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Synodalité : la tentation démocratique

La synodalité est «le chemin que Dieu attend de l’Église au troisième millénaire» déclarait le pape François le 17 octobre 2015, à l’occasion du 50e anniversaire de l’institution du Synode des évêques, affirmant «la nécessité de procéder à une salutaire décentralisation» et invitant à l’exercer à chaque niveau, du conseil pastoral au conseil presbytéral et au synode diocésain, «en partant des gens, des problèmes de tous les jours». Lors de la rencontre annuelle d’automne des évêques américains à Baltimore (Maryland), plusieurs évêques ayant récemment tenu des synodes ou s’apprêtant à le faire se sont exprimés sur la «synodalité», en précisant la nature et les conditions d’exercice.

Mgr Allen Vigneron, archidiocèse de Detroit

Monseigneur Vigneron

En novembre 2016, l’archidiocèse de Detroit a tenu un synode pour la première fois en trente ans. Cette assemblée fut préparée par des longues périodes de prière et de formation pour tous les participants. Quelques mois après sa tenue, Mgr Vigneron publia une lettre esquissant un plan pastoral pour l’évangélisation et concluant que celle-ci devait devenir la «forme» même de l’Église dans les années à venir. Concernant la synodalité, il a affirmé qu’un synode, pour être un authentique exercice de discernement, doit commencer par la prière et la conversion intérieure des participants. Ce n’est pas une assemblée démocratique pour élaborer un plan quinquennal, explique-t-il, mais quelque chose de beaucoup plus grand : un «véhicule» pour que l’Esprit Saint renouvelle l’Église si les participants s’engagent dans la prière pour discerner la volonté de Dieu. L’archevêque a ajouté que le «modèle» même d’un synode est la Sainte Trinité, et non une «assemblée démocratique». Dans un synode, l’évêque agit dans le rôle de Dieu le Père comme «chef», permettant aux fidèles laïcs d’agir comme «communion de personnes» sans entraver «sa propre orientation», a-t-il ajouté.

Mgr Bernard Hebda, archidiocèse de Saint-Paul Minneapolis

Dans cet archidiocèse, l’Église se prépare à un synode pour 2021 dans un contexte difficile. Le diocèse a en effet fait face à la démission de son archevêque en 2015, après qu’il eut été accusé d’une mauvaise gestion des cas d’abus sexuels ayant entraîné la faillite du diocèse. Les efforts déployés pour faire face à cette crise ont mis en veilleuse d’autres priorités importantes, et le diocèse doit maintenant «se tourner vers ces priorités sans abandonner son travail de reconstruction après la crise de la maltraitance», a déclaré Mgr Hebda.

Un synode diocésain, dit Mgr Hebda, doit s’inspirer du Code de droit canonique révisé de 1983 et être «un outil pour l’évêque pour engager le peuple de Dieu (laïcs, clergé, hommes et femmes consacrés et évêques marchant tous ensemble) à exercer la responsabilité qui découle de notre baptême commun, toujours dans l’espoir de renforcer la communion qui est l’Église».

Source : Catholic News Agency

Rédaction SRP

Photo : Hinkleti / Wikimedia Commons

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