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Une fois de plus, la France s’est mise «en marche» !

Se promener à Paris est tellement agréable ! Occasion, s’il en est, d’apprendre, du bout des pieds, combien la capitale peut se montrer fière du titre de «plus belle ville du monde», que parfois les touristes lui confèrent. On peut s’y balader sous les premiers rayons qui offrent au badaud la fraîcheur printanière. On aime à y flâner, sans but, sans y songer, quand viennent les vacances, quand arrive l’été. On y goûte l’automne, ses relents estivaux, tandis que sous nos pas craquent les feuilles mortes. On y apprécie l’hiver, quand, tout emmitouflé, on court, un peu enfant, admirer les vitrines…

Seulement, cet attrait pour mille découvertes, ce goût pour l’aventure perd un peu de son charme lorsqu’on se voit contraint, parce qu’il n’y a aucun métro, qu’il n’y a pas plus de tram et de trop rares bus, de traverser Paris en se frayant, pedibus, un chemin dans la foule pour aller au boulot.


On sent la lassitude, voire l’exaspération, poindre dans les esprits et dans les réactions d’usagers fatigués.


On sent la lassitude, voire l’exaspération, poindre dans les esprits et dans les réactions d’usagers fatigués, obligés de jongler entre les RTT et les jours de congé, contraints au système D pour aller travailler. On perçoit la fatigue au détour d’un regard, on voit l’agacement sur nombre de visages, on entend la colère qui, sur cet autre front, se manifeste aussi.

C’est en termes pesés qu’Édouard Philippe s’exprime quand il dit que «la grève à la SNCF et la grève à la RATP [lui] paraissaient sans issue et qu’elles n’avaient que trop duré1.» Il formule, courtois, ce que chacun décline avec ses propres mots, en son vocabulaire.

Si la grève est un droit, certains en font une arme. Et, subrepticement, la simple ritournelle glisse et parfois s’installe en un pesant rituel qui frappe aveuglément, pareil à la gangrène.

S’il est bien des marcheurs sur le sol parisien, il faut reconnaître qu’en ces journées maussades, on n’en trouve plus guère qui pratiquent la marche pour son seul agrément.

Jérôme de Lartigue

 


1 – Édouard Philippe, allocution depuis le Palais de l’Élysée, 15 janvier 2020.

 

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