Deux discours pour la vie
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Chaque enfant est un don précieux et sacré de Dieu

Discours de Donald Trump à la 47e Marche pour la vie

Nous publions ci-après les passages essentiels du discours prononcé par le Président Donald Trump à la 47e Marche pour la vie le 24 janvier, à Washington DC, d’après la traduction faite par Jeanne Smits et publiée dans son blog.

Merci beaucoup et merci à vous, Jeanne*. C’est un grand honneur pour moi que d’être le premier président de l’histoire à participer à la Marche pour la vie. Nous sommes ici pour une raison très simple : pour défendre le droit de chaque enfant, né ou à naître, de réaliser le potentiel qui lui a été donné par Dieu. Depuis 47 ans, des Américains de tous horizons font le voyage depuis les quatre coins de ce pays pour défendre la vie. Et aujourd’hui, en tant que président des États-Unis, je suis vraiment fier de me tenir à vos côtés.

Je tiens à souhaiter la bienvenue à des dizaines de milliers – la participation à cet événement est énorme – de lycéens et d’étudiants qui ont fait de longs trajets en bus pour venir ici dans la capitale de notre pays. Et pour que vous soyez encore plus heureux, sachez qu’il y a encore des dizaines de milliers de personnes à l’extérieur que nous avons croisées en chemin en arrivant ici. Si quelqu’un veut abandonner sa place, on peut s’arranger. Il y a une foule énorme de personnes à l’extérieur. Des milliers et des milliers de personnes auraient voulu entrer. C’est un immense succès.

[…]

Nous tous qui sommes ici, nous comprenons cette vérité éternelle : chaque enfant est un don précieux et sacré de Dieu. Ensemble, nous devons protéger, chérir et défendre la dignité et le caractère sacré de toute vie humaine. Lorsque nous voyons l’image d’un bébé dans le ventre de sa mère, nous apercevons la majesté de la création de Dieu. Lorsque nous tenons un nouveau-né dans nos bras, nous connaissons l’amour infini que chaque enfant apporte à une famille. Lorsque nous regardons un enfant grandir, nous voyons la splendeur qui rayonne de chaque âme humaine. Une seule vie change le monde – de la part de ma famille, je peux vous dire que je vous envoie de l’amour, et que j’envoie beaucoup, beaucoup d’amour – et dès le premier jour de mon mandat, j’ai pris des mesures historiques pour soutenir les familles américaines et protéger les enfants à naître.

[…]

Nous avons pris des mesures décisives pour protéger la liberté religieuse – c’est tellement important : la liberté religieuse a été attaquée partout dans le monde et, franchement, très fortement attaquée dans notre pays. Vous comprenez cela mieux que quiconque. Mais nous sommes en train d’y mettre un terme. Et nous prenons soin des médecins, des infirmières, des enseignants et des groupes comme les Petites Sœurs des Pauvres. Nous préservons la possibilité de l’adoption confessionnelle et pour faire respecter nos documents fondateurs, nous avons nommé 187 juges fédéraux, qui appliquent la Constitution telle qu’elle a été écrite, y compris deux juges extraordinaires de la Cour suprême – Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh.

Nous protégeons les droits des étudiants pro-vie à la liberté d’expression sur les campus universitaires. Et si les universités veulent l’argent des contribuables fédéraux, elles doivent respecter votre droit à la liberté d’expression au titre du Premier amendement. Et si elles ne le font pas, elles devront payer une très grosse pénalité financière, qu’elles ne seront pas prêtes à payer.

[…]

Cette année, la Marche pour la vie célèbre le 100e anniversaire du 19e amendement, qui a consacré à jamais le droit de vote des femmes aux États-Unis et qui a été octroyé par la Constitution américaine. Un si grand événement. Aujourd’hui, des millions de femmes extraordinaires à travers l’Amérique utilisent le poids de leur vote pour se battre pour le droit et tous leurs droits tels qu’ils sont énoncés dans la Déclaration d’indépendance : c’est le droit à la vie.

