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Bouton de la Rubrique Grand Angle

Cardinal Pell : audience le 11 mars

Le jugement que la Haute Cour, la juridiction la plus haute en Australie, rendra le 11 mars est pour le cardinal Pell la dernière chance de voir son innocence proclamée. La Haute Cour d’Australie, qui siège à Canberra, est composée de sept juges. Elle reçoit chaque année environ 500 recours, mais elle n’accepte d’en entendre que 35. Elle a indiqué par la voix d’un porte-parole que sa décision pourrait être rendue à l’issue des deux jours d’audience ou bien à une date ultérieure. Si son appel est rejeté, le cardinal Pell devra encore purger au moins deux ans et huit mois de prison.

Il y a trois ans, le cardinal Pell annonçait lors d’une conférence de presse à Rome qu’il retournait en Australie pour se défendre en justice contre les accusations de délits sexuels portées contre lui, malgré la possibilité d’utiliser son passeport diplomatique, ce qui lui aurait permis de rester à l’intérieur du Vatican et d’éviter un mandat d’arrêt. Il était pleinement conscient du climat défavorable pour lui – et pour l’Église catholique en général – créé par les médias australiens.

Certains commentateurs ont à plusieurs reprises souligné les incohérences des accusations portées contre le cardinal et présenté de légitimes interrogations sur l’évolution procédurale de l’affaire, qui a abouti à sa condamnation à une peine de prison prononcée à la majorité (2-1) par la Cour d’appel de Victoria. Rappelons à ce sujet la prise de distance significative de l’un des trois juges de la Cour, Mark Weinberg, qui, dans un rapport long et complet, s’est opposé au verdict, soulevant des doutes sur les preuves apportées par l’accusation et évoquant le principe du «au-delà du doute raisonnable».

La défense du prélat a préparé deux motifs d’appel. Le premier s’appuie sur le fait que les deux juges majoritaires ont appliqué «une méthode judiciaire erronée» en «confirmant le verdict du jury». Le second porte sur la crédibilité des faits et met en avant le fait que le cardinal Pell n’a pas eu le temps d’agresser les garçons dans la sacristie de la cathédrale Saint-Patrick de Melbourne dans le laps de temps de 5 à 6 minutes qui a suivi la messe du dimanche, alors que la cathédrale et la sacristie bourdonnaient encore d’activité et que lui-même était encore revêtu des ornements liturgiques.

Le cardinal Pell vit dans sa nouvelle cellule en attendant la décision des sept juges qui se réuniront le 11 mars. Une violente hostilité à son égard continue de se manifester en Australie. Une manifestation a eu lieu il y a quelques jours lors du Sydney Gay and Lesbian Mardi Gras organisé par la communauté LGBT australienne, qui a donné lieu à un défilé de costumes le tournant en dérision, le représentant enchaîné et flanqué d’un diable. Mais de nombreux croyants le soutiennent et ont commencé une neuvaine pour lui, par l’intercession de la Sainte Vierge et des saints martyrs Thomas More et John Fisher, auxquels le cardinal voue une grande dévotion. L’initiative est partie de la paroisse Saint-John-Henry-Newman, de l’archidiocèse de Melbourne, et elle a été immédiatement relayée par les plus proches collaborateurs du cardinal au Secrétariat à l’économie du Vatican, dont il était le préfet.

L’intérêt du cardinal Pell pour les saints martyrs Thomas More et John Fisher s’est renforcé au début des années 1990 à l’occasion de sa rencontre avec le Père Vincent Hongsheng Zhu, un jésuite chinois qui, en raison de sa fidélité à Rome, a passé 31 ans dans les cellules et les camps de travail du régime communiste de Pékin. Mgr Pell a été particulièrement frappé par son histoire et surtout par la force de sa foi, qui lui avait permis de ne pas avoir peur des autres prisonniers et de résister pendant son emprisonnement injuste.

Rédaction SRP

Source : La Nuova Bussola Quotidiana

 

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