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Mort du général Soleimani : une nouvelle menace pour les chrétiens irakiens ?

Le 3 janvier, le général Qasem Soleimani, officier militaire supérieur iranien du Corps des gardiens de la révolution islamique et, depuis 1998, commandant de la Quds Force (une division de plus de 10 000 hommes principalement chargée d’opérations militaires extraterritoriales et «clandestines») a été tué lors d’une attaque aérienne à l’aéroport international de Bagdad, ordonnée par le président Donald Trump. Cette frappe faisait suite à une attaque contre l’ambassade des États-Unis à Bagdad, et les responsables américains affirment que Soleimani avait prévu d’autres attaques contre les Américains.

Dressant «la liste terrifiante des activités terroristes et criminelles» du général Soleimani, le journaliste Jean Patrick Grumberg estime que Soleimani était «un terroriste, un grand criminel, coupable de crimes contre l’humanité» et que «s’il était encore vivant, Soleimani serait passible de la Cour Pénale Internationale». Les actions (assassinats, attentats, répression, trafics divers, etc.) perpétrées par la Quds Force qu’il dirigeait se sont déroulées dans de nombreux pays (Iran, Irak, Israël, en Asie du Sud-Est, en Afrique, en Amérique latine).

Outre ses répercussions inquiétantes sur la politique internationale, cet événement est lourd de menaces pour les communautés chrétiennes du Moyen Orient. Peter Burns, responsable d’une organisation de défense des chrétiens, a ainsi déclaré : «Le général Soleimani et sa force Quds ont fait des ravages sur les chrétiens et d’autres personnes en Irak, en Iran, au Liban et en Syrie pendant des décennies. Nous prions pour que sa disparition marque la fin d’une ère de terrorisme et d’instabilité. Mais l’on craint que la région ne devienne instable, ce qui pourrait augmenter la probabilité de contre-attaques contre les minorités religieuses».

Église à Bagdad

De nombreux observateurs pensent que les populations chrétiennes pourraient être exposées à un risque accru de terrorisme. Andrew Walther, vice-président des communications et de la planification stratégique des Chevaliers de Colomb, a déclaré : «Quoi qu’il arrive ensuite en Irak, il est important que nous ne perdions pas de vue le sort des chrétiens de ce pays qui ont été historiquement touchés de façon disproportionnée – et souvent directement visés – par des situations de bouleversement et de violence».

Edward Clancy, de l’Aide à l’Église en Détresse, a expliqué que «L’activité terroriste affectera les chrétiens de façon disproportionnée. Pas nécessairement dans le nombre de tués, mais dans le nombre de ceux qui restent. Les gens vont partir, à cause du manque de sécurité. Il est donc de la plus haute importance, à l’heure actuelle, que celui qui peut le fournir donne à la communauté chrétienne un sentiment de sécurité». Il a souligné en particulier la gravité de la situation dans la région de Ninive, qui abrite traditionnellement certaines des plus anciennes communautés chrétiennes du monde, et où il y a un manque d’infrastructures et de réseaux de communication. Les chrétiens y sont abandonnés dans une situation très difficile.

Rédaction SRP

Photo : Mahmoudalrawi / Wikimedia Commons

Sources : Catholic News Agency, Dreuzinfo

 

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