Facebook Twitter Linkedin Whatsapp

Violences sexuelles envers les enfants : rompre la fatalité de la peur et de l’ignorance

À l’occasion du trentième anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant, célébrée à l’Unesco le 20 novembre, plusieurs initiatives témoignent d’un frémissement sociétal pour appréhender de façon volontaire le traitement des violences faites aux enfants, et plus particulièrement des violences sexuelles. En France, un enfant est agressé sexuellement toutes les quatre minutes, tous milieux sociaux confondus. Dans le monde, 800 millions d’enfants inscrits sur les réseaux sociaux sont potentiellement exposés via internet à une agression directe, et l’âge moyen de la première visualisation d’images pornographiques est descendu à 11 ans.


Connaître, comprendre pour éduquer, écouter et protéger est un devoir urgent pour sortir d’une incapacité à voir la réalité.


La semaine dernière, à Rome, une rencontre sur la dignité de l’enfant dans le monde numérique a été organisée par l’«Alliance interreligieuse pour des communautés plus sûres» et par l’«Alliance pour la dignité de l’enfant». Dans son discours, le pape François a souligné combien le développement vertigineux des technologies de l’information et de la communication pose «des question cruciales pour le futur de l’humanité». Si ces technologies sont un bien, il faut veiller à ce que la croissance des enfants soit «saine et sereine […], sans qu’ils soient l’objet de violences criminelles inacceptables ou d’influences gravement nocives pour l’intégrité de leur corps et de leur esprit».

C’est pour ces raisons que le Gouvernement français a annoncé un ensemble de 22 mesures contre les violences faites aux enfants , parmi lesquelles l’obligation faite par l’État aux grands opérateurs de l’Internet de mettre en place un contrôle parental par défaut «pour tous» dans les six mois. Ces mesures répondent en partie aux conclusions du rapport du Défenseur des droits paru cette semaine, qui souligne que les violences faites aux enfants au sein des institutions sont encore insuffisamment prises en compte et qu’il y a des violences induites par les institutions elles-mêmes.

La «nécessaire évolution de l’organisation même des institutions publiques pour empêcher les violences envers les enfants» traduit une prise de conscience qui se fait peu à peu, trop lentement. Car ces agressions relèvent encore dans les médias comme dans l’opinion d’une accumulation de faits divers, alors qu’elles constituent un véritable fait de société qui, par définition, nous concerne tous… Et, au premier chef, nos familles, qui sont le terrain où se déroulent plus des trois quarts de ces violences.

Connaître, comprendre pour éduquer, écouter et protéger est un devoir urgent pour sortir d’une incapacité à voir la réalité qui se forme dans la gêne, la relativisation, voire un silence irresponsables. Comme en toute matière humaine, il n’y a pas de fatalité.

Jérôme Fouquet

 

>> Revenir à l’accueil