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2 000 ans d’une réalité déroutante

Le 12 mars 2019, la cathédrale Saint-Étienne de Cahors ouvrait ses portes à tous, en présence des représentants de l’État, de la ville, du patrimoine, de la société civile de Cahors et de l’Église, pour célébrer le 900e anniversaire de sa consécration (1119-2019). En cette année jubilaire, une relique particulière retenait l’attention de tous, la Sainte Coiffe, le linge qui a recouvert la tête du Christ au moment de sa sépulture1 et qui est conservé dans la chapelle Saint-Gausbert de la cathédrale de Cahors.

Elle aurait été «rapportée de Terre Sainte au XIIe siècle par l’évêque de Cahors, Géraud de Cardaillac, afin d’éviter qu’elle ne soit profanée par les Infidèles aux portes de Jérusalem». La cathédrale fut construite pour l’accueillir. En 1119, le pape Calixte II, en visite à Toulouse, poursuivit son voyage jusqu’à Cahors pour consacrer l’autel principal et celui de la Sainte Coiffe.


Saurons-nous, pendant cette période de l’Avent, ouvrir nos intelligences et nos cœurs à l’Homme de la Croix ?


Depuis 1960, la relique n’avait plus été exposée à la vénération et aux regards interrogatifs des visiteurs de cette ville riche de ses joyaux médiévaux inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco, la cathédrale Saint-Étienne et le pont Valentré.

Pendant neuf mois, chrétiens et non-chrétiens se sont dévoués pour que la génération d’aujourd’hui puisse se plonger dans l’histoire et dans un témoignage significatif de foi. Comme le dit Mgr Laurent Camiade, évêque de Cahors, les chrétiens ont à rendre compte de l’intention des bâtisseurs : voir et croire, à la suite à l’expérience de Jean («Il vit et il crut», Jn 20,8). Le tourisme spirituel est un tourisme qui déplace de l’intérieur celui qui accepte de se déplacer physiquement.

L’année jubilaire se termine le 8 décembre prochain, alors que le temps de l’Avent a déjà commencé. À travers la Sainte Coiffe, le signe qui se prête à l’expérience sensible par la vue appelle un acte décisif de foi. Il serait dommage d’en rester au sensible, qui ne rend pas compte de la capacité de la personne humaine à saisir une réalité et à agir en conséquence. C’est un Christ ressuscité, une personne vivante, que nous attendons de voir naître dans nos vies !

Cahors célèbre 900 ans, et l’Église 2 000 ans d’une réalité déroutante, celle d’un Dieu qui a pris chair : «La vénération de la Sainte Coiffe s’appuie sur la foi en l’Incarnation. En prenant chair de notre chair, le Verbe divin a consacré l’importance de toute créature qu’il a réconciliée en lui, Jésus Christ, premier-né d’entre les morts, et il a fait la paix par le sang de sa croix, la paix pour tous les êtres, sur la terre et dans le ciel», a expliqué Mgr Camiade.

Saurons-nous, pendant cette période de l’Avent, ouvrir nos intelligences et nos cœurs à l’Homme de la Croix, à la fraîcheur de l’Esprit Saint et au Christ ressuscité, qui nous précède toujours en Galilée ? Saurons-nous dire «oui» à son souffle pour habiter avec lui notre monde et faire face aux multiples défis qui nous attendent à Cahors, en France et jusqu’au extrémités de la terre ? Que soit reçu dans tous les cœurs le Saint des Saints !

Suzanne Lamartinière

 


1 – À cette époque, les Juifs couvraient la tête du mort avec une coiffe qui servait de mentonnière. Ensuite, ils enveloppaient le corps avec un linceul attaché avec des bandelettes. Enfin, ils couvraient le visage avec un voile pour retenir les parfums.

 

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