À toutes les femmes ici présentes, votre dévouement et votre leadership élèvent notre nation tout entière et nous vous en remercions. Les dizaines de milliers d’Américains réunis aujourd’hui ne sont pas seulement des défenseurs de la vie – c’est vraiment ici qu’ils la défendent si fièrement ensemble. Et je tiens à les en remercier tous. Vous défendez la vie chaque jour. Vous offrez un logement, une formation, un emploi et des soins médicaux aux femmes que vous aidez. Vous trouvez des familles aimantes pour les enfants qui ont besoin d’un foyer pour toujours. Vous organisez des fêtes prénatales pour les futures mamans. Vous faites – vous faites en sorte que la mission de votre vie soit d’aider à répandre la grâce de Dieu.

À toutes les mamans ici présentes : nous vous célébrons, et nous déclarons que les mères sont des héros. Votre force, votre dévouement et votre dynamisme sont la force de notre nation. Grâce à vous, notre pays a été béni grâce à ces âmes merveilleuses qui ont changé le cours de l’histoire de l’humanité.

Nous ne pouvons pas savoir ce que nos citoyens encore à naître vont accomplir. Les rêves qu’ils imagineront. Les chefs-d’œuvre qu’ils créeront. Les découvertes qu’ils feront. Mais nous savons ceci : chaque vie apporte de l’amour dans ce monde. Chaque enfant apporte de la joie à une famille. Chaque personne mérite d’être protégée. Et surtout, nous savons que chaque âme humaine est divine et que chaque vie humaine, née ou à naître, est faite à la sainte image de Dieu Tout-puissant.

Ensemble, nous défendrons cette vérité dans tout notre magnifique pays. Nous donnerons le champ libre aux rêves de notre peuple. Et avec un espoir tout de détermination, nous attendons avec impatience toutes les bénédictions qui viendront de la beauté, du talent, du destin, de la noblesse et de la grâce de chaque enfant américain.

Je tiens à vous remercier. C’est un moment très spécial. C’est un plaisir de vous représenter. Je vous aime tous. Et je dis avec une vraie passion, merci, que Dieu vous bénisse, et que Dieu bénisse l’Amérique. Merci à vous tous. Merci à vous tous.

* La «Jeanne» interpellée par Trump au début de son discours est Jeanne Mancini, présidente de la Marche pour la vie.

 

Lettre ouverte de Mgr Pierre d’Ornellas à Édouard Philippe sur la loi de bioéthique

Le 24 janvier, dans un entretien exclusif accordé au journal La Croix et essentiellement consacré à la réforme des retraites, le Premier ministre avait répondu à une question sur le projet de révision des lois de bioéthique actuellement examiné au Sénat après avoir été adopté le 15 octobre en première lecture par l’Assemblée nationale. Par une lettre ouverte au ton ferme, Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et responsable du groupe de bioéthique de la Conférence des évêques de France (CEF), a interpelé le Premier ministre dans une lettre ouverte publiée par La Croix le 27 janvier, dont nous reproduisons le texte ci-après.

Monsieur le Premier ministre,

Votre responsabilité gouvernementale est grande. Le débat démocratique est vital pour vous aider à l’assumer. Il est un « dialogue » grâce auquel nous cherchons ensemble le bien de tous. Or, vos propos sur la bioéthique dans votre interview du 24 janvier à La Croix laissent dubitatif.

Suffit-il à un premier ministre de constater que «le débat a été de grande qualité» et que «l’attitude des Français qui s’opposent» est «pacifique» ? Une personnalité de l’État a affirmé que «la loi de bioéthique porte une rupture anthropologique majeure». Douze hauts fonctionnaires et universitaires ont écrit que ce projet de loi «touche aux structures de notre société». Sur des sujets aussi sensibles qui ébranlent des repères majeurs pour la vie des êtres humains en société, le discours de la méthode n’est pas suffisant. D’autres personnalités – et non des moindres, croyantes et incroyantes – ont exprimé leur opposition à bien des points de ce projet de loi. Suffit-il de les cataloguer dans le registre des opposants – par bonheur pacifiques – pour conclure le débat ?

