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Quand la campagne résonne

Cette année encore, la fin de notre hiver étonnamment printanier connaîtra son lot de joutes verbales à la conquête du bastion à prendre au camp d’en face, son assortiment de poignées de mains mercantiles pour la défense du clocher si âprement sauvegardé…

Heureusement, on nous l’a promis, un nouveau monde est arrivé, balayant les temps anciens ! En déboulant, la jeune classe conquérante gronde tous azimuts : «Dans la mare de leurs canards nous avons lancé, goguenards, force pavés, quelle tempête ! Nous n’avons rien laissé debout, flanquant leurs crédos, leurs tabous et leurs dieux, cul par-dessus tête1


Force est de constater que crédos, tabous et divinités sont pour le moins malmenés sur l’autel d’un libéralisme roi.


Et si les changements veulent aller bon train, le paysage, lui, ressemble au monde ancien. On relève çà et là bien des contradictions fièrement défendues en vaines circonvolutions. La campagne pour les élections municipales n’est pas, elle non plus, exempte d’exemples de ce genre. Il en va ainsi de la «circulaire Castaner» retoquée par le Conseil d’État, accusée de vouloir enfouir sous le tapis les résultats de la moitié du territoire2

Force est de constater que crédos, tabous et divinités sont pour le moins malmenés sur l’autel d’un libéralisme roi – nouveau visage d’un relativisme forcené –, suscitant des réactions d’incompréhension, réactions souvent vives, parfois désespérées…

Pourtant, nous sommes en France ! Pays des droits de l’Homme, où le droit de vote durement acquis nous est servi plus qu’à l’envi. On vit en élection perpétuelle, on nous inocule le suffrage universel à jet continu. Pour autant, il n’est plus si rare de voir apparaître une réaction de rejet au vaccin pourtant conçu pour nous permettre de vivre ensemble.

Le vaccin se veut rempart… Mais rempart contre qui et contre quoi ? On nous dit morts les clivages d’hier. Des clivages aujourd’hui sont néanmoins présents, portés par d’autres courants. Dans ce flot incessant attachons-nous à retrouver l’unité à la Source.

Jérémie Goulardet

 


1 – Georges Brassens, Le boulevard du temps qui passe, 1976.

2 – Municipales 2020 : la suspension de la «circulaire Castaner», un sévère désaveu pour l’exécutif, Le Monde, 1er février 2020.

 

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