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Bouton de la Rubrique Grand Angle

Église d’Allemagne : changement dans la continuité ?

Georg Bätzing

Lors de son assemblée de printemps, qui se tient actuellement à Mayence, la Conférence épiscopale allemande (DBK) a élu Mgr Georg Bätzing, évêque de Limbourg-sur-la-Lahn, nouveau président pour un mandat de six ans. Il succède au cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich et de Freising, qui avait annoncé le 11 février qu’il ne serait pas candidat pour un second mandat. Mgr Bätzing a été élu au troisième tour à la majorité simple des voix exprimées, aucun candidat n’ayant obtenu la majorité des deux tiers nécessaire lors des deux premiers tours de scrutin.

Né en 1961 en Rhénanie-Palatinat, Mgr Georg Bätzing y a mené la plus grande partie de sa carrière. Ordonné prêtre en 1987, il a dirigé le séminaire de Trêves avant d’être nommé vicaire général du diocèse de cette même ville en 2012, dont l’évêque n’était autre que Mgr Reinhard Marx. Il partage avec celui-ci des positions assez semblables sur la réforme de l’Église allemande. Il critique en particulier l’absence de prêtrise des femmes et, il y a un an, il déclarait que «le célibat n’est pas essentiel au sacerdoce». Il a été consacré évêque par le cardinal Rainer Maria Woelki le 13 septembre 2016. Il bénéficie de l’estime de ses confrères pour avoir regagné la confiance des catholiques dans son diocèse, une mission très délicate après la démission en 2014 de son prédécesseur, Mgr Franz-Peter Tebartz-van Elst, accusé d’avoir dépensé plus de 30 millions d’euros dans le réaménagement de sa résidence épiscopale.

À l’occasion de sa première apparition dans la presse en tant que président, Mgr Bätzing a réaffirmé le soutien de la DBK à la voie synodale en cours, menée en partenariat avec le Comité central des catholiques allemands (ZdK) : «Au centre de nos considérations se trouve la “Voie synodale”. Je la soutiens pleinement. Je poursuivrai sa ligne, car je suis persuadé que c’est la bonne», a-t-il affirmé. En tant que président de la DBK, Mgr Bätzing va maintenant coprésider l’assemblée synodale avec les dirigeants du ZdK.

Le mois dernier, Mgr Bätzing a été élu à la coprésidence du groupe de travail synodal sur «La vie dans des relations réussies – l’amour vit dans la sexualité et le partenariat». Interrogé sur le fait de savoir si certains des objectifs déclarés du processus synodal (en particulier l’ordination des femmes) n’avaient pas été effectivement écartés par le pape François dans son exhortation apostolique Querida Amazonia, il a répondu : «Au contraire». Selon lui, le pape «n’a pas pris position» sur un certain nombre de questions posées dans le document synodal final sur l’Amazonie et n’a pas exclu d’éventuelles conclusions du processus allemand».

En septembre 2019, Mgr Bätzing avait coprésidé un groupe de travail œcuménique composé de théologiens catholiques et protestants, qui a produit un document intitulé «Ensemble à la table du Seigneur». Ce texte conclut que «la participation mutuelle à la célébration de la Cène/Eucharistie du Seigneur est théologiquement justifiée». Au moment de la publication du document, M. Bätzing avait indiqué qu’il avait rejoint le groupe à un stade avancé du processus et qu’il s’était d’abord demandé «s’il pouvait ou non donner son accord». «Mais, avait-il ajouté, je dois dire que la justification théologique de ce document de base est si claire pour moi que je ne voulais pas et ne pouvais pas y échapper».

Alors que les évêques de plusieurs pays d’Europe du Nord ont demandé à plusieurs reprises l’intercommunion eucharistique, celle-ci a été rejetée par Rome. Reconnaissant ce fait au moment de la publication du rapport, Mgr Bätzing a déclaré que sa propre certitude sur la question ne signifiait pas qu’il était libre de modifier la discipline sacramentelle. «Cela ne signifie toutefois pas que je suis un évêque seul, mais la discussion théologique doit maintenant être élevée au niveau d’une réception d’enseignement, c’est-à-dire une acceptation par le Magistère de l’Église catholique. Et ce processus est en cours».

Les souhaits exprimés par le cardinal Marx – laisser la place à un successeur plus jeune et poursuivant sa ligne réformiste – lors de son renoncement à un second mandat à la tête de la DBK semblent être pleinement exaucés…

Rédaction SRP

Source : CNA

Photo : Spurzem / Wikimedia Commons

 

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