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France : la Conférence épiscopale recommande des certificats de baptême non genrés

Le baptême

Dans une lettre aux évêques datée du 13 décembre 2018 et publiée fin 2019, Mgr de Metz-Noblat, évêque de Langres et président du conseil des évêques de France pour les questions canoniques, a déclaré que la «situation toujours plus complexe des familles en France» rendait l’établissement des documents catholiques «parfois difficile», surtout en ce qui concerne les baptêmes. Raison pour laquelle des changements ont été apportés aux certificats de baptême, pour mettre les pratiques baptismales en conformité avec les nouvelles lois sur l’égalité des sexes. Il recommande d’adopter une version légèrement modifiée de ces actes : la ligne «fils/fille de» y est remplacée par «noms et prénoms des parents ou des autres titulaires de l’autorité parentale».

Cette recommandation n’a pas été décidée de façon unilatérale, mais elle a été élaborée en lien avec la commission de réformes des actes administratifs de l’Église de France et la commission de pastorale liturgique et sacramentelle avant d’être approuvée par le conseil permanent de la CEF.

L’objectif est de «s’intéresser principalement à la personne baptisée, en faisant le simple constat de sa situation familiale, sans porter sur celle-ci un jugement moral» et d’aider les diocèses confrontés à des problèmes de vocabulaire, a expliqué l’évêque : «Selon le droit canonique, les ministres ne peuvent refuser les sacrements aux personnes qui les demandent opportunément, tandis que les enfants ne peuvent être tenus responsables de la situation de leurs parents. C’est pourquoi nous vous recommandons d’adopter cette formulation, qui semble plus adaptée à notre époque.»

Les évêques sont «entièrement libres» de mettre en place ces nouveaux actes de baptême pour leur diocèse ou de conserver la version antérieure. Ils peuvent même faire coexister les deux, en se tournant vers la version reformulée seulement pour les cas où l’autre poserait un problème. Ainsi, au sein d’une même province ecclésiastique, des diocèses ont pu opter pour des choix différents.

Cette initiative n’a pas été sans provoquer des réactions. Antoine Renard, président honoraire de la Fédération des associations familiales catholique, a ainsi déclaré : «C’est étrange qu’on conseille à l’Église de s’adapter ainsi aux lois de l’État – je n’en vois pas la nécessité. L’Église enseigne que les familles sont créées par les pères et les mères, et que les autres formes ne sont pas des familles. Les couples de lesbiennes et autres pourraient exiger le contraire, mais cela ne sera pas accepté par l’Église». Dans une interview du 10 janvier donnée au Catholic News Service, il a précisé que l’Église ne pouvait pas «refuser les baptêmes», mais qu’elle exigeait des parents demandant le sacrement qu’ils s’engagent à «élever les enfants selon les règles de l’Église».

L’abbé Claude Barthe, dans le mensuel Res Novae, a déclaré que certains diocèses français ignoreraient probablement cette recommandation, et que l’Église catholique semblait anticiper des problèmes juridiques qu’elle n’avait «pas encore rencontrés», ajoutant que les changements proposés risquaient de «transformer l’exception en norme».

Rédaction SRP

Sources : National catholic reporter, La Croix, Le Figaro

 

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