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Canada : réaction des évêques aux révélations sur Jean Vanier

Jean Vanier

«Une trahison insupportable», «Nous avons été bernés». Au village de Saint-Malachie, au Québec, la consternation est générale. Une communauté de L’Arche s’y trouve depuis plus de vingt ans, et les personnes handicapées font partie intégrante du village. Le rapport incriminant Jean Vanier pour des abus sexuels rendu public ces derniers jours y a causé une onde de choc, comme dans de nombreux endroits au Canada, dont le fondateur de L’Arche était originaire. Tous ceux que Jean Vanier a inspirés, toute la communauté de L’Arche sont bouleversés, mais la valeur de son œuvre au service des personnes handicapées demeure : «Ce qui est clair pour moi, c’est que les raisons pour lesquelles j’ai choisi de venir à L’Arche ne sont pas touchées par ces révélations-là», affirme une employée.

Dès l’annonce des révélations, la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a réagi : «C’est avec le cœur lourd que nous avons pris connaissance, au cours du week-end, des résultats choquants d’une enquête indépendante, entreprise à l’initiative de L’Arche internationale, sur les allégations d’abus sexuels de son fondateur Jean Vanier», ont déclaré les évêques canadiens le 24 février.

«La nouvelle des abus commis par Vanier est d’autant plus difficile et incompréhensible que M. Vanier a eu une profonde influence sur la façon dont les personnes ayant un handicap mental et physique sont perçues et traitées aujourd’hui, et que ses écrits ont eu une influence positive sur la vie des gens au sein de nombreuses cultures et langues différentes, poursuivent les évêques. Néanmoins, tout le mal qui a été fait ne peut être excusé».

«Les évêques saluent le courage et prient pour toutes les victimes survivantes qui se présentent avec des expériences aussi douloureuses, afin de rechercher la justice et la guérison. De même, ils saluent les mesures audacieuses prises par les dirigeants de L’Arche pour lancer une enquête indépendante sur cette question dans un effort de recherche d’une plus grande clarté».

Les évêques ont déclaré qu’il faudra du temps pour que la guérison se produise, mais ils ont souligné la valeur de cette organisation «consacrée à aider les handicapés mentaux et leurs familles sur la base des principes de l’amour, de l’amitié, de la communauté et de la dignité de la personne». Ils tiennent à réaffirmer la valeur cette œuvre : «Les évêques du Canada prient pour le succès de l’importante tâche qui incombe maintenant aux dirigeants de L’Arche, à savoir rétablir la confiance grâce à leurs politiques et pratiques de sauvegarde rigoureuses, afin que la mission de l’organisation auprès des personnes handicapées puisse se poursuivre au Canada et à l’étranger. Alors que les péchés et les injustices sont dénoncés, il y a aussi un devoir urgent de se souvenir et de reconnaître le ministère vital, désintéressé et compatissant que les membres, les bénévoles et les dirigeants de l’organisation ont apporté à la vie de tant de personnes et pendant des décennies.»

L’Assemblée des évêques catholiques du Québec, d’où est originaire la famille de Jean Vanier, a publié le 22 février, un long communiqué signé de son président, Mgr Christian Rodembourg. Les évêques rendent hommage aux victimes dont «il est difficile d’imaginer la douleur qu’elles ont eu à porter pendant de trop longues années et les efforts qu’elles ont dû déployer pour dénoncer», et ils apportent aux responsables de L’Arche leur soutien, ainsi qu’aux communautés Foi et lumière, Foi et Partage et Intercordia. «Nul doute que l’image que nous nous faisons de Jean Vanier est ternie à jamais, écrivent-ils. Toutefois, les œuvres qu’il a mises sur pied gardent toute leur pertinence et leur prophétisme. Le soutien et l’estime que nous leur accordons doivent se poursuivre.»

Rédaction SRP

Source : Catholic News Agency

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