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Bouton de la Rubrique Grand Angle

Cardinal Pell : une nouvelle affaire Dreyfus ?

Dans un article du 4 décembre publié dans le Catholic World Report et intitulé A last chance for Australian justice (Une dernière chance pour la justice australienne), Georges Weigel met en avant plusieurs raisons permettant aux partisans du cardinal Pell d’espérer que justice soit rendue en sa faveur par la Cour de cassation de l’État de Victoria. En 2020, en effet, la plus haute autorité judiciaire d’Australie réexaminera ce qu’on appelle «l’affaire Pell» et pourrait l’acquitter d’un crime qui, selon le prélat lui-même, n’a jamais été commis.

Haute cour de Justice

La décision de confirmer la condamnation de Mgr Pell et de rejeter son appel prise en août par deux des trois juges du tribunal d’appel de l’État de Victoria s’est fondée principalement sur la crédibilité de la victime présumée. Georges Weigel explique que le juge dissident, Mark Weinberg, est le juriste en droit criminel le plus respecté en Australie, alors que ses deux collègues du tribunal d’appel ont peu ou pas d’expérience en droit criminel. La critique longue et percutante faite par Weinberg à l’égard des arguments de ses deux collègues jugés par lui superficiels semblait, selon Weigel, destinée à signaler à la Haute Cour que quelque chose n’allait vraiment pas dans ce jugement et que la réputation de la justice australienne, ainsi que le sort d’un homme innocent, étaient en jeu.

Georges Weigel met en avant un certain nombre d’autres éléments en faveur du cardinal Pell.

Andrew Bolt, un journaliste de télévision ayant un auditoire à l’échelle nationale, s’est penché lui-même sur la série d’événements qui se seraient produits la cathédrale Saint-Patrick de Melbourne et a conclu que l’accusation et les décisions du jury de condamnation et de la majorité du comité d’appel n’avaient tout simplement aucun sens : ce qui est censé s’être passé n’a pas pu se passer quand et comme cela est prétendu, a-t-il affirmé.

Deux anciens employés de la cathédrale ont déclaré catégoriquement que ce qui se serait produit n’aurait pas pu se produire, car ils se trouvaient eux-mêmes à quelques mètres du cardinal Pell au moment précis où il aurait abusé de deux garçons de la chorale.

Anthony Charles Smith, un avocat criminel chevronné (non catholique), a écrit dans Annals Australasia que le verdict Pell et le refus de son appel lui «faisaient mal au ventre». Comment, a-t-il demandé, un verdict de culpabilité pourrait-il être rendu sur «des preuves […] si faibles et à la limite du grotesque ?» La seule réponse plausible, a-t-il suggéré, est que la «culpabilité» de Pell était acceptée par beaucoup en raison d’une «avalanche de publicité négative» imaginée par des personnes influençant «des média [qui] devraient toujours être sceptiques».

Le Saturday Paper, une publication de gauche peu suspecte de complaisance envers l’Église catholique, a publié un article dans lequel Russell Marks – un ancien assistant de recherche ayant travaillé pour la rédaction d’un livre contre Mgr Pell – soutient que les deux juges du tribunal d’appel qui ont voté en faveur de la condamnation du cardinal «n’ont en fait pas permis de défendre Pell : ses avocats ne pouvaient rien faire, car les juges semblaient croire le plaignant simplement sur la base du résultat du contre-interrogatoire».

George Weigel conclut que le système de justice pénale australien a trébuché ou échoué à chaque étape de cette affaire, et que la Haute Cour d’Australie peut briser cette série de défaites, libérer un homme innocent et restaurer la réputation de la justice australienne dans le monde. «[…] Les amis de la justice doivent espérer que c’est ce qui se produira lorsque la Haute Cour entendra l’affaire du cardinal – l’affaire Dreyfus en Australie – l’année prochaine.»

Rédaction SRP

Photo : Alex Proimos / Wikimedia Commons

Source : The Catholic World Report, Firtsthings

 

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