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Restez chez vous !

«Retrouvez aussi ce sens de l’essentiel». C’est l’appel lancé par le Président de la République Emmanuel Macron, lors de son discours d’annonce des mesures restrictives de confinement prises pour la sauvegarde de la santé des Français.

En quelques semaines, quelques jours, quelques heures, le monde tel que nous le connaissons et le vivons au quotidien est mis à nu dans sa fragilité et tremble sur des fondations qui paraissent tout à coup décalées, voire futiles. Le silence s’invite dans nos aéroports, nos gares et nos avenues, et le confinement nous impose une forme de repos et de retour dans nos foyers et, plus proche encore, dans nos cœurs.

Une fois passées la stupeur, la peur légitime de manquer des ressources qui nous semblaient assurées, saurons-nous laisser la place à l’étonnement ? L’étonnement est la crainte de ce qui nous dépasse, non au sens du danger, mais de la grandeur. Or, ce qui nous dépasse est en nous, voilà qui est bien surprenant ! À chacun de nous de le redécouvrir, car, s’il nous est souvent devenu inconnu, il n’en a pas pour autant disparu.


Confinés chez nous, nous pouvons apprendre à ouvrir tous nos sens à la réalité qui nous entoure, et saisir celle qui nous habite.


Cette crise souffle sur les braises enfouies sous la cendre de nos rythmes et de nos choix de vie ; elle émeut bien des cœurs en les invitant à s’élargir à leur propre intériorité, à l’autre et jusqu’à Dieu Lui-même. À force de courir en croyant maîtriser le monde, nous voici stoppés dans notre course, obligés de nous arrêter sur le côté. C’est alors que nous pouvons comprendre que le mouvement effréné dans lequel nous sommes pris est devenu son propre principe, une dynamique qui s’auto-génère, qui a perdu sa liberté faute du choix d’une véritable finalité. Ne nous y trompons pas : nous ne sommes pas «sortis de la course», c’est la course qui s’arrête, laissant la place à un vide salutaire qui ravive la soif inextinguible de l’essentiel.

Confinés chez nous, c’est à nos fenêtres et sur nos balcons que nous prenons le sens du courage des personnels soignants pour les soutenir dans leur combat ; le temps retrouvé nous donne l’opportunité d’appeler les membres de nos familles et nos voisins isolés, ceux qui déjà ne sont plus «dans la course». Il nous rapproche et nous fait réaliser l’importance de leurs vies dans l’attachement et l’affection qui nous unissent.

Confinés chez nous, nous pouvons apprendre à demeurer immobiles dans l’instant, à ouvrir tous nos sens à la réalité qui nous entoure, et saisir celle qui nous habite.

C’est en plein carême que nous sommes invités au silence, au repos, au renoncement et au partage, pour réaliser que nous avons oublié cet essentiel qui, en réalité, porte le monde.

Jérôme Fouquet

 

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