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Chine : la biométrie de plus en plus utilisée dans la persécution des chrétiens

Depuis le début de 2018, la situation des chrétiens en Chine s’est détériorée (5 500 églises ont été détruites, fermées ou confisquées en 2019), avec l’introduction de nouvelles peines et de restrictions sévères, une augmentation des procès secrets et un renforcement des mesures punitives là où elles existaient déjà. Un fait nouveau vient encore aggraver la situation : les nouvelles technologies rendent le contrôle de l’État beaucoup plus facile et le refus de l’accepter beaucoup plus détectable. En raison de cette surveillance omniprésente, l’ancien modèle d’une «Église souterraine1» semble maintenant dépassé.

Reconnaissance faciale

La Chine a mis en place des moyens de contrôle drastiques : plus de 90 millions de chrétiens sont soumis à une surveillance électronique et à un suivi biométrique. De nombreuses églises enregistrées ont été signalées comme exigeant des fidèles qu’ils fassent la queue pour des contrôles de reconnaissance faciale avant d’entrer. Il est interdit aux enfants de moins de 18 ans de fréquenter les églises enregistrées ; les églises non enregistrées sont soumises à une législation punitive et risquent la démolition de leurs bâtiments.

En septembre 2018, le Gouvernement chinois a également rédigé de nouvelles directives pour mettre un frein aux informations en ligne sur la religion, qualifiées de «chaotiques» : le partage en ligne ne sera autorisé que lorsque le département provincial des affaires religieuses aura autorisé le matériel et lu le contenu. En outre, le contenu religieux ne peut être partagé que sur les sites web des organisations religieuses elles-mêmes, et ne peut être diffusé en direct ou en différé.

Ces mesures sont particulièrement inquiétantes en raison de l’introduction progressive dans le pays d’un système de «crédit social » : les comportements jugés «antisociaux» baisseront la note de crédit social de leurs auteurs. Lors de certains procès régionaux, des chrétiens ont ainsi perdu des points pour avoir partagé du matériel religieux avec d’autres. Conséquence : pour ces personnes, certains services seront plus chers et plus difficiles d’accès.

L’exemple de la Chine sera-t-il suivi par l’Inde, où au moins 1 445 attaques physiques et menaces de mort contre des chrétiens ont eu lieu en 2019, avec généralement la passivité de la police ? L’utilisation de systèmes biométriques pour persécuter les minorités religieuses pourrait être adoptée par ce pays. Compte tenu de la domination politique du nationalisme hindou (Hindutva) et de l’hostilité des médias à l’égard des chrétiens indiens, l’introduction prévue d’un système national de reconnaissance faciale suscite de fortes inquiétudes.

Rédaction SRP

Source : The Tablet


1 – Depuis 1957, le Gouvernement chinois a tenté de nationaliser l’Église catholique, obligeant les prêtres et évêques chinois désirant rester fidèle au Saint-Siège à vivre clandestinement, créant ainsi une «Église souterraine». Celle-ci, couvrant tout le territoire de la Chine, comprenait 1 507 diocèses répartis en 20 provinces ecclésiastiques.

 

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