Les arguments de la raison éthique, et pas seulement ceux d’études sociologiques parfois contestables, ne sont-ils pas à considérer en priorité pour que la loi reste indicatrice et gardienne du «bien commun» ? À cet égard, comment la loi gardera-t-elle sa mission de protéger l’être humain, en particulier le plus faible, et favorisera-t-elle la société inclusive que vous appelez de vos vœux, si le projet de loi ne barre pas nettement la route à ce qui vous inquiète légitimement : l’eugénisme libéral, fruit d’un individualisme et d’une peur exacerbés par le pouvoir exercé sans discernement du dépistage génétique.

Dans votre interview, vous affirmez que le projet de loi de réforme des retraites «a pour but de refonder le système pour qu’il soit beaucoup plus juste». Vous souhaitez ainsi maintenir «la solidité du pacte social». Pourquoi ne pas l’affirmer à propos de la loi de bioéthique ? Est-il juste que la loi interdise de fait à des enfants d’avoir une ascendance paternelle, et décrète qu’il n’y a plus de distinction entre une femme qui, sans avoir accouché, peut être reconnue comme mère, et la femme qui a accouché de son enfant ? Si le droit supprime la signification spécifique de la gestation, comment interdire fermement la gestation pour autrui (GPA), ce que pourtant vous voulez ? Et puis, est-il juste que la loi supprime la différence réelle établie par le critère thérapeutique pour autoriser aussi bien l’accès à l’AMP que la manipulation du cerveau humain ? Comment dans ces conditions maintenir le pacte social ? Quels critères de justice adopter pour que la médecine soigne en priorité et le mieux possible nos frères et sœurs en humanité qui sont effectivement malades ?

La «fraternité» à laquelle sont attachés les Français n’est-elle pas endommagée en voulant établir un égalitarisme qui n’ose pas nommer les différences, celles qui ne sont pas sources de discrimination ? Car la «fraternité» exige que soit reconnue la même dignité avec les mêmes «droits fondamentaux» chez tous les êtres humains, sans distinction générationnelle. Cette «fraternité» est-elle respectée quand le «projet parental» impose, avec la garantie du droit, un nouveau «droit de puissance» sur l’enfant en le privant d’ascendance paternelle ? Est-ce conforme à sa «dignité» ? Le principe de «dignité» qui, vous le savez, caractérise le modèle français de bioéthique, exige la reconnaissance juridique de l’unité de la personne dans ses dimensions biologique, psychique et spirituelle. Le pacte social et la justice trouvent leur force apaisante dans le respect de cette «dignité» d’où découle la mise en œuvre de la «fraternité».

Voilà la grandeur de l’éthique qui assure l’authentique progrès : savoir réguler et promouvoir l’usage des techniques biomédicales de telle sorte que la «fraternité» soit mieux assurée. C’est là, Monsieur le Premier ministre, ce qui la garantit sur le long terme. Or, ce long terme sera vite brisé par ce projet de loi. S’il est voté et promulgué, il fragilisera un peu plus notre «fraternité» car il augure de l’ouverture de la GPA que rien n’empêchera : au nom de quoi refuser le mode de conception et de filiation souhaité par ce qui apparaît comme un autre «projet parental» ?

Monsieur le Premier ministre, vous en conviendrez, comment ne pas souhaiter un «supplément d’âme» quand les techniques rendent possible l’invraisemblable ! Il semble urgent de relier le pacte social et solidaire qui établit de justes liens les uns avec les autres en vue de nos retraites, au pacte social et solidaire qui impose de ne pas manipuler à volonté les liens fondamentaux qui nous permettent de naître et d’être éduqués.

Mgr Pierre d’Ornellas Archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo Président du Groupe de travail sur la bioéthique à la Conférence des Évêques de France

Rédaction SRP

Photo : Gage Skidmore, Peter Potrowl / Wikimedia Commons

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