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Bouton de la Rubrique Grand Angle

Hong Kong : les catholiques sous tension

C’est le projet de loi publié en juin par Carrie Lam Cheng, chef de l’exécutif de Hong Kong depuis 2017, et Yuet-ngor, ancienne directrice générale de la ville, accordant à la Chine continentale des droits d’extradition sur tout résident de Hong Kong, y compris les touristes et les ressortissants étrangers, qui a mis le feu aux poudres. Carrie Lam, une catholique pratiquante, a suspendu le projet de loi, mais ne l’a retiré et n’a pas démissionné de son poste.

Après le retrait du projet de loi, les troubles se sont transformés en un mouvement en faveur d’une plus grande démocratie, à travers cinq revendications, dont le suffrage universel et une enquête sur les brutalités policières.

Manifestations à Hong Kong

Au fil des événements, les catholiques de Hong Kong ont adopté diverses positions sur le degré d’implication politique acceptable dans les manifestations. Dès le début, le diocèse catholique de Hong Kong, par la voix du cardinal John Tong Hon, l’actuel chef intérimaire du diocèse, a appuyé les revendications des manifestants. Mais il a également précisé que les prêtres et les religieux devraient s’abstenir de s’engager trop politiquement dans des batailles qui ne relèvent pas de leur compétence.

Le silence observé par le Vatican a été ressenti comme un abandon de Hong Kong pour ne pas froisser le Gouvernement chinois. Le pape François a été la cible de critiques lui reprochant de ne pas se faire entendre davantage en faveur du mouvement pro-démocratique. Lors de son voyage en Asie fin novembre, par exemple, il a envoyé des télégrammes aux chefs d’État des pays dans l’espace aérien desquels il est entré, notamment à Carrie Lam et à Xi Jinping, parlant du «territoire» de Hong Kong et de la «nation» chinoise, et il a évité toute référence aux manifestations.

L’ancien évêque de Hong Kong, le cardinal Joseph Zen, connu pour ses très vives critiques de la politique chinoise de François, a publié un article dans le Washington Post du 6 décembre dans lequel il s’élève contre le silence de François. Il a déclaré que les manifestants sont constamment «déçus par les forces de l’ordre, les autorités locales et le Vatican». Évoquant les 4 000 arrestations et les méthodes policières brutales, il a déclaré que, pendant ces mois de manifestations, le Vatican n’a pas prononcé un mot de critique à l’égard de Pékin. Accusant le secrétaire d’État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, de «manipuler» le pape sur les affaires chinoises, il a exprimé son désaccord catégorique avec la recherche d’un compromis avec les autorités chinoises, affirmant que Parolin «semble avoir d’autres priorités que ce qui est bon pour la foi. Son but semble être de rétablir les relations diplomatiques avec la Chine, de se faire un nom dans l’histoire.» Rappelant l’accord secret conclu par le Vatican avec la Chine sur la nomination des évêques en 2018 et les directives pour les catholiques en Chine publiées peu après, il pense que le Vatican «vend l’Église en Chine» et craint «que la même approche soit adoptée avec les manifestations de Hong Kong».

Rédaction SRP

Source : Crux, CNA, Newbloommag

 

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