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Les rois du monde

«Ils comprennent que, tout comme Dieu règle avec une souveraine sagesse le mouvement des astres, ainsi guide-t-Il le cours de l’histoire, abaissant les puissants et élevant les humbles1

Alors que pointe à l’horizon une nouvelle année, chacun de se pencher sur celle finissante pour mieux en extirper les scènes mémorables, les personnalités marquantes qui l’auront animée.

Tel un Prévert moderne, chacun prend sa plume pour, arguant de sa liste, trouver LE personnage symbole de l’année, LE fait que retiendra dame postérité.

Au rang des souvenirs, on pourra donc citer, pêle-mêle, entassés, parmi quelques milliers : le président US se rendant en Corée, l’épopée du Brexit et tous ses ricochets, l’Amazonie en flammes et les femmes harcelées, l’escalade à Hong Kong, la cavale de Carlos Ghosn, la croisade effrénée de la jeune Greta…

Et pour nous, les Français ? On pourra évoquer la crise des Gilets jaunes, les black blocs infiltrés, le dossier pédophile aux multiples volets, Notre-Dame embrasée en direct au JT, la mort de Jacques Chirac, la retraite et ses grèves, le feuilleton Balkany et ses péripéties…


Si en début d’année, chacun cherche son roi, d’autres, voyageurs millénaires, nous présentent l’Unique avec fidélité.


Chaque organe de presse décide en fin d’année d’élire LE grand homme – qui peut être une femme – pris au rang des artistes ou parmi les sportifs, en n’oubliant jamais le monde politique. Chaque organisation y va de sa médaille, chaque club de son prix, pour que l’heureux élu ait son heure de gloire. De guides hypothétiques et souvent éphémères, tirer le nom d’un roi que l’on ira percher au sommet de l’année !

Lorsque j’étais enfant, nous étions tout heureux d’être celui d’un jour, quand le hasard fantasque nous désignait pour l’être. Moment piquant que celui du dessert permettant au plus jeune – transgression sans pareille – de se glisser sous la table à cet instant précis où la galette arrive. Au moins, c’est l’innocence qui désignait le roi, lequel était joyeux, faisant mine d’y croire, posant pour la photo quand l’ère des selfies n’était pas encore de mise.

Si en début d’année, chacun cherche son roi, d’autres, voyageurs millénaires, nous présentent l’Unique avec fidélité. «Les Mages nous enseignent qu’on peut partir de très loin pour rejoindre le Christ. Ce sont des hommes riches, des étrangers sages, assoiffés d’infini, qui entreprennent un long et dangereux voyage qui les a conduits jusqu’à Bethléem. Une grande joie les envahit devant l’Enfant-Roi. Ils ne se laissent pas scandaliser par la pauvreté de l’environnement ; ils n’hésitent pas à se mettre à genoux et à l’adorer2

Celui qui Le cherche de tout son cœur, de toute son âme, lorsqu’il rencontre le Roi des rois «est alors conduit de l’étonnement des Sages à l’adoration des Mages3

Jérôme de Lartigue

 


1Pape François, Lettre apostolique Admirabile signum, 9.

2Ibid.

3 – Alain Bandelier, De l’admiration à l’adoration, Éditions Bénédictines, 2009.

 

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