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Église d’Allemagne : nouveau bouleversement en perspective

«J’en suis arrivé à la conclusion que c’est maintenant le bon moment pour céder cette position à des mains plus jeunes», a déclaré le 26 février le Père Langendörfer, SJ, 68 ans, secrétaire de la conférence épiscopale allemande (DBK) depuis 1996. Ce prêtre jésuite est également directeur général de l’Association des diocèses d’Allemagne, un organisme qui agit en tant qu’entité juridique civile de la Conférence épiscopale allemande.

Logo de la Conférence épiscopale allemande

Le Père Langendörfer a travaillé comme secrétaire de la DBK avec ses présidents successifs, Mgr Karl Lehmann (jusqu’en 2008), Mgr Robert Zollitsch (2008-2014), puis Mgr Reinhard Marx (depuis 2014). Auparavant, il avait été assistant de recherche à la Chancellerie fédérale sous la direction d’Helmut Kohl (CDU) et responsable du Foyer des jésuites à Bonn.

Lors de son annonce le P. Langendörfer a précisé qu’il n’était pas nécessaire que son successeur soit un clerc, suggérant que des laïcs – éventuellement même une femme – puissent remplir ce rôle, ce qui serait une première dans les 172 années d’histoire de la Conférence épiscopale. Si cette éventualité se produisait, le fait ne serait pas inédit, puisqu’une femme, Anna Marija Kaschner, occupe déjà le poste de secrétaire générale de la Conférence épiscopale catholique pour la Scandinavie et l’Islande (ou Conférence épiscopale nordique).

Dans une interview accordée le mois dernier à la CNA, le Père Langendörfer avait déclaré qu’il était «inacceptable» que le Saint-Siège continue à exercer l’autorité finale sur l’enseignement et la discipline universels. Donnant en exemple le processus synodal de l’Église allemande en cours, il a appelé les autres régions à le suivre et à imposer un nouveau modèle fédéral à l’Église.

Le retrait annoncé du P. Langendörfer survient deux semaines après l’annonce tout aussi surprenante, le 11 février dernier, de celui du président de la Conférence épiscopale allemande, le cardinal Reinhard Marx, avec qui le P. Landörfer a lancé en 2019, en partenariat avec le Comité central des catholiques allemands (ZdK), un «processus synodal contraignant», dans lequel l’Église catholique en Allemagne débat de son avenir. La raison invoquée est la même : laisser la place à une «jeune génération». L’élection du successeur de Mgr Marx est prévue lors de l’assemblée générale de printemps de la DBK, qui se tiendra du 2 au 5 mars à Mayence.

Peu après l’annonce de la démission de Mgr Marx, Mgr Franz-Josef Bode, vice-président de la DBK, qui s’est prononcé ouvertement en faveur de changements substantiels dans la discipline de l’Église, a lui-même déclaré qu’il ne se présenterait pas aux élections pour remplacer Mgr Marx. Dans une interview de 2018, Mgr Bode avait prédit que le pape François autoriserait l’ordination d’hommes mariés dans les régions reculées de l’Amazonie, suite au synode sur la région l’année dernière. Il avait également déclaré que si le pape autorisait l’ordination de prêtres mariés en Amazonie, les évêques allemands insisteraient pour obtenir la même autorisation.

Mgr Franz-Josef Overbeck d’Essen (56 ans), qui est également président d’Adveniat, l’organisation d’aide de l’Église d’Allemagne pour l’Amérique latine, pourrait être le principal candidat pour remplacer Marx. Tout comme Mgr Bode, il avait prédit que le synode sur l’Amazonie entraînerait des changements importants dans la discipline de l’Église universelle, le qualifiant de «point de non-retour» pour l’Église, à partir duquel «rien ne sera plus comme avant».

Alors que la première session du processus synodal vient de se terminer, ce sont autant de signes d’une Église allemande en plein bouleversement.

Rédaction SRP

Source : CNA, Katholisch.de

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