairer nos intelligences et affermir notre volonté et, ce faisant, permettre notre détermination radicale vers le Bien. Il travaille afin que demain soit un jour nouveau. Écoutons et agissons avec espérance !

Suzanne Lamartinière

 

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