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Vatican : un synode sur la synodalité en 2022

La XVIe assemblée générale ordinaire du synode des évêques se tiendra à Rome en octobre 2022, a annoncé le secrétaire général du synode, le cardinal Lorenzo Baldisseri, le 7 mars. Elle aura comme thème la synodalité, plus exactement : «Pour une Église synodale : communion, participation et mission». Un thème cher au pape François.

Saint-Pierre de Rome

Le concept de «synodalité» est en effet récurrent dans les déclarations du pape actuel, qui l’a évoqué dans divers contextes. Le 17 octobre 2015, à l’occasion du 50e anniversaire de la création du synode des évêques, il avait affirmé : «Ce que le Seigneur nous demande, dans un certain sens, est déjà contenu entièrement dans le mot “synode”. Marcher ensemble – laïcs, pasteurs, évêque de Rome – est un concept facile à exprimer en paroles, mais pas si facile à mettre en pratique». Lors du synode ordinaire des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement des vocations, en octobre 2018, il y fit de nombreuses allusions. À la suite du synode d’octobre 2019 pour la région pan-amazonienne, il soulignait que «la synodalité est un cheminement ecclésial qui a une âme qui est l’Esprit Saint […]. La pratique de la synodalité, traditionnelle mais toujours à renouveler, est la mise en œuvre dans l’histoire du Peuple de Dieu en marche, de l’Église comme mystère de communion, à l’image de la communion trinitaire». Le 29 novembre 2019, il déclarait encore : «La synodalité est un style, c’est une marche ensemble, et c’est ce que le Seigneur attend de l’Église du troisième millénaire».

Le terme «synode» vient en grec de la préposition σύν (avec) et du nom ὁδός (chemin – via en latin). Il signifie «faire route ensemble». Dans l’Église, il désigne une assemblée réunie pour délibérer et prendre des décisions en matière de doctrine ou de discipline. Depuis les premiers siècles, il a été utilisé pour désigner les assemblées ecclésiales convoquées à différents niveaux pour discerner, à la lumière de la Parole de Dieu, les questions doctrinales, liturgiques, canoniques et pastorales.

Le premier niveau de la synodalité s’exerce dans les Églises particulières. Le deuxième est celui des provinces et des régions ecclésiastiques, des conseils particuliers et surtout des conférences épiscopales. Le dernier niveau est celui de l’Église universelle. «Ici, le synode des évêques, représentant l’épiscopat catholique devient une expression de la collégialité épiscopale au sein d’une Église synodale», a expliqué le pape à son sujet.

C’est le pape Paul VI qui a créé le synode des évêques en 1965, lui donnant une charte pour encourager une union étroite entre le pape et les évêques du monde entier et pour «assurer une information directe et réelle sur les questions et les situations touchant à l’action interne de l’Église et à son activité nécessaire dans le monde d’aujourd’hui». Ce faisant, il répondait au désir des Pères du concile Vatican II de maintenir vivant l’esprit de collégialité vécu pendant le concile.

Les synodes des évêques réunissent des représentants de l’épiscopat désignés par des conférences épiscopales ainsi que des cardinaux, des évêques, des religieux, des recteurs et des dirigeants de mouvements et d’associations nommés par le pape en qualité de pères synodaux et d’experts. Une à deux fois par jour, une synthèse des interventions est publiée sur le site du Vatican. Le pape, avec ses collaborateurs et les dicastères de la Curie, s’inspire du contenu des propositions, les évalue, les approfondit. Après quoi il rédige une exhortation post-synodale qui définit des orientations à mettre en œuvre sur le sujet discuté.

Les synodes ordinaires ont lieu tous les trois ans sur des questions votées par les délégués synodaux élus ou nommés de chaque continent et de certains bureaux du Vatican. Il y a eu 15 synodes ordinaires à ce jour. Il existe également des synodes extraordinaires et des synodes spéciaux.

En ouverture du synode sur la famille, le 6 octobre 2014, le pape François rappelait la façon dont il envisageait les discussions au cours de ces assemblées : «parler clairement, parler avec parrhésia (en grec : liberté de parole) et écouter avec humilité». Pour appuyer son propos, il citait l’anecdote suivante : après le consistoire convoqué en février dernier pour préparer le synode, un cardinal lui avait écrit que certains parmi eux n’avaient pas eu le courage de prendre la parole «par respect au pape, croyant peut-être que le pape pense quelque chose de différent». «Cela ne va pas, a répondu le pape, ceci n’est pas la synodalité parce qu’il faut dire tout ce que dans le Seigneur on se sent de devoir dire, sans peur de froisser, sans timidité.»

En mars 2018, la Commission théologique internationale de la Congrégation pour la doctrine de la foi publia un document sur les racines théologiques de la synodalité dans l’Église, intitulé «La synodalité dans la vie et la mission de l’Église». Il notait que, dans l’histoire de l’Église, synodes et conciles étaient des termes presque interchangeables pour les assemblées ecclésiastiques formelles. Il expliquait que la vision plus moderne d’un synode comme distinct d’un concile est postérieure au concile Vatican II, et que son développement a été accompagné par l’apparition du néologisme «synodalité». Ce terme, disait-il, indique «le modus vivendi et operandi spécifique de l’Église, le Peuple de Dieu, qui manifeste et réalise concrètement sa communion d’être en marchant ensemble, en se rassemblant en assemblée et en participant activement de tous ses membres à sa mission évangélisatrice».

Parler de l’Église comme étant «synodale» par nature est quelque chose de nouveau, précise encore le texte de la Commission. Cela nécessite «une clarification théologique minutieuse», clarification que l’on attend du synode programmé en 2022. Le pape ne déclarait-il pas lui-même en 2015 : «Marcher ensemble – laïcs, pasteurs, évêque de Rome – est un concept facile à exprimer en paroles, mais pas si facile à mettre en pratique» ?

Rédaction SRP

Source : Catholic News Agency

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