Facebook Twitter Linkedin Whatsapp

Bouton de la Rubrique Grand Angle

Vatican : la publication de la nouvelle constitution de la Curie de nouveau retardée

En gestation depuis que le pape François a institué en avril 2013 un Conseil de cardinaux pour l’aider à mener à bien la réforme de la Curie demandée par ceux qui l’ont élu, la nouvelle constitution demande une longue consultation de diverses instances, et son délai de publication semble devoir se prolonger : le Conseil des cardinaux poursuivra la lecture et l’évaluation du projet lors de sa prochaine réunion, en février 2020.

Basilique Saint-Pierre

Le conseil consultatif, maintenant composé de six membres1 (C6), s’est réuni à Rome pendant deux jours, à partir du 2 décembre. Selon un bref communiqué de presse du Vatican daté du 4 décembre, le groupe des cardinaux a continué à recevoir des suggestions des conférences épiscopales sur le texte de la nouvelle constitution apostolique, provisoirement intitulée Prædicate evangelium2, jusqu’à quelques jours avant le début du dernier cycle de réunions.

Les sujets des réunions de début décembre étaient d’une part la relation entre la Curie romaine et les conférences épiscopales, et d’autre part la présence de laïcs, hommes et femmes, dans les postes de décision de la Curie et d’autres bureaux de l’Église. Les bases théologiques et pastorales de ces questions ont été étudiées.

En faisant une grande place au principe de subsidiarité, le projet de constitution devrait laisser une autonomie importante aux conférences épiscopales, ce qui aurait suscité des réactions contrastées tant de la Curie que des nonces apostoliques, qui craindraient de voir s’amoindrir leur pouvoir sur les épiscopats locaux.

Concernant la place des femmes dans la Curie, François a plusieurs fois plaidé pour qu’elles occupent des fonctions d’autorité. Mais, au sein même de la Curie, deux écoles s’affrontent sur la mise en pratique de cette volonté : pour la première, les postes dirigeants doivent obligatoirement être occupés par des évêques, à cause des sujets traités et parce que leurs décisions s’imposeront à d’autres évêques ; pour la seconde, les chefs de dicastère ne disposent que d’un pouvoir délégué par le pape et, puisque c’est lui qui agit in fine à travers les organes de la Curie, rien n’empêche que ceux-ci soient dirigés par des laïcs, y compris des femmes. Ainsi, les femmes pourraient à l’avenir non seulement être membres des différents dicastères (possibilité déjà accordée par Pastor bonus), mais aussi accéder aux plus hautes fonctions, y compris celle de préfet de dicastère. «Le sacrement de l’ordre ne sera plus requis pour les postes de responsabilité, seulement le baptême» avait déclaré en juin dernier le secrétaire du Conseil des cardinaux, Mgr Semeraro.

Le nouveau document devrait mettre un accent renouvelé sur l’évangélisation comme priorité structurelle de la mission de l’Église, certains prédisant la fusion de la Congrégation du Vatican pour l’évangélisation des peuples (la vénérable Propaganda fidei) et du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation en un seul grand département, un «super dicastère» pour l’Évangélisation. Un rapprochement des deux organes avait déjà commencé, les pays anciennement chrétiens étant devenus des pays de mission, et les anciens pays de mission devenant des Églises adultes. La Congrégation pour la doctrine de la foi (la Suprema) perdrait sa suprématie et passerait après l’Évangélisation (voire après un autre nouveau dicastère pour la Charité).

Autres réformes attendues : les dicastères ne seraient plus considérés comme une bureaucratie au service du pape et au-dessus des évêques, mais comme un instrument au service du pape et du collège des évêques et, de ce fait, les chefs de dicastères ne seraient plus considérés comme supérieurs aux évêques locaux, mais au même niveau hiérarchique ; la différence entre «congrégations» et «conseils» disparaîtrait, au profit de terme génériques de «dicastères», dont le nombre devrait diminuer ; le Conseil pontifical pour la protection des mineurs deviendrait un dicastère à part entière, afin de lui donner un statut légal et une autorité plus grande qui lui faisait jusqu’ici défaut (on ne sait pas encore comment les compétences seront réparties avec la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui traitait jusqu’à présent les cas d’abus).

Rédaction SRP

Sources : Source : CNA, Aleteia


1 – Les membres actuels du C6 sont les cardinaux Pietro Parolin, Oscar Rodriguez Maradiaga, Reinhard Marx, Sean O’Malley, Giuseppe Bertello et Oswald Gracias.

2Prædicate evangelium remplacera Pastor bonus, la constitution apostolique actuelle sur la Curie romaine promulguée par le pape Jean-Paul II le 28 juin 1988 et modifiée ses successeurs.

 

>> Revenir à l’accueil